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Le dernier film de Francis Ford Coppola, Tetro, raconte l'exil d'un frère, l'ombre d'un père. Bref, l'histoire d'une famille que le jeune Bennie cherche à comprendre, quitte à en exhumer les secrets. Mon amie chômeuse est sortie de la séance enthousiasmée.
Ça avait pourtant mal commencé. Je me suis laissée entraîner dans une salle obscure par mon amie yogi(ni) sans m’être renseignée sur le film que nous allions voir, et n’arrivant décidemment pas à en retenir le nom (« Rappelle-moi ce qu’on va voir ? T’es trop quoi déjà ? »). Ton amie chômeuse a été victime du syndrome de sa grand-mère, qui ne savait pas reconnaître un acteur américain d’un autre acteur américain. Après quelques minutes de film, une question à l’oreille de ma voisine, le verdict est tombé : non, la seconde tête d’affiche n’était pas Leonardo di Caprio. Déception.
Comment donc, mais moi qui croyais que Di Caprio était l’acteur fétiche de Coppola, que dis-je, sa muse, et qu’il figurait au générique de tous ses films… J’étais entrain de confondre Coppola et Scorcese, c’était le yaourt bulgare total dans la tête de ton amie chômeuse. Ça y est, j’y suis, Coppola, Apocalypse Now, Le Parrain, c’est bon. Ah super, c’est un Coppola ?! Et bien je ne regrette pas d’être venue, non vraiment j’ai adoré Apocalypse Now, Le Parrain aussi bien entendu… Il a ressorti un film ? Mais quelle bonne nouvelle, je suis ravie. Mon niveau de concentration s’est donc stabilisé après 10 bonnes minutes de film.
Le jeune Benjamin travaille comme serveur sur un bateau de plaisance, il semble qu’il n’ait choisi ce travail que pour pouvoir un jour débarquer à Buenos Aires pour y voir son frère aîné, Angelo, qui a quitté la maison alors qu’il n’était qu’un enfant. Il porte avec lui la lettre que ce frère lui a laissée avant de partir, lettre dans laquelle Angelo explique à Bennie qu’il doit s’éloigner pour écrire, pour devenir romancier, et dans laquelle il promet de revenir le chercher.
Mais Angelo n’est jamais revenu, il s’est installé en Argentine avec une femme gaie et élégante, il a changé de nom, et s’est détourné de l’écriture pour devenir éclairagiste. Bennie sera donc reçu, assez froidement du reste, par Tetro, un homme sombre qui a préféré faire table rase du passé et rompre définitivement avec sa famille.
Ton amie chômeuse a tout aimé, de bout en bout. La photographie est magnifique, on pourrait faire un tirage de n’importe quel plan et l’afficher dans son salon avec beaucoup de succès. Vincent Gallo est magistral, et le couple qu’il forme avec le personnage de Miranda est le plus aspirationnel que j’ai vu au cinéma depuis longtemps. Alden Ehrenreich, différent de Leonardo donc, produit autant d’effet, et l’on participerait volontiers à ce quart d’heure festif et sensuel dans la baignoire. L’histoire est une véritable tragédie classique, filmée sans extravagance, et dans un noir et blanc qui vient renforcer la dimension intemporelle des préoccupations qui agitent les protagonistes.
Des scènes dansées entrecoupent le récit, chaque personnage possède son double en tutu, comme pour ajouter encore de la distance et faire prendre à l’histoire une envergure spectaculaire et universelle. C’est là le coup du maître : les personnages sont si finement brossés, si subtilement humains, qu’on les aime comme des amis ou des frères, passer deux heures avec eux est purement jouissif. Et pourtant, ils se débattent dans des filets ancestraux comme la rivalité, le poids du père, la trahison, la difficulté de créer, les efforts désespérés pour s’affranchir de racines étouffantes. C’est beau, c’est bien joué, c’est parfait.
Comment donc, mais moi qui croyais que Di Caprio était l’acteur fétiche de Coppola, que dis-je, sa muse, et qu’il figurait au générique de tous ses films… J’étais entrain de confondre Coppola et Scorcese, c’était le yaourt bulgare total dans la tête de ton amie chômeuse. Ça y est, j’y suis, Coppola, Apocalypse Now, Le Parrain, c’est bon. Ah super, c’est un Coppola ?! Et bien je ne regrette pas d’être venue, non vraiment j’ai adoré Apocalypse Now, Le Parrain aussi bien entendu… Il a ressorti un film ? Mais quelle bonne nouvelle, je suis ravie. Mon niveau de concentration s’est donc stabilisé après 10 bonnes minutes de film.
Le jeune Benjamin travaille comme serveur sur un bateau de plaisance, il semble qu’il n’ait choisi ce travail que pour pouvoir un jour débarquer à Buenos Aires pour y voir son frère aîné, Angelo, qui a quitté la maison alors qu’il n’était qu’un enfant. Il porte avec lui la lettre que ce frère lui a laissée avant de partir, lettre dans laquelle Angelo explique à Bennie qu’il doit s’éloigner pour écrire, pour devenir romancier, et dans laquelle il promet de revenir le chercher.
Mais Angelo n’est jamais revenu, il s’est installé en Argentine avec une femme gaie et élégante, il a changé de nom, et s’est détourné de l’écriture pour devenir éclairagiste. Bennie sera donc reçu, assez froidement du reste, par Tetro, un homme sombre qui a préféré faire table rase du passé et rompre définitivement avec sa famille.
Ton amie chômeuse a tout aimé, de bout en bout. La photographie est magnifique, on pourrait faire un tirage de n’importe quel plan et l’afficher dans son salon avec beaucoup de succès. Vincent Gallo est magistral, et le couple qu’il forme avec le personnage de Miranda est le plus aspirationnel que j’ai vu au cinéma depuis longtemps. Alden Ehrenreich, différent de Leonardo donc, produit autant d’effet, et l’on participerait volontiers à ce quart d’heure festif et sensuel dans la baignoire. L’histoire est une véritable tragédie classique, filmée sans extravagance, et dans un noir et blanc qui vient renforcer la dimension intemporelle des préoccupations qui agitent les protagonistes.
Des scènes dansées entrecoupent le récit, chaque personnage possède son double en tutu, comme pour ajouter encore de la distance et faire prendre à l’histoire une envergure spectaculaire et universelle. C’est là le coup du maître : les personnages sont si finement brossés, si subtilement humains, qu’on les aime comme des amis ou des frères, passer deux heures avec eux est purement jouissif. Et pourtant, ils se débattent dans des filets ancestraux comme la rivalité, le poids du père, la trahison, la difficulté de créer, les efforts désespérés pour s’affranchir de racines étouffantes. C’est beau, c’est bien joué, c’est parfait.
Rédigé par Mon amie chômeuse - Blogueuse associée le Jeudi 14 Janvier 2010
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