Le chanteur Antony Hegarty, du groupe Antony and the Johnsons, a su émouvoir et surprendre Paul Jorion. Comment fait-il pour transformer, par le son de sa voix, une chanson d'amour triste en profond témoignage de souffrance? Merveilleux mystère.


L’un des avantages de vivre à Los Angeles – capitale mondiale du cinéma – c’est que certains des démarcheurs qui vous abordent dans la rue le font pour une cause excellente : pour vous inviter à visionner un film venant d’être monté. Il y a un prix minime à payer : une fois le film terminé, remplir un questionnaire suggérant comment l’améliorer avant sa sortie. Et cela aussi vous donne un sentiment d’importance, en faisant de vous en quelque sorte un co-auteur de dernière minute…

L’un des films que nous avons vus par ce moyen au fil des ans est Leonard Cohen : I’m Your Man, un documentaire sur le chanteur sorti en 2005 : un long entretien avec lui assorti d’un concert d’hommage en Australie. Si vous ne l’avez pas vu c’est de la très belle ouvrage, avec des interprètes inquiétants comme Martha Wainwright. Mais ce qui nous a soufflés et dont nous parlions essentiellement en sortant de la salle, ce fut la découverte de Antony Hegarty, du groupe Antony and The Johnsons.


Dans Leonard Cohen : I’m Your Man, Antony chante « If It Be Your Will », si tel était ton bon plaisir, une chanson de soumission abjecte comme « Ne me quitte pas » de Jacques Brel. Ces chansons-là me font plutôt sourire en temps ordinaire mais là, dans la version d’Antony – qui fait pâlir celle du compositeur lui-même – on est pris de frayeur.

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Rédigé par Paul Jorion - Sociologue le Mardi 18 Août 2009 | Commentaires (2)

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