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Sacrilège : le président de la Commission européenne autorise la production de rosé par mélange de rouge et de blanc. Rouge plus blanc, tout fout le camp!
(photo cocoinzenl-flickr-cc)
Décidément, ce Barroso est un cauchemar, une calamité, un fléau. Non content d’avoir accueilli Aznar, Blair et Bush aux Açores, le 15 mars 2003, alors qu’il était chef du gouvernement portugais, pour décider de la guerre en Irak contre l’avis des Nations unies, six ans plus tard, l’actuel président de la Commission européenne s’apprête à perpétrer une nouvelle infamie à l’encontre des intérêts européens.
En autorisant la production de rosé par mélange de vin blanc et de vin rouge, José Manuel Barroso tombe le masque et avoue son admiration pour la globalisation néolibérale dans ce qu’elle peut avoir de plus repoussant. Alors que, depuis vingt ans, la viticulture européenne, notamment française, se bat pour affiner la qualité d’une couleur de vin encore controversée et que la France, premier pays producteur de rosé au monde, accomplit des prouesses en ce sens, la haute instance exécutive de l’Union propose, ni plus ni moins, de légaliser une pratique frauduleuse. Jusqu’ici, couper du blanc avec un peu de rouge pour faire du rosé était considéré comme immoral, et voici que des gouvernants légitiment cette immoralité. Un projet écrit noir sur blanc par des technocrates expliquant sans rire que cette mesure permettra aux viticulteurs européens de faire face à la concurrence des rosés des autres continents, alors que c’est l’exact contraire qui se produira. Mais de qui se moque-t-on à Bruxelles ?
Horreur : Barnier avait dit oui !
Avant de crier son hostilité au projet face à l’indignation générale, Michel Barnier, ministre de l’Agriculture, avait autorisé, le 27 janvier 2009, le délégué français à voter cette disposition. Un tel abandon de principes est révélateur des mentalités régnant au sommet de l’Europe. Et l’on voulait nous faire avaler tout cru le projet de traité constitutionnel en 2005, avant de le refiler, par voie parlementaire, avec son avorton de Lisbonne ? L’impudeur le dispute ici au cynisme. Si, aux yeux des néophytes, l’affaire n’est qu’une histoire de bibine tripotée, d’autres n’y voient qu’une obsession franco-française et qu’une occasion de plus de louer les vertus d’un protectionnisme rétrograde. Si, par malheur, le décret est confirmé, les margoulins du pinard s’en donneront à cœur joie. Rien de tel pour induire le consommateur en erreur et jeter le discrédit sur un type de vin avec lequel les Français réalisent de véritables merveilles.
Et ce ne sont pas quelques mentions de type « rosé traditionnel » ou « vin non coupé » qui y changeront quoi que ce soit puisque, les contrôles étant impossibles, la confiance sera définitivement perdue. Non seulement une trahison, mais un sabotage destiné à enrichir le négoce industriel en affaiblissant, une fois encore, les valeurs de l’appellation d’origine. La France ne doit pas laisser flotter le drapeau européen sur des vins de forfaiture.
(Article publié dans le n°625 de Marianne)
En autorisant la production de rosé par mélange de vin blanc et de vin rouge, José Manuel Barroso tombe le masque et avoue son admiration pour la globalisation néolibérale dans ce qu’elle peut avoir de plus repoussant. Alors que, depuis vingt ans, la viticulture européenne, notamment française, se bat pour affiner la qualité d’une couleur de vin encore controversée et que la France, premier pays producteur de rosé au monde, accomplit des prouesses en ce sens, la haute instance exécutive de l’Union propose, ni plus ni moins, de légaliser une pratique frauduleuse. Jusqu’ici, couper du blanc avec un peu de rouge pour faire du rosé était considéré comme immoral, et voici que des gouvernants légitiment cette immoralité. Un projet écrit noir sur blanc par des technocrates expliquant sans rire que cette mesure permettra aux viticulteurs européens de faire face à la concurrence des rosés des autres continents, alors que c’est l’exact contraire qui se produira. Mais de qui se moque-t-on à Bruxelles ?
Horreur : Barnier avait dit oui !
Avant de crier son hostilité au projet face à l’indignation générale, Michel Barnier, ministre de l’Agriculture, avait autorisé, le 27 janvier 2009, le délégué français à voter cette disposition. Un tel abandon de principes est révélateur des mentalités régnant au sommet de l’Europe. Et l’on voulait nous faire avaler tout cru le projet de traité constitutionnel en 2005, avant de le refiler, par voie parlementaire, avec son avorton de Lisbonne ? L’impudeur le dispute ici au cynisme. Si, aux yeux des néophytes, l’affaire n’est qu’une histoire de bibine tripotée, d’autres n’y voient qu’une obsession franco-française et qu’une occasion de plus de louer les vertus d’un protectionnisme rétrograde. Si, par malheur, le décret est confirmé, les margoulins du pinard s’en donneront à cœur joie. Rien de tel pour induire le consommateur en erreur et jeter le discrédit sur un type de vin avec lequel les Français réalisent de véritables merveilles.
Et ce ne sont pas quelques mentions de type « rosé traditionnel » ou « vin non coupé » qui y changeront quoi que ce soit puisque, les contrôles étant impossibles, la confiance sera définitivement perdue. Non seulement une trahison, mais un sabotage destiné à enrichir le négoce industriel en affaiblissant, une fois encore, les valeurs de l’appellation d’origine. La France ne doit pas laisser flotter le drapeau européen sur des vins de forfaiture.
(Article publié dans le n°625 de Marianne)
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