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Rémy Artiges expose au Musée de la Chasse et de la Nature jusqu'au 14 mars. Une vingtaine de clichés sur le salon de l'agriculture dévoilant la fausse représentation de la nature qui y règne.
Le salon de l’agriculture a fermé ses portes. Comme tous les ans, les cochons, chevaux et autres vaches dans leurs verts pâturages ont été érigés en vedettes du parc des expositions. C’est cette vision enchantée de la ruralité que remet en cause le photographe Rémy Artiges dans son exposition « Salons » au musée de la Chasse et de la Nature. Un regard décalé sur la représentation de l’agriculture dans « la plus grande ferme de France », à deux pas du métro parisien…
Rémy Artiges arpente les couloirs du salon de l’agriculture depuis 2002. La première fois, il est envoyé par Libération pour couvrir l’événement, véritable marronnier de la fin février. Il y découvre toute une mise en scène du monde « rural et naturel ». Des guillemets d’importance pour celui qui s’intéresse non pas à l’agriculture mais à « la représentation idéalisée que l’on peut s’en faire ». Car dans la vingtaine de clichés exposés au musée de la chasse et de la nature se révèle le paradoxe au cœur de son travail : « l’inadéquation entre la réalité du monde rural et la manière dont c’est marketé ».
Rémy Artiges arpente les couloirs du salon de l’agriculture depuis 2002. La première fois, il est envoyé par Libération pour couvrir l’événement, véritable marronnier de la fin février. Il y découvre toute une mise en scène du monde « rural et naturel ». Des guillemets d’importance pour celui qui s’intéresse non pas à l’agriculture mais à « la représentation idéalisée que l’on peut s’en faire ». Car dans la vingtaine de clichés exposés au musée de la chasse et de la nature se révèle le paradoxe au cœur de son travail : « l’inadéquation entre la réalité du monde rural et la manière dont c’est marketé ».
Une bulle d’oxygène à portée du périph’
Et pourtant, malgré le décalage, l’engouement est incontestable. Chaque année, la recette fonctionne. Le salon de l’agriculture répond à un besoin et c’est cela qui intéresse Rémy Artiges. Le besoin de l’urbain de croire que « la campagne est verte et saine car cela le sort de la réalité », de voir « le mec qui vend des saucissons comme, forcément, un producteur alors que c’est juste un stand sur une foire… ». Celui d’imaginer « un autre possible idéalisé ».
Le salon de l’agriculture est donc un moyen de « ramener le visiteur au « terroir », à des racines imaginaires basées sur un monde rural, identitaire et patrimonial alors que, concrètement, les agriculteurs sont aujourd’hui des chefs d’entreprises aux portes du monde industriel ». Le mot est lancé : l’identité. Celle de la France agricole mais aussi la vision que l’on peut donner de l’identité d’une région. Ainsi, une de ses photographies représente un soldat…présent sur une pancarte du stand de la Lorraine : « c’est étonnant de voir que, ce jour là, la Lorraine est liée à son passé de la guerre de 1914 ». Une construction intellectuelle du retour identitaire à la Terre, sur-utilisée par la pub et complètement décalée par rapport à la réalité, qui est mise en évidence par le photographe.
Et pourtant, malgré le décalage, l’engouement est incontestable. Chaque année, la recette fonctionne. Le salon de l’agriculture répond à un besoin et c’est cela qui intéresse Rémy Artiges. Le besoin de l’urbain de croire que « la campagne est verte et saine car cela le sort de la réalité », de voir « le mec qui vend des saucissons comme, forcément, un producteur alors que c’est juste un stand sur une foire… ». Celui d’imaginer « un autre possible idéalisé ».
Le salon de l’agriculture est donc un moyen de « ramener le visiteur au « terroir », à des racines imaginaires basées sur un monde rural, identitaire et patrimonial alors que, concrètement, les agriculteurs sont aujourd’hui des chefs d’entreprises aux portes du monde industriel ». Le mot est lancé : l’identité. Celle de la France agricole mais aussi la vision que l’on peut donner de l’identité d’une région. Ainsi, une de ses photographies représente un soldat…présent sur une pancarte du stand de la Lorraine : « c’est étonnant de voir que, ce jour là, la Lorraine est liée à son passé de la guerre de 1914 ». Une construction intellectuelle du retour identitaire à la Terre, sur-utilisée par la pub et complètement décalée par rapport à la réalité, qui est mise en évidence par le photographe.
Laisser parler l’imagination
Mais Rémy Artiges est peu loquace sur les clefs dévoilant le sens de ses clichés. Sa démarche se veut réflexive. « Mon cheval, je sais pourquoi il est là mais si je le dis, personne n’ira chercher sa propre réponse ». Or, il aime que les visiteurs se laissent porter par leur imaginaire, comme une de ses amies qui voit dans cette photographie « une jument qui se fait belle pour sortir ».
Malgré tout, il accepte de livrer sa technique photographique : le hors-champ, la plupart du temps. « En éliminant les indices, on enlève tous les repères qui peuvent contextualiser l'objet photographique ». De même, les clichés ne sont ni titrés, ni légendés. A chacun de se raconter sa propre histoire.
« Salons », exposition photographique de Rémy Artiges
Musée de la chasse et de la nature
62, rue des Archives (IIIe)
Jusqu'au 14 mars.
Mais Rémy Artiges est peu loquace sur les clefs dévoilant le sens de ses clichés. Sa démarche se veut réflexive. « Mon cheval, je sais pourquoi il est là mais si je le dis, personne n’ira chercher sa propre réponse ». Or, il aime que les visiteurs se laissent porter par leur imaginaire, comme une de ses amies qui voit dans cette photographie « une jument qui se fait belle pour sortir ».
Malgré tout, il accepte de livrer sa technique photographique : le hors-champ, la plupart du temps. « En éliminant les indices, on enlève tous les repères qui peuvent contextualiser l'objet photographique ». De même, les clichés ne sont ni titrés, ni légendés. A chacun de se raconter sa propre histoire.
« Salons », exposition photographique de Rémy Artiges
Musée de la chasse et de la nature
62, rue des Archives (IIIe)
Jusqu'au 14 mars.
Rédigé par Lucie Soullier - Marianne le Mardi 9 Mars 2010
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