Le Liseur, le nouveau film de Stephen Daldry sur la seconde guerre mondiale, est magnifiquement maîtrisé... et manipulateur. L'actrice principale, et oscarisée, Kate Winslet, joue son rôle avec brio. Mais son doux visage ne suffit pas à expliquer pourquoi le spectateur tombe sous le charme d'une gardienne d'Auschwitz.


Kate Winslet dans Le Liseur de Stephen Daldry
Kate Winslet dans Le Liseur de Stephen Daldry
Ces dernières années, films et livres nous dévoilent l’autre face de la Seconde Guerre mondiale – la face allemande. Que ce soit le bon et courageux Claus von Stauffenberg dans Walkyrie incarnant ceux qui résistaient à Hitler ou Une femme à Berlin qui raconte les exactions de l’Armée Rouge durant les premières semaines qui ont suivi la fin de la guerre, ces histoires – et leur accueil – tendent à élargir le camp des victimes de cette guerre pour y inclure presque tout le monde. Obama n’avait-il pas choisi pour sa première visite en Europe de se rendre sur les plages du Débarquement, à Dachau mais aussi à Dresde ?

Dans Le Liseur, Stephen Daldry, le metteur en scène (Billy Elliot, the Hours), et David Hare le scénariste (The Hours) se livrent à une énième « problématisation » de notre relation à ce lourd passé. Avec beaucoup de talent et une maîtrise parfaite du septième art, ce duo malin arrive à jouer un sacré tour aux spectateurs : les faire craquer pour une ancienne gardienne d’Auschwitz. Le fait que celle-ci est interprétée par Kate Winslet peut effectivement être considéré comme une circonstance atténuante, mais la manipulation reste flagrante.
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Rédigé par Gil Mihaely - Historien le Jeudi 16 Juillet 2009 | Commentaires (2)

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