Mardi 14 Février 2012




L'actualité quotidienne de Nicolas Sarkozy


La Grèce a dérangé la pause touristique de 3 jours de Nicolas Sarkozy. Jeudi, le monarque a réagi à la dégringolade des bourses européennes, aux attaques contre l’euro et la Grèce. La situation était intenable. La zone euro menace de s’effondrer, après la dégradation des notes d’emprunt du Portugal et de l’Espagne, pendant que Nicolas et Carla font du tourisme en Chine. Le président français aimait à penser qu’une activité diplomatique l’épargne des querelles françaises.

Le voici à nouveau sous le feu des critiques.


(world economic forum-flickr-cc)
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Crise grecque : Sarko découvre l'Europe
Les Etats-membres de l’Union se dépêchent de finaliser un plan d’aide à la Grèce. Les discussions s’activent entre le gouvernement grec, le Fonds monétaire international (FMI) et l’Union Européenne. Cette dernière paye son inexistence politique au prix fort. L’aide envisagée frôlerait les 100 milliards d’euros sur 3 ans, afin de permettre à l’Etat grec d’honorer ses échéances de remboursement qu’elle ne peut plus satisfaire par de nouveaux emprunts sur les marchés financiers. Les Français ne sont pas beaucoup plus optimistes pour leur propre pays, à en croire un sondage BVA publié jeudi. Les euro-sceptiques, de gauche comme de droite, donnent de la voix, plaidant tantôt pour une sortie groupée de l’Euro (FN), tantôt pour des soutiens d’Etats à Etat (PCF)

« L’Elysée juge criminelle l’attitude des agences de notation » commentait le journaliste Arnaud Leparmentier dans le Monde, jeudi 29 avril. L’Elysée juge, note, remarque, crie, mais agit peu. On se souvient des grandes déclarations et belles promesses de Nicolas Sarkozy, au plus fort de la crise boursière de l’automne 2008. On allait voir ce qu’on allait voir. Le capitalisme financier allait être révolutionné. Au printemps de l’année suivante, le même Sarkozy se félicitait d’avoir fait supprimer les paradis fiscaux. En août, il s’applaudissait d’avoir édicté des règles prudentielles fortes et décisives à l’encontre des banques. Davantage de modestie eût été bienvenue. La « planète Finance » s’est bien moquée de l’agité élyséen.

La seconde responsabilité de Nicolas Sarkozy concerne l’Europe. La politique européenne du Monarque a été d'abord brouillonne. A peine élu, il a agacé l’Allemagne en misant sur l’Union pour la Méditerranée, un concept fumeux qui coûta 16 millions d’euros pour 4 heures de sommet le 14 juillet 2008, rapidement oublié quelques mois plus tard. La présidence française de l’UE fut ensuite une occasion ratée pour l’Europe, une « partie de solo » sarkozyenne malheureusement attendue : de la crise géorgienne (août) à la guerre à Gaza (décembre), Sarkozy a joué « perso », tirant la couverture à lui plus que nécessaire, minorant l'axe franco-allemand (pour le retrouver par la suite), au profit d'un atlantisme anachronique, à quelques semaines de l'élection d'Obama. En juillet 2008, le Monarque annonçait, sans prévenir personne chez nos voisins européens, ses 4 priorités : « défi climatique » (on a vu le résultat à Copenhague), « défense commune » (alors que la France réintégrait le commandement militaire de l’OTAN), politique agricole commune, et surtout de « maîtrise des flux migratoires ». Rien sur le renforcement des institutions, rien non plus sur la régulation de la finance. La crise des subprimes s'était pourtant déclenchée aux Etats-Unis. Mais Nicolas ne voyait toujours rien. Il a fallu la secousse économique et financière de l’automne 2008 pour qu’un rapprochement franco-allemand s’opère enfin. Mais toujours au détriment de la consolidation d’une Europe politique déjà bien fragile. Last but not least, Nicolas Sarkozy s'est bien arrangé, avec la complicité de ses voisins Brown et Merkel, pour qu'un anonyme belge soit élu président de l'Union. Il ne fera d'ombre à personne. Au total, Nicolas Sarkozy a joué les Etats contre l’Union Européenne, son narcissisme contre une belle idée.


Cette semaine, l’Europe entière semble menacée d’un déclassement par les agences de notation. Une catastrophe pour la zone euro. François Baroin, le ministre du Budget, a expliqué que la France n'avait rien à craindre : notre pays «partage le privilège aujourd'hui avec l'Allemagne les Pays-Bas, le Luxembourg d'être les pays les mieux notés (...). Il n'y a pas de risque de voir la note de la France abaissée, on est même une signature-refuge». Sur France Info, un responsable de la Barclays confirmait : la France a suffisamment de recettes fiscales pour éviter la situation grecque. Finalement, les prélèvements obligatoires ont du bon...

Aussi incroyable que cela puisse paraître, Nicolas Sarkozy n’a toujours pas interrompu son voyage en Chine. Courtoisie oblige, on a surtout entendu, ici en France, les remerciements du Touriste Nicola « Je suis très heureux de mon séjour à Pékin et très sensible au fait que vous avez ouvert un tombeau qui n'avait jamais été ouvert jusqu'à présent » a-t-il déclaré au président de l'Assemblée nationale populaire. Nous sommes très heureux pour lui.

Touriste en Chine, Sarkozy est brièvement intervenu sur la crise grecque, en marge de cette rencontre, la voix basse, et toujours le même ton volontariste. « Nous ne laisserons pas la spéculation agir à son gré pour déstabiliser tel ou tel pays » a-t-il commenté. « Dans cette affaire, il ne s'agit pas seulement de la Grèce, il s'agit de l'euro, c'est-à-dire de notre monnaie commune. Nous y sommes très attachés. Cela crée des obligations et un devoir de solidarité. Nous assumerons ».

2012: une nouvelle affaire de sondages élyséens ?
Depuis 1995, Nicolas Sarkozy a appris. On l'a soupçonné, articles et rapports à l'appui, d'avoir récupéré quelques millions pour financer la campagne de son mentor Edouard Balladur, prélevés sur une vente de 3 sous-marins français au Pakistan. Vente qui, rappelons-le, a été accélérée et décotée pour être signée quelques semaines avant la déclaration de candidature de Balladur en janvier 1995. Pour 2012, Nicolas Sarkozy semble réfléchir à faire payer par d'autres certaines dépenses bien utiles.

Un banquier d’affaires organise ainsi de bien discrètes réunions avec des entreprises et un « conseiller technique à la présidence de la République, chargé de l'opinion ». Leur objectif : financer la création d’une société d’études et de sondages, qui réaliserait des radioscopies de l’opinion, comme hier Opinionway, sur les sujets électoralement porteurs et les clivages de la société français. L’élection présidentielle de 2012 est en ligne de mire. D’après un « intime » du président français, l’entreprise devrait disposer d’un contrat de 5 ans avec l’UMP. Le coût avancé est de 7 millions d’euros. Le dit conseiller, Julien Vaulpré, a confirmé sa participation à l’Express, qui révèle l’affaire : « J'ai été invité à participer à des réunions pour la création d'une entreprise d'études d'opinion et de marketing. Compte tenu de mes fonctions, je m'intéresse aux innovations dans mon domaine d'activité ». Il ajoute aussi : « L'entreprise veut avoir des clients privés, éventuellement des clients politiques ».

L’apport demandé est d’un million d’euros par entreprise. L’affaire devrait faire du bruit. Primo, Nicolas Sarkozy n’a donc pas renoncé à « manipuler » l’opinion à coups de sondages occultes. Deuxio, ces dépenses, réalisées pour le seul bénéfice du président candidat évident à sa réélection, sont-elles légales du point de la réglementation électorale ? On imagine que les « concurrents » de Nicolas Sarkozy aimeraient beaucoup pouvoir bénéficier des résultats de ces sondages richement dotés. Tertio, quelle(s) contrepartie(s) ces entreprises sont elles en mesure d’attendre de la part de Nicolas Sarkozy en échange de leur contribution ?

 



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Rédigé par juan sarkofrance le Vendredi 30 Avril 2010 à 07:01 | Commentaires (17)

L'Europe sombre, et Sarko préférait partir inaugurer une foire commerciale dans la plus grande dictature de la planète...


Le gouvernement s'embourbe, l'Europe sombre, Sarko s'envole
Déchéance de nationalité, burqa, polygamie, fraude aux allocations familiales, ... le gouvernement s'est embourbé dans une sale affaire qu'il croyait porteuse. Sarkozy, lui, choisissait de s'envoler pour la Chine tandis que la zone euro risque l'effondrement.

Le Niqab-gate d'Hortefeux
Quand Brice Hortefeux a demandé à son collègue Besson de vérifier si le mari d'une conductrice intégralement voilée interpellée par des policiers pour conduite «avec vision réduite» ne pouvait être pas déchu de sa nationalité française pour polygamie supposée et fraudes aux allocations familiales, il ne savait pas qu'il rendait un mauvais service à son équipe.

Eric Besson est apparu gêné. On ne déchoit pas quelqu'un de sa nationalité française pour rien. La polygamie n'est pas du terrorisme: «On va examiner ce que l'on peut déjà faire. Le cas échéant, ce sera au président et au premier ministre de décider de changer la loi». Lundi, Eric Besson a dû poursuivre la surenchère de son collègue Hortefeux, et ainsi suggérer de modifier la loi: «Faut-il retirer la nationalité française à celui qui ne respecte pas les valeurs fondamentales de la République, qui pratique la polygamie ou l'excision?» Et d'ajouter: «J'estime qu'il ne mérite pas de conserver la nationalité française». Un peu plus tard, un journaliste de France 2, Michael Darmon, confirme: «il n'y a rien dans le dossier

Le mari accusé aime visiblement les polémiques médiatisées. Il a tenu une conférence de presse lundi 26 avril : «A ce que je sache, les maîtresses ne sont pas interdites en France, ni par l'islam. Peut-être par le christianisme, mais pas en France» a-t-il expliqué. La situation, horrible, se retourne contre le ministre. Il va lui falloir prouver que les 4 femmes dudit bonhomme sont toutes légitimes, ou que disposer de maîtresses consentantes est un crime de la République qui mérite la même déchéance de nationalité qu'un acte de haute trahison ou de terrorisme. La Sarkofrance se ridiculise. Ce régime est fascinant, tant il tolère un niveau d'incompétence politique inégalé dans ce pays. Il ne se passe pas une semaine sans qu'un nouveau fait divers ridicule vienne chasser le précédent. Lundi, Eric Besson n'avait qu'une modification de la loi à proposer pour tenter de répondre positivement à la bourde de son collègue de l'Intérieur. Le lendemain, deux femmes en burqa, pour l'une, en niqab, pour l'autre, s'affichaient dans le Grand Journal de Canal+ en soutien de leur coreligionnaire nantaise. Et le père de la dite nantaise est allé enregistrer une déposition à la brigade de gendarmerie de Vieillevigne (Loire-Atlantique), pour se plaindre (à juste titre) de n'avoir «plus de contacts» avec sa fille qu'il «ne peut plus voir ses quatre petits-enfants», «enfermés» par son compagnon/mari Liès Hebbadj.
Mercredi, Brice Hortefeux réagissait violemment dans le Monde aux critiques dont il a fait l'objet, notamment dans les colonnes du quotidien du soir : «Je ne céderai pas aux tenants du politiquement correct qui, toujours, préfèrent ne rien dire, ne rien faire, ne rien penser, pour ne prendre aucun risque. Je suis, pour ma part, convaincu que les responsables politiques ont un devoir de transparence.» Reste que tout le monde, à droite comme à gauche, dans les médias ou ailleurs, prend cette affaire pour ce qu'elle est : une bourde médiatique à multiples facettes.

On oublierait presque qu'un autre Nicolas Sarkozy déclarait, en 2003 : « Si quelqu’un veut aller faire ses courses avec son voile, au nom de quoi devrait-on l’en empêcher ? »

La zone euro s'effondre...

Nicolas Sarkozy reste prudemment à l'écart de ces bourdes et polémiques. Il partait en Chine, sceller la réconciliation de nos deux pays avec son homologue dictateur. Xavier Bertrand, pourtant secrétaire général d'une UMP qui a signé un accord de partenariat avec le Parti Communiste Chinois, n'était pas du voyage. L'Armée Populaire chinoise a même joué et chanté deux chansons de Carla Bruni -Sarkozy. Le déshonneur était complet. On se demande vraiment si l'épouse du Monarque a réellement apprécié cet hommage d'une institution plus réputée pour ses rafles de tibétains que ses talents artistiques. «C'est la première fois que je suis en Chine, c'est éblouissant» a-t-elle déclaré. Cette visite du couple Sarkozy était surtout touristique. Ils ont parcouru le mausolée de l'empereur Qin Shi Huang (mercredi), se promèneront sur la Muraille de Chine (jeudi), et inaugureront le pavillon français de l'Exposition universelle de Shanghaï (vendredi).

Bien qu'en voyage, Nicolas Sarkozy devait faire semblant de rester attentif au sort de la Grèce. L'activité diplomatique est un terrain moins boueux que les polémiques douteuses de Sarkofrance. Avant son départ, le monarque a rencontré le président de la Commission européenne au sujet de la Grèce, puis fait publier un communiqué commun demandant «une action rapide et résolue contre la spéculation qui vise la Grèce, afin d'assurer la stabilité de la zone euro».  Depuis, pas de réaction, pas un mot. Rien. Sarkozy visite la Chine. Mercredi, il a donné une "conférence de presse " avec son homologue Hu Jintao. Chacun a récité son texte. Pas de questions. On est en Chine. Là-bas, on enferme les journalistes trop curieux.


En Europe, la note de crédit accordée à la Grèce a encore été abaissée mardi. Les spéculateurs du monde entier jouent l'effondrement du système, et la sortie du pays de la zone euro. Le pays est contraint d'emprunter à des taux d'intérêt prohibitifs dépassant les 10% (pour les emprunts à 10 ans), dans un contexte de récession (-2% de PIB attendu cette année) et de déficit public record (14% de déficit budgétaire). Les Bourses européennes ont très mal réagi. Sarkozy veut faire pression sur l'Allemagne. Mais Angela Merkel pense à ses élections partielles. La crise grecque est aussi une crise du couple franco-allemand. Les Allemands exigent des Grecs un plan détaillé d'austérité budgétaire. Les Français, eux-mêmes financièrement très mal en point, sont moins regardants. Après la Grèce, le Portugal puis l'Espagne sont menacés. Après celles de la Grèce puis du Portugal, une agence de notation a abaissé d'un cran la note de la dette espagnole, assortie d'une perspective négative. Emprunter sera donc plus cher pour l'Etat espagnol, et donc pour les contribuables. A qui le tour ? C'est la panique dans la zone euro, commente le Figaro.

Mercredi, les Bourses européennes chutaient à nouveau.

Lire aussi :


Rédigé par juan sarkofrance le Jeudi 29 Avril 2010 à 06:01 | Commentaires (19)

La réforme de la procédure pénale, projetée avec difficultés et résistances par Michèle Alliot-Marie, devrait contenir de nouvelles dispositions relatives à la garde à vue. Il a fallu quelques polémiques ponctuelles sur des cas ultra-médiatisés pour que le gouvernement se saisisse enfin du sujet.


Garde à vue, ou le calvaire de Michèle Alliot-Marie.


Le 25 mars dernier, les députés débattaient d'une proposition de loi très simple, déposée par le socialiste André Vallini: la présence effective d'un avocat dès la première heure de la garde à vue. Cette dernière est actuellement possible, mais pas requise. Le débat fut curieux, et sans doute illustratif de la résistance sarkozyenne.

Depuis l'échec de l'UMP aux élections régionales, Nicolas Sarkozy a adopté un ton sécuritaire évident. La prévention, il ne connaît. La protection des libertés publiques n'est pas plus très vendeur pour l'électorat qu'il cherche à séduire à nouveau. Les abus de gardes à vue ne l'ont jamais ému. Si prolixe pendant la campagne présidentielle de 2007, Nicolas Sarkozy n'avait pourtant rien à dire sur le sujet. Rappelons que le nombre de gardes à vue est passé de 336 718 en 2001 à 580 108 en 2009, sans compter les gardes à vue pour délits routiers (environ 300 à 400 000 de plus !).

Le 25 mars dernier, Michèle Alliot-Marie était coincée entre sa position de ministre de Sarkofrance et ses propres positions que l'on devinait plus souples et compréhensives. Le député communiste Jean-Pierre Brard a trouvé, ce jour-là, la bonne formule : «Il est vrai que, dans ce gouvernement médiocre, vous êtes une femme d’État ! Mais, quitte à avoir des adversaires, autant qu’ils soient de qualité ! Vous êtes sur vos rails, mais vous ne maîtrisez ni les aiguillages, ni la signalisation ! C’est Sa Majesté impériale qui appuie sur les boutons !»

Dans un premier temps, la Garde des Sceaux reconnaissait la valeur des arguments du député socialiste : «nous partageons, sur les divers bancs de cette assemblée, les mêmes constats.  Premièrement, il y a trop de gardes à vue, la procédure n’étant pas toujours utilisée dans l’esprit dans lequel elle a été créée. Deuxièmement, les conditions de garde à vue sont trop souvent indignes, malgré les efforts de chacun et sans qu’il s’agisse, de quelque manière que ce soit, en disant cela, de montrer du doigt les policiers ou les gendarmes. Troisièmement, l’avocat n’a pas la possibilité de jouer totalement son rôle, notamment son rôle de conseil, au cours de la garde à vue. Je pense que nous sommes unanimes à penser cela.»

Pour conclure, Michèle Alliot-Marie reconnaît que la proposition est une bonne réponse à ces problèmes: «La proposition de loi de M. Vallini est effectivement l’une des réponses susceptibles d’être données. Elle prévoit que toute personne placée en garde à vue, si elle en fait la demande, soit immédiatement assistée d’un avocat, et ce pendant toute la durée de la garde à vue.»
Mais ensuite, elle prévient : «nous devons envisager les problèmes dans leur ensemble.» Elle avance quelques pistes d'amélioration, qui ne choqueront personne, bien au contraire : primo,  «Le recours à la garde à vue, qui est une façon de priver quelqu’un de liberté, ne doit être possible que dans le cas d’un crime ou d’un délit susceptible d’être puni par une peine d’emprisonnement» (sic !). Deuxio, «un aveu obtenu hors la présence d’un avocat ne pourra servir à lui seul de base pour une condamnation.» Tertio, elle aimerait que la dignité des gardés à vue soit mieux garantie, et limiter, par exemple, le retrait systématique des soutiens-gorges ou des lunettes.

Ces «avancées»  étant posées, la voici qui critique l'impossibilité pratique à accepter la proposition socialiste. La présence obligatoire d'un avocat dès le début de la garde à vue pourrait freiner la procédure d'instruction si ce dernier tarde à venir : «Supposons que l’on retienne la présence de l’avocat obligatoire dès le début et tout au long de la garde à vue ; que se passera-t-il si l’avocat ne se présente pas, soit parce qu’il ne le veut pas, soit parce qu’il est empêché pour des raisons diverses ? Que se passera-t-il si la situation – séquestration ou enlèvement, par exemple – exige une réaction très rapide ?» C'est l'unique raison invoquée pour refuser le projet. Elle renchérit en soulignant le trop faible nombre d'avocats en France pour satisfaire ces nouvelles demandes : «Sur les 52 000 avocats, nombreux sont ceux qui touchent aujourd’hui un revenu inférieur au SMIC. Allons-nous – et j’exclus les gardes à vue pour infractions routières – pour faire face aux 500 000 gardes à vue, dont le nombre va je l’espère baisser, créer 50 000 ou 100 000 postes d’avocats supplémentaires ? Comment vont-ils vivre ? Soyons raisonnables ! De toute façon, où va-t-on trouver ces avocats ? Exerceront-ils au fin fond de la campagne ? Je ne le pense pas. Un véritable problème d’organisation se pose aujourd’hui.»
Pourtant, les suggestions ne manquent pas pour faire face à ses difficultés matérielles, comme l'enregistrement systématique des auditions si l'avocat est absent, ou l'autorisation préalable par un magistrat de toute prolongation de garde à vue. Mais le refus, tant par l'UMP que par gouvernement, reste inchangé.

Une Garde des Sceaux invoque les faibles moyens de la justice pour refuser une amélioration législative des droits de la défense, face à des abus de procédures reconnus par tous... C'est l'un des paradoxes, nombreux, de Sarkofrance.

Depuis ces échanges, la réforme de la procédure pénale a pris du plomb dans l'aile. La Garde des Sceaux pense à la scinder en deux parties, afin de faire passer sans attendre les dispositions (insuffisantes) relatives à la garde à vue.

Rédigé par juan sarkofrance le Mercredi 28 Avril 2010 à 07:01 | Commentaires (9)
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