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Mardi 14 Février 2012
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L'actualité quotidienne de Nicolas Sarkozy
A Washington, Nicolas Sarkozy pouvait avoir le sourire. Son vrai-faux discours d’une vingtaine de minutes à l’Université de Columbia lui a permis de donner des leçons au grand frère américain. Et le lendemain, il a pu s’afficher avec Barack Obama. La presse américaine a à peine relevé la visite. Aux Etats Unis, Sarkozy était là pour son ego, et les Français. Mercredi, il était de retour à Paris.
En France, un dernier dogme sarkozyen est en passe de tomber. L’évènement est incroyable. Secoués par la débâcle électorale des régionales, flippés à la perspective de perdre leur poste de députés, inquiets de l’inaction présidentielle, les élus UMP sont en passe de détricoter la dernière mesure phare du quinquennat sarkozyen, le paquet fiscal de l’été 2007. Ce dernier comprenait quatre mesures principales: personne ne touche à l’exonération des droits de succession … pour le moment.
L’exonération (partielle) d’impôt et de cotisations sociales des heures supplémentaires, seconde mesure, a été vivement critiquée par Jean Arthuis, le sénateur centriste rallié à l’UMP : elles coûtent cher (3 milliards d’euros par an au budget de l’Etat), et ne servent à rien. Sur ce blog, et ailleurs, nous critiquions déjà l’inefficacité de la mesure à l’automne 2007. Cette défiscalisation a précipité les destructions d’emplois intérimaires et de CDD. La récession de 2008 venant, elle est devenue complètement anachronique et contre-productive.
Troisième mesure, le fameux bouclier fiscal, créé par Jacques Chirac et – rappelons-le – Dominique de Villepin. En 2007, Sarkozy en a abaissé le taux (de 60 à 50%). Pire, il en a élargi l’assiette en intégrant la CSG et la CRDS dans les impôts servant au calcul du remboursement fiscal (en plus de l’impôt sur le revenu, l’impôt de solidarité sur la fortune, et les taxes foncière et d'habitation), sans pour autant exclure les niches fiscales du calcul : en d’autres termes, les foyers bénéficiaires du bouclier fiscal peuvent minorer encore davantage leur impôt en jouant sur les niches. Arthuis explique : « Contrairement à ce que nous pensions au moment du vote, son application suscite injustices si choquantes qu'elles le condamnent ». Il a ajoute: «En effet, le revenu pris en considération est en fait un revenu net, c'est-à-dire le revenu fiscal brut dont sont déduits divers déficits et charges correspondant à des « niches fiscales ». C’est le cas d’une partie des déficits fonciers, des défiscalisations ultramarines, de dispositif « Malraux », de la location meublée, du régime des monuments historiques. Il faut y ajouter les versements dans l’épargne retraite, les abattements (40%) sur les dividendes, la part déductible de la C.S.G. ! »
L’attaque contre le bouclier fiscal, à droite, repose sur trois raisons, alternativement présentées : (1) à cause du bouclier fiscal, les inévitables futures hausses d’impôts pour rééquilibrer les comptes publics et sociaux ne concerneront pas les foyers les plus fortunées ; (2) « en période de crise, tout le monde doit faire un effort, même les plus riches », et (3) le bouclier est inefficace par rapport à ses objectifs affichés (rapatrier les grandes fortunes en France). En 2008, première année d’application pleine, le bouclier fiscal a concerné 18 800 contribuables et coûté 578 millions d’euros. En 2009, la facture s'est modestement aggravée, pour moins de bénéficiaires ! François Baroin a prévenu les parlementaires UMP qu'il avait grimpé à 585 millions d'euros pour 16 350 contribuables. Le prétexte avancé par Nicolas Sarkozy – un contribuable ne devrait pas payer plus de 50% des revenus fruits de son travail – est invalidé dans les faits. Le bouclier fiscal joue à plein pour ceux qui ont des impôts sur le patrimoine ou les revenus financiers élevés. 99,95% des foyers français ne sont pas concernés. Pire, toute éventuelle hausse d'impôt augmentera le coût du bouclier fiscal pour la collectivité. Le bouclier fiscal reporte la fiscalité des plus riches vers les moins riches. Point barre.
Mercredi, treize députés UMP ont déposé une proposition de loi pour suspendre le politiquement funeste bouclier.
Quatrième mesure, la défiscalisation des intérêts d’emprunt immobilier pour soutenir et développer « l’accession populaire » à la propriété n’a jamais fonctionné à cause de la précarisation croissante des ménages français (pour emprunter, encore faut-il avoir des revenus suffisants !) et la pénurie de logements, et a été torpillée par la crise financière et le resserrement du crédit. Gilles Carrez, rapporteur UMP du budget, dénonçait il y a peu le coût surréaliste de cette mesure : 280 millions d'euros en 2008, un milliard en 2009, 1,5 milliard en 2010 et près de trois milliards en 2013. « Dans les circonstances actuelles, ce n'est pas très raisonnable» . Même Bercy envisage de revenir sur la mesure : elle a coûté 1,050 milliard d’euros en 2009 mais 3 à 4,5 milliards annuels en rythme de croisière, et 376 000 foyers bénéficiaires en 2009. Le secrétaire d'Etat au Logement a reconnu que «les outils existants sont peu lisibles, peu efficaces et très coûteux».
Les parlementaires UMP ont d’autres cibles fiscales. Dès juillet dernier, Jean Arthuis dénonçait l’abaissement du taux de TVA sur la restauration. Une opportune étude d’un cabinet privé est venu justifier hier que la mesure, qui coût 3 milliards d’euros par an, aurait permis de sauver 50 000 emplois dans le secteur. La belle affaire à 60 000 euros par an l’emploi sauvé ! Le quotidien Les Echos a récemment rappelé le coût des principales des 468 niches fiscales. Au total, les niches représentent 75 milliards d'euros par an. Sarkozy a promis à Bruxelles de les réduire de ... 6 milliards d'euros. Pas plus.
- La TVA à 5,5% pour les travaux dans les logements de plus de deux ans : 15,5 milliards d'euros
- Le crédit d'impôt recherche (qui réduit une partie des investissements d'une entreprise en recherche et développement de son impôt sur les sociétés): 4 milliards d'euros.
- La prime pour l'emploi, 3 milliards d'euros
- L'abaissement de la TVA sur la restauration de 19,6 à 5,5%: 3 milliards d'euros
- l'imposition réduite pour les bons et contrats de capitalisation et d'assurance-vie: 3 milliards d'euros
- e crédit d'impôt visant à améliorer la performance énergétique des logements, 2,6 milliards d'euros
Devant quelques parlementaires, Nicolas Sarkozy s'est obstiné: «Ne touchez pas au bouclier fiscal !» a-t-il demandé. Il a également refusé de retirer du bénéfice du bouclier la CSG et la CRDS. «Nous ne changerons pas de politique économique». Tout au plus a-t-il concédé qu'«un petit effort va être demandé au moment de la réforme des retraites», d'après un député UMP présent à l'audience.
Sarkozy est dans une impasse. S'il abandonne ou suspend le bouclier fiscal, le désaveu est total. S'il le maintient, il s'accroche à un totem symbolique et impopulaire. Les élus UMP, eux, tentent de sauver les meubles.
Ami sarkozyste, où es-tu ?
Il l’a eu son dîner, avec photo et une presse française relayant complaisamment l’évènement. Mardi soir, Nicolas Sarkozy, accompagné de son épouse Carla, a soupé avec le couple Obama dans leur salon « privé » de la Maison Blanche. En France les parlementaires UMP attendaient leur rencontre, mercredi à l’Elysée, avec le Monarque.
L'agitation à l'UMP
La mise en scène était rodée. La semaine dernière, députés et sénateurs UMP ont pu vidé leurs sacs de reproches après le résultats des élections régionales. Lundi après midi, François Fillon les a revu, à Paris. Les rangs étaient éparses, plus de 150 parlementaires avaient séché la rencontre. Interdiction, cette fois-ci, de communiquer par textos ou Twitter avec l’extérieur, comme ce fut le cas mardi 23 mars. Les dissonances sont toujours là. Fillon et Bertrand refusent le concept de « nouveau pacte majoritaire » défendu par Copé. Alain Juppé a regretté, mardi matin, l’abandon de la taxe carbone et souhaite la suspension du bouclier fiscal, ce que Xavier Bertrand n’a pas supporté.
Sarkozy, présidentiel... aux Etats Unis
La presse américaine n’a pas retenu grand-chose de la venue de Sarkozy à New York. Un tabloid, le New York Post, a qualifié Carla Bruni de « chaude et italienne », comme la machine à espresso que Sarkozy a exigé d’avoir sur place à l’université de Columbia. Le Monarque français fut qualifié de « pointilleux » sur ces petits détails protocolaires. D’autres ont relevé que Carla Bruni avait adopté le nouveau sac Dior de la collection hiver 2010-2011. Elle a profité de cette escapade pour annoncer un programme d'échanges France/USA entre écoles d'art, avec le soutien de sa fondation, car « savoir, c’est pouvoir ». Quel programme ! Sarkozy a confirmé, lors d'une réception dans une institution américaine privée, la French Institute Alliance Française: « la Fondation de Carla va développer un programme ambitieux de scolarisation dans les milieux défavorisés, marié à un projet culturel d'envergure ». Ce programme, doté de 1,5 million d'euros offerts à la Fondation Carla Bruni-Sarkozy par un couple américain, financera les études d’une cinquantaine d’étudiants (25 Américains en France, 25 Français aux Etats-Unis), et ce pendant 3 ans.
Sarkozy, donneur de leçons
A l'université de Columbia, Sarkozy démarra son intervention par une curieuse pirouette expliquant qu’il ne lirait pas de discours, car, dixit le Monarque, « Si on vient pour lire un discours, y qu’a envoyer le discours et faire l’économie du voyage ». Pour un président aussi prolixe que lui, qui a multiplié depuis 3 ans les déplacements sur le terrains pour des exercices encadrés de discours préparés (parfois même copiés-collés d’une visite à l’autre, comme sur l’identité nationale et l’agriculture en février puis octobre 2009), la blague frise le second degré. S'en suivit 28 minutes de discours faussement improvisé, un recueil de leçons pour un Monarque désavoué il y a peine 9 jours par son électorat. « A travers vous, je veux parler au grand peuple des Etats-Unis d’Amérique », car « nous devons travailler ensemble. »
Evidemment, « En Europe, on vous admire. » «mais en Europe, on veut que les Etats-Unis d’Amérique nous entendent, nous écoutent. » Passés les compliments, les leçons fusent : « Vous devez réfléchir à cela : que signifie être la première puissance du monde ? » Le Monarque a ses idées : «la première puissance doit porter un leadership ». Mais il ajoute immédiatement qu'au 21ème siècle, une seule puissance ne peut diriger le monde, la force impose le dialogue. Le message sarkozyen est anachronique. La présidence Obama est largement moins interventionniste à l'étranger que l'administration Bush, coupable d'une guerre contre le mal. Sarkozy adorait Bush. Il ne pense pas à cela. Il a été heurté de la résistance d'Obama lors de la crise de 2008. Le président américain voulait parler relance. Sarkozy, coincé en France par ses déficits, voulait parler paradis fiscaux. Le Monarque français commet une autre bévue, en expliquant que seules l'Europe et les Etats Unis sont à même d'imposer de nouvelles idées pour réguler le monde. «Europe et Etats-Unis, nous pouvons inventer les règles de l'économie de demain». Exit les pays émergents, la Chine si créancière des finances publiques occidentales surendettées ! Sarkozy conserve un tropisme presque colonial, en tout cas occidental. Triste sire. Son narcissisme prend le dessus. «J'ai voulu que la France revienne dans l'OTAN totalement.» On se souvient du faux débat parlementaire, en urgence, pour discuter de cette volte-face sarkozyenne, en 2008 : «Pourquoi l'ai-je voulu ? Parce que je voulais un dialogue franc, sans arrière pensée, avec les Etats Unis».
Sarko le gaucho... à New York
Devant les étudiants de Columbia, Sarkozy a retrouvé ses accents de gaucho: «est-ce que vous croyez qu'on pourra défendre le capitalisme, avec autant d'injustices ? Moi je crois qu'on ne pourra pas le défendre». En France, Sarkozy s'acharne à défendre le bouclier fiscal d'une centaine d'ultra-privilégiés. Ne cherchez pas le paradoxe. Il saute aux yeux. Sur place, Sarkozy a ainsi fait la leçon, à distance, à Barack Obama et à l’Amérique : «Nous avons besoin que le grand peuple américain comprenne que l'absence de règles tue la liberté». Ou encore : «La régulation économique mondiale ne peut plus demeurer ce qu'elle est. Nous ne pouvons plus accepter un système capitaliste où il n'y a pas de règles, il n'y a pas de régulation (...) L'économie de marché et le marché sans règles, ce sera la mort du capitalisme». Finalement, Nicolas Sarkozy s'est tout autant amusé à attaquer le leadership américain. «Copenhague fut l'échec d'une méthode de façon caricaturale». Tiens, Copenhague fut un échec. Sarkozy dénonça la mauvaise gouvernance mondiale. Pourquoi pas ? Il a listé tous les pays ou continents qui sont absents du Conseil de Sécurité de l'ONU (Brésil, pays arabes, Afrique, Japon, etc). «Les Etats-Unis et l'Europe, nous devons demander une réforme de la gouvernance mondiale».
Sarkozy s'amuse aussi à porter la dérision contre le G8. Il semblait incroyable, à Columbia, d'entendre Sarkozy, ce président qui plomba si souvent la cohérence européenne au profit de ses envies de gloire personnelle, parler autant d'Europe. A Columbia, Sarkozy compara les « fous » qui ont fait exploser des métros à Moscou et les « insensés » qui ont laissé des avions contre les tours jumelles de New York. Sarkozy fait un parallèle douteux entre les attentats du 11 septembre 2001 et ceux qui ont frappé Moscou cette semaine. La Russie est une démocratie, dixit Sarkozy à New York. «Quand New York a été attaqué, ce sont toutes les démocraties du monde qui ont été attaquées. Et quand Moscou est attaqué, c'est nous tous qui sommes attaqués. Face au terrorisme nous ne pouvons pas nous diviser».
Pour conclure, Sarkozy termine par un dernière leçon : « jamais vous ne devez vous recroqueviller. » Il laissa ensuite la place à une vingtaine de minutes pour des questions.
Première d'entre elles, un étudiant demande ses projets sur le plateau ... de Saclay, en ile-de-France. Retour au pays. Sarkozy se jette sur le sujet. Oubliés les accents gauchisants ! Le monarque loue la liberté de choisir ses professeurs, la compétition des universités françaises entre elles, et critique la fermeture des bibliothèques de facs le dimanche.
On retrouve notre Sarkozy, le temps d'une réponse. La suivante concerna la réforme de l’assurance maladie aux Etats-Unis. Sarko le gaucho était aussi Sarko le condescendant : «Si vous voulez que je sois vraiment sincère, quand on voit les débats américains, on du mal à y croire. (...) On ne peut pas laissez mourir les gens comme ça.» Il n’a pu s’empêcher cette remarque : « Bienvenue dans le club des Etats qui ne laissent pas tomber les gens malades». Nicolas Sarkozy pourrait pourtant apprendre beaucoup de son homologue américain : il a mis en œuvre le désengagement américain en Irak – même si on peut trouver le retrait lent et progressif ; fait voter une réforme capitale pour l’assurance maladie de millions d’Américains, un projet devenu loi sur lequel s’était brisée la présidence Clinton en 1993 ; et, surtout, garder le cap de ses promesses malgré un contexte économique tout aussi défavorable aux Etats-Unis. En Sarkofrance, les revirements se sont succédés aux voltes-faces depuis l’été 2008. Et Nicolas Sarkozy l’a payé cher aux dernières élections régionales. « L’école Obama », note un journaliste canadien, pourrait être une bel exemple pour le président français.
De retour en France, Nicolas Sarkozy s'expliquera avec ses parlementaires. Il lui faudra aussi gérer la contestation du bouclier fiscal à droite, le départ de la Fondation Hulot des séances de travail du Grenelle de l'Environnement, la polémique sur les 116 000 euros de voyage en jet privé de son secrétaire d'Etat à la Coopération, le fidèle Alain Joyandet, pour une conférence à Haïti, ou le Conseil d'Etat qui refuse l'interdiction totale de la Burqa.
L'agitation à l'UMP
La mise en scène était rodée. La semaine dernière, députés et sénateurs UMP ont pu vidé leurs sacs de reproches après le résultats des élections régionales. Lundi après midi, François Fillon les a revu, à Paris. Les rangs étaient éparses, plus de 150 parlementaires avaient séché la rencontre. Interdiction, cette fois-ci, de communiquer par textos ou Twitter avec l’extérieur, comme ce fut le cas mardi 23 mars. Les dissonances sont toujours là. Fillon et Bertrand refusent le concept de « nouveau pacte majoritaire » défendu par Copé. Alain Juppé a regretté, mardi matin, l’abandon de la taxe carbone et souhaite la suspension du bouclier fiscal, ce que Xavier Bertrand n’a pas supporté.
Sarkozy, présidentiel... aux Etats Unis
La presse américaine n’a pas retenu grand-chose de la venue de Sarkozy à New York. Un tabloid, le New York Post, a qualifié Carla Bruni de « chaude et italienne », comme la machine à espresso que Sarkozy a exigé d’avoir sur place à l’université de Columbia. Le Monarque français fut qualifié de « pointilleux » sur ces petits détails protocolaires. D’autres ont relevé que Carla Bruni avait adopté le nouveau sac Dior de la collection hiver 2010-2011. Elle a profité de cette escapade pour annoncer un programme d'échanges France/USA entre écoles d'art, avec le soutien de sa fondation, car « savoir, c’est pouvoir ». Quel programme ! Sarkozy a confirmé, lors d'une réception dans une institution américaine privée, la French Institute Alliance Française: « la Fondation de Carla va développer un programme ambitieux de scolarisation dans les milieux défavorisés, marié à un projet culturel d'envergure ». Ce programme, doté de 1,5 million d'euros offerts à la Fondation Carla Bruni-Sarkozy par un couple américain, financera les études d’une cinquantaine d’étudiants (25 Américains en France, 25 Français aux Etats-Unis), et ce pendant 3 ans.
Sarkozy, donneur de leçons
A l'université de Columbia, Sarkozy démarra son intervention par une curieuse pirouette expliquant qu’il ne lirait pas de discours, car, dixit le Monarque, « Si on vient pour lire un discours, y qu’a envoyer le discours et faire l’économie du voyage ». Pour un président aussi prolixe que lui, qui a multiplié depuis 3 ans les déplacements sur le terrains pour des exercices encadrés de discours préparés (parfois même copiés-collés d’une visite à l’autre, comme sur l’identité nationale et l’agriculture en février puis octobre 2009), la blague frise le second degré. S'en suivit 28 minutes de discours faussement improvisé, un recueil de leçons pour un Monarque désavoué il y a peine 9 jours par son électorat. « A travers vous, je veux parler au grand peuple des Etats-Unis d’Amérique », car « nous devons travailler ensemble. »
Evidemment, « En Europe, on vous admire. » «mais en Europe, on veut que les Etats-Unis d’Amérique nous entendent, nous écoutent. » Passés les compliments, les leçons fusent : « Vous devez réfléchir à cela : que signifie être la première puissance du monde ? » Le Monarque a ses idées : «la première puissance doit porter un leadership ». Mais il ajoute immédiatement qu'au 21ème siècle, une seule puissance ne peut diriger le monde, la force impose le dialogue. Le message sarkozyen est anachronique. La présidence Obama est largement moins interventionniste à l'étranger que l'administration Bush, coupable d'une guerre contre le mal. Sarkozy adorait Bush. Il ne pense pas à cela. Il a été heurté de la résistance d'Obama lors de la crise de 2008. Le président américain voulait parler relance. Sarkozy, coincé en France par ses déficits, voulait parler paradis fiscaux. Le Monarque français commet une autre bévue, en expliquant que seules l'Europe et les Etats Unis sont à même d'imposer de nouvelles idées pour réguler le monde. «Europe et Etats-Unis, nous pouvons inventer les règles de l'économie de demain». Exit les pays émergents, la Chine si créancière des finances publiques occidentales surendettées ! Sarkozy conserve un tropisme presque colonial, en tout cas occidental. Triste sire. Son narcissisme prend le dessus. «J'ai voulu que la France revienne dans l'OTAN totalement.» On se souvient du faux débat parlementaire, en urgence, pour discuter de cette volte-face sarkozyenne, en 2008 : «Pourquoi l'ai-je voulu ? Parce que je voulais un dialogue franc, sans arrière pensée, avec les Etats Unis».
Sarko le gaucho... à New York
Devant les étudiants de Columbia, Sarkozy a retrouvé ses accents de gaucho: «est-ce que vous croyez qu'on pourra défendre le capitalisme, avec autant d'injustices ? Moi je crois qu'on ne pourra pas le défendre». En France, Sarkozy s'acharne à défendre le bouclier fiscal d'une centaine d'ultra-privilégiés. Ne cherchez pas le paradoxe. Il saute aux yeux. Sur place, Sarkozy a ainsi fait la leçon, à distance, à Barack Obama et à l’Amérique : «Nous avons besoin que le grand peuple américain comprenne que l'absence de règles tue la liberté». Ou encore : «La régulation économique mondiale ne peut plus demeurer ce qu'elle est. Nous ne pouvons plus accepter un système capitaliste où il n'y a pas de règles, il n'y a pas de régulation (...) L'économie de marché et le marché sans règles, ce sera la mort du capitalisme». Finalement, Nicolas Sarkozy s'est tout autant amusé à attaquer le leadership américain. «Copenhague fut l'échec d'une méthode de façon caricaturale». Tiens, Copenhague fut un échec. Sarkozy dénonça la mauvaise gouvernance mondiale. Pourquoi pas ? Il a listé tous les pays ou continents qui sont absents du Conseil de Sécurité de l'ONU (Brésil, pays arabes, Afrique, Japon, etc). «Les Etats-Unis et l'Europe, nous devons demander une réforme de la gouvernance mondiale».
Sarkozy s'amuse aussi à porter la dérision contre le G8. Il semblait incroyable, à Columbia, d'entendre Sarkozy, ce président qui plomba si souvent la cohérence européenne au profit de ses envies de gloire personnelle, parler autant d'Europe. A Columbia, Sarkozy compara les « fous » qui ont fait exploser des métros à Moscou et les « insensés » qui ont laissé des avions contre les tours jumelles de New York. Sarkozy fait un parallèle douteux entre les attentats du 11 septembre 2001 et ceux qui ont frappé Moscou cette semaine. La Russie est une démocratie, dixit Sarkozy à New York. «Quand New York a été attaqué, ce sont toutes les démocraties du monde qui ont été attaquées. Et quand Moscou est attaqué, c'est nous tous qui sommes attaqués. Face au terrorisme nous ne pouvons pas nous diviser».
Pour conclure, Sarkozy termine par un dernière leçon : « jamais vous ne devez vous recroqueviller. » Il laissa ensuite la place à une vingtaine de minutes pour des questions.
Première d'entre elles, un étudiant demande ses projets sur le plateau ... de Saclay, en ile-de-France. Retour au pays. Sarkozy se jette sur le sujet. Oubliés les accents gauchisants ! Le monarque loue la liberté de choisir ses professeurs, la compétition des universités françaises entre elles, et critique la fermeture des bibliothèques de facs le dimanche.
On retrouve notre Sarkozy, le temps d'une réponse. La suivante concerna la réforme de l’assurance maladie aux Etats-Unis. Sarko le gaucho était aussi Sarko le condescendant : «Si vous voulez que je sois vraiment sincère, quand on voit les débats américains, on du mal à y croire. (...) On ne peut pas laissez mourir les gens comme ça.» Il n’a pu s’empêcher cette remarque : « Bienvenue dans le club des Etats qui ne laissent pas tomber les gens malades». Nicolas Sarkozy pourrait pourtant apprendre beaucoup de son homologue américain : il a mis en œuvre le désengagement américain en Irak – même si on peut trouver le retrait lent et progressif ; fait voter une réforme capitale pour l’assurance maladie de millions d’Américains, un projet devenu loi sur lequel s’était brisée la présidence Clinton en 1993 ; et, surtout, garder le cap de ses promesses malgré un contexte économique tout aussi défavorable aux Etats-Unis. En Sarkofrance, les revirements se sont succédés aux voltes-faces depuis l’été 2008. Et Nicolas Sarkozy l’a payé cher aux dernières élections régionales. « L’école Obama », note un journaliste canadien, pourrait être une bel exemple pour le président français.
De retour en France, Nicolas Sarkozy s'expliquera avec ses parlementaires. Il lui faudra aussi gérer la contestation du bouclier fiscal à droite, le départ de la Fondation Hulot des séances de travail du Grenelle de l'Environnement, la polémique sur les 116 000 euros de voyage en jet privé de son secrétaire d'Etat à la Coopération, le fidèle Alain Joyandet, pour une conférence à Haïti, ou le Conseil d'Etat qui refuse l'interdiction totale de la Burqa.
Un périple aux Etats Unis pour dîner avec Obama, un nouveau site pompé sur celui de la Maison Blanche. le ridicule ne tue plus depuis longtemps en Sarkofrance...
Nicolas Sarkozy ne réalise plus le ridicule de certaines de ses situations. Son périple américain avait un objectif prioritaire : un dîner entre couples présidentiels, mardi soir à la Maison Blanche, en tête à tête, afin de conforter son image « présidentielle ». Coïncidence des dates, le site Elysee.fr a fait peau neuve, lundi 29 mars 2010. il ressemble comme deux gouttes d’eau à celui … de la Maison Blanche. Nicolas Princen, le conseiller Internet du président français, s’en est expliqué dans les colonnes du Figaro.
Un site narcissique
Epreuvre narcissique s’il en est, le nouveau site est tout entier dédié à la gloire de Nicolas Sarkozy. Ce n’est pas le site d’une présidence généreuse, tournée vers ses concitoyens et les « réformes » qu’elle leur propose, mais un blog personnel où chaque image, chaque video, chaque texte est consacré au Monarque. Un immense photographie barre le haut de l’écran. Sarkozy caressant une vache au Salon de l’Agriculture, Sarkozy seul visitant une maison dévastée par Xynthia, Sarkozy sérieux à l’enterrement d’un policier, etc. Rares sont les photos où sarkozy est absent et, si tel est le cas, un texte rappelle que Sarkozy était là, « actif », pas loin du lieu. Il faut chercher, en bas, un court onglet sur les symboles de la République. On y trouve même une mappemonde animée figurant les différents déplacements du Monarque tout autour du globe.
Un site pompé
L’apparence du site est pompée sur celle de son homologue américain. On y retrouve la prime donnée à l’image, le même modèle plus épuré, des couleurs proches, les mêmes pieds de page, des bandeaux de navigation similaires.... Nicolas Sarkozy tente de se hisser au niveau de Barack Obama. Ses conseillers expliquent qu’il fallait rendre lisible l’action du président depuis 3 ans «Les Français commencent à s'interroger sur le bilan. À nous de le rendre plus lisible» a commenté Franck Louvrier, son conseiller pour la communication. Nicolas Princen, le Monsieur Internet de l’Elysée, parle, sans rire, de «plus de pédagogie, plus d'exhaustivité, plus de neutralité».
Un site monarchique
En bas, à droite, on trouve ce curieux onglet sur « la première Dame de France ». Sommes-nous en Monarchie. L’expression ne signifie rien dans la France républicaine. Carla Bruni n’a aucun rôle, aucune préogative, aucune priorité élective ou politique sur personne. Le site ne s’en cache pas, mais s’abrite derrière les réalisations et quelques photos des précédentes épouses de présidents de la Vème République. Il se permet aussi de renvoyer vers le site personnel de Carla Bruni-Sarkozy. Où vivons-nous ?
Un site partiel
Le site entend mettre en valeur les actions de Sarkozy. Pourquoi pas ? A le visiter, on est plutôt submergé par le trop plein de discours, de déclarations, de visites. Les « dossiers » du président sont vides d’informations concrètes sur les mesures prises. Il ne s’agit que d’un immense catalogue, classé par thématique, des promesses en tous genres. Prenez la culture et la communication : on peut y trouver les vœux de janvier 2009 et 2010, et l’installation du Conseil pour la Création artistique. Rien sur l’action de son collaborateur Frédéric Mitterrand. A la page Sécurité, même biais narcissique et vain : des comptes-rendus de déplacements ou des discours, rien de plus. En bas de page, des conseillers ont rédigé des synthèses sur les mesures annoncées dans chaque discours. Aucune source « externe » n’est citée. Gardons le plus drôle pour la fin. Le site se veut moderne. Une voix féminine, avec un accent français à couper au couteau, traduit le CV du Monarque pour les internautes anglophones et … aveugles ( ?).
Sarkozy "in english" sur le nouveau site de l'Elysée envoyé par Nouvelobs. - Regardez les dernières vidéos d'actu.
Un site narcissique
Epreuvre narcissique s’il en est, le nouveau site est tout entier dédié à la gloire de Nicolas Sarkozy. Ce n’est pas le site d’une présidence généreuse, tournée vers ses concitoyens et les « réformes » qu’elle leur propose, mais un blog personnel où chaque image, chaque video, chaque texte est consacré au Monarque. Un immense photographie barre le haut de l’écran. Sarkozy caressant une vache au Salon de l’Agriculture, Sarkozy seul visitant une maison dévastée par Xynthia, Sarkozy sérieux à l’enterrement d’un policier, etc. Rares sont les photos où sarkozy est absent et, si tel est le cas, un texte rappelle que Sarkozy était là, « actif », pas loin du lieu. Il faut chercher, en bas, un court onglet sur les symboles de la République. On y trouve même une mappemonde animée figurant les différents déplacements du Monarque tout autour du globe.
Un site pompé
L’apparence du site est pompée sur celle de son homologue américain. On y retrouve la prime donnée à l’image, le même modèle plus épuré, des couleurs proches, les mêmes pieds de page, des bandeaux de navigation similaires.... Nicolas Sarkozy tente de se hisser au niveau de Barack Obama. Ses conseillers expliquent qu’il fallait rendre lisible l’action du président depuis 3 ans «Les Français commencent à s'interroger sur le bilan. À nous de le rendre plus lisible» a commenté Franck Louvrier, son conseiller pour la communication. Nicolas Princen, le Monsieur Internet de l’Elysée, parle, sans rire, de «plus de pédagogie, plus d'exhaustivité, plus de neutralité».
Un site monarchique
En bas, à droite, on trouve ce curieux onglet sur « la première Dame de France ». Sommes-nous en Monarchie. L’expression ne signifie rien dans la France républicaine. Carla Bruni n’a aucun rôle, aucune préogative, aucune priorité élective ou politique sur personne. Le site ne s’en cache pas, mais s’abrite derrière les réalisations et quelques photos des précédentes épouses de présidents de la Vème République. Il se permet aussi de renvoyer vers le site personnel de Carla Bruni-Sarkozy. Où vivons-nous ?
Un site partiel
Le site entend mettre en valeur les actions de Sarkozy. Pourquoi pas ? A le visiter, on est plutôt submergé par le trop plein de discours, de déclarations, de visites. Les « dossiers » du président sont vides d’informations concrètes sur les mesures prises. Il ne s’agit que d’un immense catalogue, classé par thématique, des promesses en tous genres. Prenez la culture et la communication : on peut y trouver les vœux de janvier 2009 et 2010, et l’installation du Conseil pour la Création artistique. Rien sur l’action de son collaborateur Frédéric Mitterrand. A la page Sécurité, même biais narcissique et vain : des comptes-rendus de déplacements ou des discours, rien de plus. En bas de page, des conseillers ont rédigé des synthèses sur les mesures annoncées dans chaque discours. Aucune source « externe » n’est citée. Gardons le plus drôle pour la fin. Le site se veut moderne. Une voix féminine, avec un accent français à couper au couteau, traduit le CV du Monarque pour les internautes anglophones et … aveugles ( ?).
Sarkozy "in english" sur le nouveau site de l'Elysée envoyé par Nouvelobs. - Regardez les dernières vidéos d'actu.
Mes Coulisses
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Pour en finir avec Florence D.
Elle aime bien Nicolas. Elle déploie une énergie prosarkozyste et anti-Hollande qui est presqu...14/02/2012 05:00 - sarkofrance -
Jean-Michel, tais-toi parfois.
Je te connais, tu sais être vivifiant. Mais parfois, il faut savoir bosser ses sujets, cesse...13/02/2012 05:44 - sarkofrance
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Juan Sarkofrance
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