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Didier Goux, Ecrivain en bâtiment, imagine un moyen original de vendre quelques livres: faire de sa maison, un musée, et de sa bibliothèque, une boutique souvenir...
– Bonjour Madame, bonjour Monsieur : vous voulez visiter les lieux ?
– Euh... ben... oui, hein ! On a vu la pancarte en passant. Et comme c'est pas encore l'heure de l'apéro...
– Très bien. Avant la visite proprement dite, je vais vous donner un rapide aperçu historique de cette demeure. La cage à lapins du Plessis-Hébert a donc été bâtie au début des années 70. C'est en fait le dernier construit de ce qu'on appelle les « Trous normands ». Architecturalement, le trou normand se caractérise par un corps de bâtiment petit et simple, généralement parallélépipédique, auquel des propriétaires saisis de démence ont ajouté au fil des années quantités d'appendices minuscules et à peu près inhabitables. Il faut savoir aussi que la cage à lapins du Plessis est restée longtemps inoccupée : au moins huit ou neuf mois, vers 2001 – 2002. C'est à cette date qu'elle a été rachetée par l'écrivain en bâtiment Didier Goux, qui l'occupe encore aujourd'hui – avec son Irremplaçable Épouse, mais là vous ne la verrez pas parce qu'elle est au Carrefour d'Évreux.
– C'est loin d'ici, le Carrefour d'Évreux ? Non je demande ça, c'est parce que vu ce que ça picole, un écrivain – et surtout dans l'bâtiment –, je me dis qu'elle doit s'en taper, des aller-retour caddie, la pauvre !
– Hem !... Non, pas très loin, Madame. Donc, si vous le voulez bien, nous allons passer à la visite proprement dite, en commençant par le corps de bâtiment principal, dont Didier Goux a voulu... pardon, Madame, je passe devant vous... a voulu faire un important centre d'art contemporain. C'est pourquoi, sur votre droite, vous pouvez admirer... attendez, je vais donner de la lumière... voilà ! Vous pouvez admirer un superbe calendrier des postes de haute époque et un montage photographique façon Andy Warhol fait par ma belle-soeur ; et, en face de vous, l'alphabet arboricole entièrement brodé au point de croix par ma sœur – qui n'a pas pleuré sa peine, je trouve. Derrière la porte modèle « saloon », c'est la cuisine de l'Irremplaçable, qui n'est pas ouverte à la visite.
– Qui ça ? L'Irremplaçable ?
– Non, Monsieur : la cuisine... Si vous voulez me suivre, nous allons à présent pénétrer dans ce qu'il convient d'appeler la « pièce noble » de la bâtisse, mais que certains anciens du village continuent on ne sait pourquoi de nommer le « Salon du Luminaire », en tortillant gauchement leur casquette entre leurs gros doigts gourds. Ici encore, l'art règne en maître, comme vous le prouve ce splendide poster de John Coltrane bénéficiant d'un accrochage admirable.
– Ah oui, c'est vrai qu'il est bien droit ! Et à côté, c'est qui ? C'est pas Élie Semoun ?
– Non, Madame, c'est Charles Aznavour jeune. À présent, si vous le voulez bien, nous allons ressortir du bâtiment principal et diriger nos pas vers ce qui est en fait le cœur du domaine, son « saint des saints » : le bureau de l'Écrivain en bâtiment, également nommé « La Case », voire, plus simplement, « La Petite Maison ». Suivez-moi, je vous prie... Attention aux merdes de chiens !
– Waoh ! ces livres ! Vous croyez qu'il a tout lu, votre écrivain en chantier, là ?
– En bâtiment, Madame, en bâtiment. Hum ! oui, je pense qu'il a à peu près tout lu, en effet. À part peut-être les cartes Michelin que vous apercevez là-bas et le catalogue Bergère de France qui se trouve sur la table à repasser.
– Faut vraiment qu'il y ait des gens qui s'emmerdent, pour en arriver à lire autant de conneries, quand même !
– Sans doute, Monsieur, c'est possible...
– Et il écrit quoi, comme trucs, ce Didier Roux ? Des phrases trouducultées qu'on comprend même pas ce qu'il a voulu dire ?
– Goux, avec un G. Non, non, pas du tout. Des petites phrases toutes simples, sujet-verbe-complément, parfois une petite relative mais rien de bien méchant. En revanche, c'est bourré de fantasmes salaces, ras le point final.
– Ah ben, alors, si c'est ça, j'vais peut-être en prendre un pour sous la tente quand il pleut.
– Si vous voulez me suivre : notre modeste boutique vous est ouverte et tous les exemplaires sont disponibles à la vente...
– C'est pas trop cher, au moins ?
– Ça coûte exactement ce que ça vaut, Madame : je ne saurais mieux vous rassurer.
Retrouvez les articles de Didier Goux sur son blog
– Euh... ben... oui, hein ! On a vu la pancarte en passant. Et comme c'est pas encore l'heure de l'apéro...
– Très bien. Avant la visite proprement dite, je vais vous donner un rapide aperçu historique de cette demeure. La cage à lapins du Plessis-Hébert a donc été bâtie au début des années 70. C'est en fait le dernier construit de ce qu'on appelle les « Trous normands ». Architecturalement, le trou normand se caractérise par un corps de bâtiment petit et simple, généralement parallélépipédique, auquel des propriétaires saisis de démence ont ajouté au fil des années quantités d'appendices minuscules et à peu près inhabitables. Il faut savoir aussi que la cage à lapins du Plessis est restée longtemps inoccupée : au moins huit ou neuf mois, vers 2001 – 2002. C'est à cette date qu'elle a été rachetée par l'écrivain en bâtiment Didier Goux, qui l'occupe encore aujourd'hui – avec son Irremplaçable Épouse, mais là vous ne la verrez pas parce qu'elle est au Carrefour d'Évreux.
– C'est loin d'ici, le Carrefour d'Évreux ? Non je demande ça, c'est parce que vu ce que ça picole, un écrivain – et surtout dans l'bâtiment –, je me dis qu'elle doit s'en taper, des aller-retour caddie, la pauvre !
– Hem !... Non, pas très loin, Madame. Donc, si vous le voulez bien, nous allons passer à la visite proprement dite, en commençant par le corps de bâtiment principal, dont Didier Goux a voulu... pardon, Madame, je passe devant vous... a voulu faire un important centre d'art contemporain. C'est pourquoi, sur votre droite, vous pouvez admirer... attendez, je vais donner de la lumière... voilà ! Vous pouvez admirer un superbe calendrier des postes de haute époque et un montage photographique façon Andy Warhol fait par ma belle-soeur ; et, en face de vous, l'alphabet arboricole entièrement brodé au point de croix par ma sœur – qui n'a pas pleuré sa peine, je trouve. Derrière la porte modèle « saloon », c'est la cuisine de l'Irremplaçable, qui n'est pas ouverte à la visite.
– Qui ça ? L'Irremplaçable ?
– Non, Monsieur : la cuisine... Si vous voulez me suivre, nous allons à présent pénétrer dans ce qu'il convient d'appeler la « pièce noble » de la bâtisse, mais que certains anciens du village continuent on ne sait pourquoi de nommer le « Salon du Luminaire », en tortillant gauchement leur casquette entre leurs gros doigts gourds. Ici encore, l'art règne en maître, comme vous le prouve ce splendide poster de John Coltrane bénéficiant d'un accrochage admirable.
– Ah oui, c'est vrai qu'il est bien droit ! Et à côté, c'est qui ? C'est pas Élie Semoun ?
– Non, Madame, c'est Charles Aznavour jeune. À présent, si vous le voulez bien, nous allons ressortir du bâtiment principal et diriger nos pas vers ce qui est en fait le cœur du domaine, son « saint des saints » : le bureau de l'Écrivain en bâtiment, également nommé « La Case », voire, plus simplement, « La Petite Maison ». Suivez-moi, je vous prie... Attention aux merdes de chiens !
– Waoh ! ces livres ! Vous croyez qu'il a tout lu, votre écrivain en chantier, là ?
– En bâtiment, Madame, en bâtiment. Hum ! oui, je pense qu'il a à peu près tout lu, en effet. À part peut-être les cartes Michelin que vous apercevez là-bas et le catalogue Bergère de France qui se trouve sur la table à repasser.
– Faut vraiment qu'il y ait des gens qui s'emmerdent, pour en arriver à lire autant de conneries, quand même !
– Sans doute, Monsieur, c'est possible...
– Et il écrit quoi, comme trucs, ce Didier Roux ? Des phrases trouducultées qu'on comprend même pas ce qu'il a voulu dire ?
– Goux, avec un G. Non, non, pas du tout. Des petites phrases toutes simples, sujet-verbe-complément, parfois une petite relative mais rien de bien méchant. En revanche, c'est bourré de fantasmes salaces, ras le point final.
– Ah ben, alors, si c'est ça, j'vais peut-être en prendre un pour sous la tente quand il pleut.
– Si vous voulez me suivre : notre modeste boutique vous est ouverte et tous les exemplaires sont disponibles à la vente...
– C'est pas trop cher, au moins ?
– Ça coûte exactement ce que ça vaut, Madame : je ne saurais mieux vous rassurer.
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Rédigé par Didier Goux - Blogueur associé le Vendredi 4 Septembre 2009
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