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Tarantino a passé de nombreuses années dans l'obscurité d'un ciné-club californien, loueur mais aussi et surtout spectateur. Mais cette cinéphilie ne l'aurait-il pas conduit à privilégier dans ses films une représentation imagée du monde, finalement bien loin de la réalité ? La question est posée par Jonathan Shel sur slate.fr.
(capture d'écran - dailymotion - lexpress)
Le texte -sobrement intitulé « Ce n’est qu’un film ! »- se trouve dans le dernier livre de Daniel Mendelsohn, How beautiful it is and how easily it can be broken (« Comme c’est beau et facile à casser ») (1). Il s’intéressait au cinéma de Quentin Tarantino à l’occasion de la sortie du premier volume de Kill Bill aux Etats-Unis, en décembre 2003. Et si l’on confrontait cet article des plus sévères au tout nouveau Tarantino ? D’autant que la toile de fond d’Inglourious Basterds se trouve être la Deuxième Guerre mondiale, autrement dit le sujet du magnifique livre de Mendelsohn, Les Disparus...
Il ne s’agit pas, bien sûr, de comparer deux œuvres à l’évidence radicalement opposées : Tarantino choisit la fiction, avec une gourmandise non dissimulée, et réinvente l’Histoire là où Mendelsohn offre au contraire un travail d’enquête des plus minutieux sur le destin de six membres de sa famille victimes de la Shoah. Il n’en reste pas moins passionnant de relire le texte de Mendelsohn sur Kill Bill -cette fantaisie abstraite où le sang n’est que de la peinture rouge qui arrose l’écran- à la lumière d’Inglourious Basterds, un film autrement dérangeant puisqu’inscrit dans une réalité historique douloureuse tout en assumant sa part de délire.
La théorie de Mendelsohn sur Tarantino, la voici : le cinéaste vivrait dans un monde parallèle, une caverne somptueuse, aux murs tapissés d’images, plaisante à fréquenter mais qui l’enferme et limite ses capacités artistiques. Autrement dit, Tarantino serait trop cinéphile pour être un bon cinéaste, étant « avant tout spectateur, et metteur en scène seulement dans un second temps ». Or, explique Mendelsohn, « le public est passif, par nécessité, tandis que les réalisateurs doivent transformer ce qu’ils ont vu en une vision neuve. Tarantino ingère, pas de doute là dessus, mais il n’est pas évident qu’il digère ». On comprend aisément comment Kill Bill, qui croisait le manga et le film de kung fu, pouvait tomber sous le coup de cette condamnation.
Il ne s’agit pas, bien sûr, de comparer deux œuvres à l’évidence radicalement opposées : Tarantino choisit la fiction, avec une gourmandise non dissimulée, et réinvente l’Histoire là où Mendelsohn offre au contraire un travail d’enquête des plus minutieux sur le destin de six membres de sa famille victimes de la Shoah. Il n’en reste pas moins passionnant de relire le texte de Mendelsohn sur Kill Bill -cette fantaisie abstraite où le sang n’est que de la peinture rouge qui arrose l’écran- à la lumière d’Inglourious Basterds, un film autrement dérangeant puisqu’inscrit dans une réalité historique douloureuse tout en assumant sa part de délire.
La théorie de Mendelsohn sur Tarantino, la voici : le cinéaste vivrait dans un monde parallèle, une caverne somptueuse, aux murs tapissés d’images, plaisante à fréquenter mais qui l’enferme et limite ses capacités artistiques. Autrement dit, Tarantino serait trop cinéphile pour être un bon cinéaste, étant « avant tout spectateur, et metteur en scène seulement dans un second temps ». Or, explique Mendelsohn, « le public est passif, par nécessité, tandis que les réalisateurs doivent transformer ce qu’ils ont vu en une vision neuve. Tarantino ingère, pas de doute là dessus, mais il n’est pas évident qu’il digère ». On comprend aisément comment Kill Bill, qui croisait le manga et le film de kung fu, pouvait tomber sous le coup de cette condamnation.
Au-delà de ses innombrables références, Inglourious Basterds pousse encore plus loin le phénomène du "film de spectateur".
Retrouvez la suite de l'article sur slate.fr
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Rédigé par Slate.fr - Vent des blogs le Jeudi 3 Septembre 2009
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