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Le blogueur Philippe Bilger rend hommage à l'auteur de « l'attrape coeurs », J.D. Salinger, décédé le 27 janvier dernier.
Bret Easton Ellis est heureux de la mort de J.D Salinger. Pour lui, « c’est la fête » (nouvelobs.com,Le Monde, Le Figaro).
Pas pour moi.
Aussi odieux et invisible que soit devenu l’homme qui n’écrivait plus que pour lui depuis tant d’années, l’éblouissement et le charme de L’Attrape-coeurs demeurent comme au premier jour, l’enchantement étrange, délicieusement biscornu, tendrement lunaire des Nouvelles continue de rayonner dans ma tête et aucun, jamais, même chez d’autres écrivains américains, les plus doués pour ce genre d’exercice, n’est parvenu à égaler J.D Salinger. Peut-être seulement la mélancolie douce et amère, ailleurs, en un autre temps, d’un Tchekhov.
Je continue de marcher avec Holden Caulfield et sa soeur Phoebe n’est pas loin. Ses adorables grossièretés résonnent dans mes oreilles et il a mis en moi, pour la vie, sa joyeuse tristesse, son allant incroyablement lucide et frais. L’enfance, grâce à lui, n’est pas une pâte molle et sucrée mais un pays unique. Ses errances nous guident. Il fait partie de notre univers intime. On a envie de réaliser son rêve, de l’aider à « attraper les coeurs dans le seigle ».
Merci à J.D Salinger d’avoir créé, il y a si longtemps, pour l’éternité. On n’a pas si souvent ce genre de joie, ce bonheur inaltérable. On doit tout pardonner au vieillard au nom de l’homme de 31 ans qui, en 1951, a inventé, par la sensibilité et le style, une oeuvre plus forte que toutes les désillusions.
Pas pour moi.
Aussi odieux et invisible que soit devenu l’homme qui n’écrivait plus que pour lui depuis tant d’années, l’éblouissement et le charme de L’Attrape-coeurs demeurent comme au premier jour, l’enchantement étrange, délicieusement biscornu, tendrement lunaire des Nouvelles continue de rayonner dans ma tête et aucun, jamais, même chez d’autres écrivains américains, les plus doués pour ce genre d’exercice, n’est parvenu à égaler J.D Salinger. Peut-être seulement la mélancolie douce et amère, ailleurs, en un autre temps, d’un Tchekhov.
Je continue de marcher avec Holden Caulfield et sa soeur Phoebe n’est pas loin. Ses adorables grossièretés résonnent dans mes oreilles et il a mis en moi, pour la vie, sa joyeuse tristesse, son allant incroyablement lucide et frais. L’enfance, grâce à lui, n’est pas une pâte molle et sucrée mais un pays unique. Ses errances nous guident. Il fait partie de notre univers intime. On a envie de réaliser son rêve, de l’aider à « attraper les coeurs dans le seigle ».
Merci à J.D Salinger d’avoir créé, il y a si longtemps, pour l’éternité. On n’a pas si souvent ce genre de joie, ce bonheur inaltérable. On doit tout pardonner au vieillard au nom de l’homme de 31 ans qui, en 1951, a inventé, par la sensibilité et le style, une oeuvre plus forte que toutes les désillusions.
Rédigé par Philippe Bilger - Blogueur associé le Jeudi 4 Février 2010
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