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Mon Amie Chômeuse est allée voir l'exposition sur Brigitte Bardot. C'est cher, un peu mielleux, mais on en ressort avec une meilleure compréhension du mythe Bardot.
Je ne veux pas faire de généralités, peut-être que l’exposition sur Brigitte Bardot attire un public varié et de tout âge, peut-être. Mais en pleine semaine, à l’heure de la fin de la sieste, ton amie chômeuse aurait juré être entrée dans une maison de retraite. Un public d’ailleurs bien cerné par les organisateurs qui ont inséré dans le guide d’exposition « les mots croisés de B.B. » : une façon ludique de visiter l’exposition tout en faisant travailler sa tête (ex : La plage de Et Dieu créa la femme en 10 lettres).
La magie de mon nouveau métier de chômeuse professionnelle me conduit sur des chemins inattendus, je crois que l’idée d’aller voir une exposition entièrement consacrée à Brigitte Bardot ne m’aurait jamais effleurée. J’en avais une image un peu triste de muse décrépite, défenseuse kitsch des animaux, fréquentant les infréquentables, raciste par bêtise.
Et bien j’ai changé d’avis. D’abord, je ne m’étais pas bien rendue compte de l’ampleur du phénomène B.B. et des véritables crises d’hystérie qu’elle a déclenché partout dans le monde. Les magazines dont elle a fait la couverture se comptent en milliers. J’en ai remarqué un qui titrait « Pour ou contre Brigitte Bardot ? » : elle était devenue un concept et non plus un individu. Elle était belle, certes, mais la beauté ne peut pas être la seule explication à des réactions aussi extrêmes, d’un côté comme de l’autre.
Au fil des témoignages (et les gens qui ont été fascinés par B.B. sont loin d’avoir tous des Q.I. de poulets : Sagan, Gainsbourg, Simone de Beauvoir, de Gaulle, pour ceux qui me reviennent en tête tout de suite), on découvre une femme dont la principale caractéristique était de ne pas savoir mentir. Chez B.B., pas de composition, pas question de transiger ou de jouer, ce qui peut constituer un handicap de taille pour une comédienne. Et en effet, tous (et elle la première) s’accordent à dire qu’elle n’était pas faite pour le cinéma.
Son premier mari, Roger Vadim, savait qu’elle incarnerait le personnage qu’il lui confiait sans le jouer, et ne lui faisait jamais répéter une scène plus de deux fois. Une pratique qui s’est révélée dangereuse par la suite : B.B. incarne un personnage au bout du rouleau qui met fin à ses jours, elle fait une tentative de suicide dans la vraie vie. Du coup, on a l’impression d’être face à de la sincérité brute et nue modelée dans un corps parfait. Brigitte Bardot se contente de vivre, presque sans conscience, comme un animal.
Pas étonnant dès lors qu’elle se soit lancée à corps perdu dans la défense de ceux qui lui ressemblent le plus. Son indignation face aux traitements que les hommes infligent aux animaux est criante de sincérité, sa voix se brise, elle est ulcérée, elle se jette sur un phoque et le prend dans ses bras, comme une enfant. Ton amie chômeuse a été touchée par ce drôle de destin, par cette erreur de la nature (une femme qui n’a pas vraiment conscience d’elle-même) livrée en pâture aux médias et à la meute des hommes qui se sont branlés sur elle (et les vieux bonshommes qui traînaient dans l’expo étaient sans doute en train d’éprouver des sensations depuis longtemps oubliées).
L’expo est outrageusement chère (8 euros en tarif amie chômeuse), elle est conçue comme une attraction Disneyland, avec reconstitution d’un bateau et d’une place de Saint-Tropez, ton amie chômeuse ne te cachera pas que c’est un peu ridicule. Mais elle a changé mon regard sur Brigitte Bardot, dont j’ai trouvé la vie assez fascinante, moi aussi.
Bon après ça, quelqu’un m’a judicieusement fait remarquer qu’une expo à la gloire de quelqu’un, qui insiste sur sa fragilité et sa sincérité, qui présente des photos d’enfance et tutti quanti pouvait faire aimer n’importe qui. Ton amie chômeuse espère très fort qu’elle ne s’est pas complètement faite avoir, et qu’elle n’aurait pas été touchée de la même façon si ça avait été une expo sur Pol Pot ou sur Goebbels. Mais je ne crois pas.
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La magie de mon nouveau métier de chômeuse professionnelle me conduit sur des chemins inattendus, je crois que l’idée d’aller voir une exposition entièrement consacrée à Brigitte Bardot ne m’aurait jamais effleurée. J’en avais une image un peu triste de muse décrépite, défenseuse kitsch des animaux, fréquentant les infréquentables, raciste par bêtise.
Et bien j’ai changé d’avis. D’abord, je ne m’étais pas bien rendue compte de l’ampleur du phénomène B.B. et des véritables crises d’hystérie qu’elle a déclenché partout dans le monde. Les magazines dont elle a fait la couverture se comptent en milliers. J’en ai remarqué un qui titrait « Pour ou contre Brigitte Bardot ? » : elle était devenue un concept et non plus un individu. Elle était belle, certes, mais la beauté ne peut pas être la seule explication à des réactions aussi extrêmes, d’un côté comme de l’autre.
Au fil des témoignages (et les gens qui ont été fascinés par B.B. sont loin d’avoir tous des Q.I. de poulets : Sagan, Gainsbourg, Simone de Beauvoir, de Gaulle, pour ceux qui me reviennent en tête tout de suite), on découvre une femme dont la principale caractéristique était de ne pas savoir mentir. Chez B.B., pas de composition, pas question de transiger ou de jouer, ce qui peut constituer un handicap de taille pour une comédienne. Et en effet, tous (et elle la première) s’accordent à dire qu’elle n’était pas faite pour le cinéma.
Son premier mari, Roger Vadim, savait qu’elle incarnerait le personnage qu’il lui confiait sans le jouer, et ne lui faisait jamais répéter une scène plus de deux fois. Une pratique qui s’est révélée dangereuse par la suite : B.B. incarne un personnage au bout du rouleau qui met fin à ses jours, elle fait une tentative de suicide dans la vraie vie. Du coup, on a l’impression d’être face à de la sincérité brute et nue modelée dans un corps parfait. Brigitte Bardot se contente de vivre, presque sans conscience, comme un animal.
Pas étonnant dès lors qu’elle se soit lancée à corps perdu dans la défense de ceux qui lui ressemblent le plus. Son indignation face aux traitements que les hommes infligent aux animaux est criante de sincérité, sa voix se brise, elle est ulcérée, elle se jette sur un phoque et le prend dans ses bras, comme une enfant. Ton amie chômeuse a été touchée par ce drôle de destin, par cette erreur de la nature (une femme qui n’a pas vraiment conscience d’elle-même) livrée en pâture aux médias et à la meute des hommes qui se sont branlés sur elle (et les vieux bonshommes qui traînaient dans l’expo étaient sans doute en train d’éprouver des sensations depuis longtemps oubliées).
L’expo est outrageusement chère (8 euros en tarif amie chômeuse), elle est conçue comme une attraction Disneyland, avec reconstitution d’un bateau et d’une place de Saint-Tropez, ton amie chômeuse ne te cachera pas que c’est un peu ridicule. Mais elle a changé mon regard sur Brigitte Bardot, dont j’ai trouvé la vie assez fascinante, moi aussi.
Bon après ça, quelqu’un m’a judicieusement fait remarquer qu’une expo à la gloire de quelqu’un, qui insiste sur sa fragilité et sa sincérité, qui présente des photos d’enfance et tutti quanti pouvait faire aimer n’importe qui. Ton amie chômeuse espère très fort qu’elle ne s’est pas complètement faite avoir, et qu’elle n’aurait pas été touchée de la même façon si ça avait été une expo sur Pol Pot ou sur Goebbels. Mais je ne crois pas.
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Rédigé par Mon Amie Chômeuse - Blogueuse associée le Vendredi 4 Décembre 2009
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