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Ayant lu la critique élogieuse du Monde, Mon Amie Chômeuse a décidé d'aller voir La famille Wolberg, un film original mais un tantinet décevant.
Ton amie chômeuse est à la bourre dans ses billets (c’est qu’à l’approche de Noël, on ne peut plus chômer tranquille), elle est sensée aller voir The Road pour une cliente, et elle ne s’est même pas encore exprimée sur ses sorties cinéma de la semaine, bref, c’est 2012 sur M.A.C. Voici donc une séance de rattrapage sur La famille Wolberg.
Comme tu ne le sais pas encore ami lecteur, ton amie chômeuse récupère Le Monde une fois qu’il a été parcouru par son abonné de voisin. L’homme en question est au courant bien sûr (pas depuis très longtemps, mais il l’est). En échange je lui fais une petite revue de presse quand on se croise dans l’escalier (« Alors ? Quoi de neuf dans le monde ? » « Bah, c’est le bordel, Copenhague, la grippa, le débat sur l’identité nationale… Et en plus les éoliennes filent la nausée aux riverains. » Il hoche la tête et file au boulot).
Or dans Le Monde, que je tiens pour un journal sérieux qui tache les doigts, il y avait un article dithyrambique sur le premier film d’Axelle Ropert, la Famille Wolberg. Quand on promet à ton amie chômeuse « un petit miracle de sensibilité et de drôlerie », elle ne fait ni une ni deux et file au Gaumont le plus proche.
À l’évidence, le film se veut décalé : les dialogues et les relations entre les personnages nous viennent tout droit de la 4ème dimension. Du jeune Benjamin qui discute avec son oncle du bien-fondé d’être ou de ne pas être dans la vie (ils joueront ensuite à sautiller d’un côté et de l’autre de la vie), au papa qui annonce calmement à sa femme et à sa fille qu’elle sont « deux idiotes ». Dans la famille Wolberg, pas de tabou : on gère l’adultère parental en famille, et on déteste ouvertement les blonds.
Tout ça dans un décor de petite ville sinistre, papier peint désuet et vieux vinyles de blues noir américain («encore cette chanson triste ! » « mais j’aime bien être triste mon chéri »). Le film a tellement essayé d’être cool à force d’être kitsch et différent qu’il est complètement passé à côté de son objectif. C’est comme les vendeuses qui disent « c’est très tendance », ou pire « c’est in », sans se rendre compte qu’il n’y a pas plus ringard que d’essayer d’être tendance.
Ton amie chômeuse ne voit ni sensibilité ni drôlerie là-dedans, et surtout pas d’originalité. Pour ceux qui auraient néanmoins absolument envie d’assister aux déboires d’une famille juive, le film existe également en version new-yorkaise avec The Squid and the Whale (sorti en 2006).
Liens et infos utiles :
François Damiens, qui joue le père, est le pervers le plus hilarant de l’histoire du film belge dans Dikkenek, un film que ton amie chômeuse te recommande chaudement.
The Squid and the Whale sur Allociné (Les Berkman se séparent en français, 10/10 pour la traduction du titre)
La Famille Wolberg sur Allociné
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Or dans Le Monde, que je tiens pour un journal sérieux qui tache les doigts, il y avait un article dithyrambique sur le premier film d’Axelle Ropert, la Famille Wolberg. Quand on promet à ton amie chômeuse « un petit miracle de sensibilité et de drôlerie », elle ne fait ni une ni deux et file au Gaumont le plus proche.
À l’évidence, le film se veut décalé : les dialogues et les relations entre les personnages nous viennent tout droit de la 4ème dimension. Du jeune Benjamin qui discute avec son oncle du bien-fondé d’être ou de ne pas être dans la vie (ils joueront ensuite à sautiller d’un côté et de l’autre de la vie), au papa qui annonce calmement à sa femme et à sa fille qu’elle sont « deux idiotes ». Dans la famille Wolberg, pas de tabou : on gère l’adultère parental en famille, et on déteste ouvertement les blonds.
Tout ça dans un décor de petite ville sinistre, papier peint désuet et vieux vinyles de blues noir américain («encore cette chanson triste ! » « mais j’aime bien être triste mon chéri »). Le film a tellement essayé d’être cool à force d’être kitsch et différent qu’il est complètement passé à côté de son objectif. C’est comme les vendeuses qui disent « c’est très tendance », ou pire « c’est in », sans se rendre compte qu’il n’y a pas plus ringard que d’essayer d’être tendance.
Ton amie chômeuse ne voit ni sensibilité ni drôlerie là-dedans, et surtout pas d’originalité. Pour ceux qui auraient néanmoins absolument envie d’assister aux déboires d’une famille juive, le film existe également en version new-yorkaise avec The Squid and the Whale (sorti en 2006).
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