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Mardi 14 Février 2012
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L'actualité quotidienne de Nicolas Sarkozy
Nous étions gênés. L'homme était présenté comme un vibrant candidat. En 2007, il était parvenu à convaincre 53% des suffrages, malgré 5 années de mandat Chirac où il fut le ministre majeur. Il était parvenu à faire croire qu'il avait changé, qu'il s'était calmé, qu'il savait incarner cette France composite du 21ème siècle.
Cette semaine, il est devenu l'un des hommes politiques les plus ridicules du moment. Un homme presque incompréhensible. Il ne cessait de se comparer au François Mitterrand de mars 1988. Mais au lieu d'un succédané de la France Unie, nous eûmes droit à une resucée de l'Union rance version Front National. Grosse déception.
En début de semaine, son ministre de l'Intérieur avait donné le « la ». Il devait justifier de propos inutiles et hors sol sur les « civilisations ». La manoeuvre était facile et rabâchée. Le lendemain, son Monarque approuvait ses propos de « bon sens ». Guéant est « l’islamophobe en chef » de Sarkozy, rétorquait le quotidien algérien Liberté. Mardi à l'Assemblée, un député apparenté socialiste l'accusa de suivre une voie dangereuse qui conduisait au nazisme. Tout le gouvernement indigné quitta l'hémicycle. En arrivant à la Réunion en fin de semaine, le ministre ne cherchait plus à se défendre, il plaidait le malentendu.
Lundi, Nicolas Sarkozy s'était montré avec Angela Merkel. Il était curieux, soucieux d'être plus vertueux dans le verbe que sa consoeur allemande. Il monopolisa une quinzaine de minutes, encore, d'un journal télévisé. On a tout oublié. Il était dans le Salon Murat.
Mardi, il s'est affiché père des familles. Il avait déboulé en jet présidentiel dans une crèche dans le Tarn, à Lavaur. Merveilleux ! Il sortit un gros mensonge. Non, il n'avait pas construit 200.000 places de crèches en 5 ans. Il avait simplement augmenté le nombre d'enfants à garder par assistante maternelle. Une véritable arnaque.
Mercredi, Nicolas Sarkozy faisait adopter son programme en conseil des ministres.
Les « mesures fortes » présentées le 29 janvier dernier sur 10 chaînes de télévision n'étaient que des mesurettes, douloureuses ou confuses, mais toutes insuffisantes pour changer grand chose à la situation du pays: les ménages paieront 12 milliards de TVA supplémentaire que l'UMP qualifie toujours de « sociale » dans des réunions politiques. L'UMP prédit que l'inflation restera maîtrisée, mais des économistes l'ont contredit, exemple allemand à l'appui. La fameuse taxe sur les transactions financières, qui « vise à créer une juste participation du secteur financier à l’effort de redressement des finances publiques », est bien modeste (0,1% des transactions sur les actions de sociétés françaises cotées dont la capitalisation excède le 1 milliard d'euros), et sans contrepartie sociale ni de développement. Quelle taxe Tobin !
L'allègement des cotisations patronales familiales réjouira les entreprises, même celles qui ne sont pas exposées à la concurrence internationale. Mais son impact sur la compétitivité est anecdotique. Pourtant, les services de Bercy sont allés jusqu'à prédire la création de 100.000 emplois créés dans les 3 ans... 25 millions de foyers vont payer 12 milliards d'euros de TVA supplémentaires pour 100.000 emplois improbables... La prévision est invérifiable, même dans trois ans.
Mercredi, on s'inquiétait, en Sarkofrance, de deux accélérations judiciaires. Un ancien conseiller de Nicolas Sarkozy à la mairie de Neuilly-sur-Seine passait en procès pour une affaire de détournement du 1% logement. Sarkozy fait mine d'ignorer, mais il stresse comme un beau diable. Thierry Gaubert est aussi mis en examen depuis septembre dans le Karachigate. Mercredi, Eroc Woerth était mis en examen pour trafic d'influence passif dans cette affaire qui mobilisa les services secrets français inquiets de l'emballement médiatique. Rappelons que le patron de ces derniers, Bernard Squarcini, avait été inculpé pour espionnage de journalistes dans cette même affaire...
Le soir, les photographes ont immortalisé ce moment, François Hollande est allé serrer la main de Nicolas Sarkozy au dîner du CRIF. Le Monarque le tutoya spontanément. Il était extra-ordinairement chaleureux. Tout en proximité. Le lendemain, il profitait d'une distance retrouvée pour traiter Hollande de couard. La distance donne le courage...
Sarkozy nous a aussi promis un livre "intime ". On craint le pire, la confession qui tombe à plat, le surcroît de langue de bois, un nouveau « J'ai compris, je regrette » après le « j'ai changé » de janvier 2007. On imagine que quelques psychologues se régaleront de l'ouvrage.
Jeudi, il était aussi à la centrale de Fessenheim, près de Strasbourg. Il s'y est rendu en avion présidentiel. Cette visite n'avait rien à voir avec son job de président. Il n'y avait aucune urgence qui nécessite le déplacement. Sarkozy n'était là que parce que le candidat Hollande avait promis de fermer l'installation. Donc il voulait s'y montrer, et tacler en public et à distance son principal opposant.
Il voulait fanfaronner devant les employés de la centrale. C'était facile. Comme l'a commenté Corinne Lepage le lendemain, Sarkozy se serait fait applaudir par des ouvriers de l'amiante. La centrale est l'une des plus vieilles de France, moins confinée que les nouveaux modèles, et installée en zone sismique et inondable; Bref, elle a autant de risques d'un accident que Fukushima.
Il a fustigé le manque de courage de François Hollande. C'était facile. Lui-même n'est pas allé à Gandrange expliquer aux ouvriers d'Arcelor-Mittal pourquoi leur usine avait fermé malgré ses promesses. Le Monarque aurait pu se saisir de l'occasion pour s'interroger sur le récent rapport de la Cour des Comptes, du 31 janvier.
Vendredi, on apprenait d'une énième confidence que le Monarque se déclarerait candidat le 16 février. Le journaliste d'iTélé Michael Darmon révélait quelque part vers 18h30 que le Monarque avait choisi « un lieu symbolique pour le peuple français ». Il y aura ensuite une interview télévisée, un déplacement de province (comme chaque semaine) et un meeting (à Marseille, le 19 février). Le même jour, le Monarque recevait des élus locaux pour une « conférence sur les finances locales ». La majorité était à gauche. Le Président était à droite. Mais surtout responsable de 500 milliards d'euros de dette publique supplémentaire en un quinquennat. Le Président du Fouquet's avait pourtant de grandes idées.
Samedi, le Figaro Magazine publiait cette improbable interview. Depuis 3 jours, on en connaissait l'essentiel. Sur le tard, le Monarque découvrait les vertus du référendum ciblé et opportuniste. Il n'en voulait pas sur le nucléaire, mais lui trouvait pourtant une qualité pour « surmonter » les « blocages » de la société française. Il avait choisi deux thèmes de choix: imposer aux chômeurs des formations et des emplois et conditionner le mariage de Français avec des étrangers à des preuves de revenus et d'emploi. Fantastique ! On s'amusa de cette soudaine envie de « démocratie » si bonapartiste. Contre les collectivités locales, il menaçait :« il faudra trouver les moyens pour que les dotations de l'Etat soient modulées en fonction de leur politique de maîtrise des dépenses ».
Depuis des mois, Nicolas Sarkozy construisait son image de Président rassembleur et protecteur à coup d'images d'Epinal. Le succès de la campagne de François Hollande, la résilience de Marine Le Pen, le maintien de Jean-Luc Mélenchon lui ont fait réalisé un peu tard qu'il était en train de passer à côté de la campagne. Cette fois-ci, il choisissait de cliver à droite, voire à l'extrême droite. L'homme se fichait de la cohésion sociale, en ces temps de précarité de masse. Ce samedi, il nous a refait son discours de Grenoble.
Allait-il devoir poser nu pour attirer enfin l'attention sur son triste sort ?
Ami sarkozyste, où es-tu ?
Son grand retour sera dimanche. Point de meeting comme François Hollande, il a réquisitionné - pardon - invité 6 chaînes de télévision dans la salle des fêtes du Palais dimanche soir à 20h15. Il espère s'imposer dans 12 à 15 millions de foyers et faire oublier cette terrible semaine.
Nicolas Sarkozy a été ébranlé, les plus lucides de ses partisans doutent. Et deux tiers des militants UMP ne sont même pas allés voter le projet du parti.
Le « candidat présumé » est-il en passe de rater sa campagne ?
Président figurant.
Cette semaine, l'activité présidentielle de Nicolas Sarkozy fut très modeste. Il a fait de la figuration.
Mardi, il était à Marseille, pour les voeux à la Culture. Il tacla Hollande sans le nommer, comme à son habitude. Mercredi, Angela Merkel fit sensation au forum de Davos, ce rendez-vous des riches en Suisse. La chancelière « triple A » réclama davantage d'union européenne, du vrai fédéralisme. Nicolas Sarkozy ne réagit pas. Il préfère la « convergence entre Etats », mais il ne joue plus dans la même cour.
Jeudi, ces voeux à la Justice n'étaient qu'un exercice d'auto-satisfaction sur l'introduction de jurés citoyens dans deux tribunaux. Le Monarque occulta l'appel des procureurs en décembre dernier à plus d'indépendance, l'engorgement de la justice et les affaires en cours.
Jeudi, il recevait le président de Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara. Il paraît que Carla Bruni avait mis les petits plats dans les grands pour accueillir ses hôtes au Palais. Le Monde fut plus sérieux en s'attardant sur Julien Civange, ce curieux conseiller occulte de l'épouse du chef de l'Etat qui a récupéré quelques centaines de milliers d'euros du Fond Mondial contre le Sida. Ce dernier, justement, a perdu son directeur général, ébranlé par le scandale qu'avait révélé Marianne.
Vendredi, Nicolas Sarkozy recouvrait à nouveau son costume de président. Son collègue afghan Hamid Karzaï eut droit à tous les honneurs. Sarko est un peu un George Bush de remplacement. La dégradation brutale de la situation militaire - avec la mort de 4 nouveaux soldats cette semaine - l'a forcé à accélérer le retrait des troupes françaises avant la fin de 2013. Les troupes françaises quitteront même la région de Kapisa dès le mois de mars.
La surprise Hollande
Dimanche 22 janvier, François Hollande avait réussi son premier meeting de campagne, au Bourget, près de Paris. Nicolas Sarkozy était loin, en Guyane. Il continuait sa tournée des voeux, cette fois-ci pour l'Outre-Mer. A Cayenne, il avait calé une intervention publique au moment même où le candidat socialiste devait s'exprimer. Mais l'attention médiatique était à Paris. Hollande surprit son monde en annonçant de multiples propositions. A l'UMP, on fut secoué. La cellule Riposte avait été prise de court. Les premières réponses, dimanche soir, étaient consternantes, contradictoires ou anachroniques. Certaines avaient été préparées à l'avance.
De ce dimanche, on retint deux images. François Hollande galvanisant les 25.000 participants de son meeting. Nicolas Sarkozy, grimaçant de chaleur sur une pirogue au milieu du fleuve Maroni, avec Claude Guéant et Nathalie Kosciusko-Morizet.
A l'Elysée comme à l'UMP, la semaine fut rude. Sonnée par le succès médiatique du meeting au Bourget de François Hollande, l'équipe présidentielle a tenté de se refaire le moral en distribuant quelque 6 millions de tracts de défense du bilan de son Monarque. Mais le jour même, de fausses confidences du Monarque sabordèrent l'opération de reconquête: Nicolas Sarkozy évoquait la possibilité d'un échec en mai prochain. « En cas d'échec, j'arrête la politique. Oui, c'est une certitude. » Les propos avaient été recueillis le samedi précédent, lors d'une soirée « off » avec les rares journalistes qui l'accompagnaient en Guyane. Le journal le Monde, qui venait de briser ce faux tabou du « off », se rattrapa trois jours plus tard. Vendredi, on apprenait que Nicolas Sarkozy regrettait beaucoup de choses de ce mandat qu'il espère prolongeable. Sans surprise, il regrette ... ce que les Français n'aiment pas, ce qui a choqué dans son comportement. Le courage version Sarkozy consiste à nous ré-itérer le traditionnel « j'ai changé » tous les 5 ans...
A l'UMP, on misait ensuite beaucoup sur la présentation détaillée et chiffrée du programme du candidat Hollande jeudi matin. La cellule Riposte animée par Brice Hortefeux avait même publié son « programme caché », un tissu de mensonges grossiers qui scandalisa quelques journalistes. Mais la riposte sarkozyenne fut là encore ratée. Les sbires du Monarque avaient grillé leurs cartouches. A force de crier au scandale, d'attaquer sans connaître, de fustiger sans savoir, comment pouvaient -ils être encore crédibles ou audibles ?
Le soir, Nicolas Sarkozy avait envoyé Alain Juppé guerroyer contre le candidat socialiste sur le plateau de l'émission « Des paroles et des actes », sur France 2. François Hollande moqua l'absence de Sarkozy, un candidat absent qu'il ne nomme donc plus. Et Juppé, « Le meilleur d'entre nous » comme disait Jacques Chirac, s'est fait croquer tout cru. Il termina ses 40 minutes de confrontation télévisuelle agacé, cassant et fracassé.
Valérie Pécresse dénonça la fin du modèle social français car le candidat voulait augmenter les impôts des plus riches. Bruno Le Maire dénonça la suffisance, Juppé l'arrogance. Laurent Wauquiez était occupé à sauver l'usine Lejaby de sa circonscription, qui avait fermé voici 10 jours. « Wauquiez ? On ne l'avait jamais vu ici ! » s'interrogèrent les ouvrières.
Candidat tricheur.
Dimanche, Nicolas Sarkozy a convoqué 6 chaînes de télévision (TF1, France 2, iTélé, BFM-TV, LCP) pour simultanément l'interroger sur les « mesures structurelles et fortes », le plan « sans précédent » qu'il nous promet depuis son second discours de Toulon le 1er décembre dernier. Henri Guaino, son conseiller spécial, a prévenu: « c'est le Président, pas le candidat, qui s'exprime ». Ben voyons... Même le CSA n'est plus dupe. L'autorité a précisé que le temps de parole de Sarkozy serait décompté quand il interviendra en tant que « candidat présumé ». Ses conseillers ont bien précisé qu'il n'annoncerait pas sa candidature, ce serait faire preuve d'inquiétude et déstabilisant le « socle électoral ».
Les mesures ont été préparées avec ses deux experts ès opinion, l'ex-directeur de Minute Patrick Buisson et l'ex-sondeur Pierre Giacometti. Ce sera « le grand soir », promet Charles Jaigu, l'accrédité du Figaro à l'Elysée. « c'est la première fois qu'un chef de l'État pousse les feux de la réforme jusqu'à l'extrême fin de son mandat. » C'est surtout la première fois qu'un un chef de l'État tente de rattraper cinq ans d'agitation inefficace dans les cinq semaines de fin de mandat. On nous promet une hausse de deux points de la TVA pour alléger de quelques centimes les cotisations patronales et la fin de la durée hebdomadaire de travail (et donc des heures supplémentaires ).
A l'UMP, les deux tiers des militants ne se sont pas déplacés pour voter le projet présidentiel. Le conseil politique s'est quand même réuni samedi pour faire croire à la mobilisation.
Ce dimanche, Nicolas Sarkozy joue gros. L'avenir de sa campagne et son propre destin.
Ami sarkozyste, ne pars pas !
Qui se réjouit de la perte du Triple A ? Les mines restent sombres, à droite comme à gauche, devant l'état du pays.
On ne se réjouit pas de la perte du Triple A. Mais on s'est réjouit que Sarkozy ait perdu le sien. Le Monarque, dit-on, en est devenu fébrile. Samedi puis dimanche dernier, il a laissé ses proches réagir.
Courage... fuyons !
Lundi, il était à Madrid, pour recevoir une fameuse décoration des mains du Roi d'Espagne, la Toison d'Or. Cet autre monarque voulait ainsi le remercier de l'action conjointe contre l'ETA. Quelques minutes après, Sarkozy a quand même lâché ses nerfs contre un journaliste de Reuters qui osait lui demander une réaction sur la perte du Triple A: « pouvez-vous me poser une autre question avec les dernières informations ? » s'est-il énervé. Il pensait à Moody's, agence concurrente de la méchante Standard and Poor's. Elle avait décidé... de ne rien décider. Pour Sarkozy, c'était la preuve que la France n'était pas si dégradée. Et il était profondément agacé que personne ne relève l'évènement qui n'en était pas un: Moody's a confirmé plus tard qu'elle attendait encore un peu pour décider si elle dégraderait à son tour la note française.
Le lendemain matin, il a confié sa rage contre François Hollande , en coulisses bien sûr, à quelques ténors de son clan à l'Elysée: « Il est impossible qu'un homme qui se réjouit de la situation actuelle puisse susciter la confiance ! On l'a vu s'exprimer les yeux brillants de gourmandise ! »
Mardi, c'était au tour des agriculteurs et du monde rural de recevoir leurs voeux présidentiels. Sarkozy s'était déplacé à Pamiers, en Ariège. Officiellement, une populace en joie acclama le bon Monarque. En réalité, la police dut charger, bombes lacrymogènes à l'appui, contre 500 à 800 manifestants récalcitrants à quelques centaines de mètres du meeting. Le village avait été bouclé. Devant son assistance silencieuse et choisie, Nicolas Sarkozy eut d'inévitables mots durs contre l'écologie. Le Grenelle de l'environnement est bien loin. Il a suffit d'une mauvaise cote sondagière parmi les agriculteurs, traditionnellement à droite, et d'une catastrophe à Fukushima, pour que Nicolas Sarkozy envoie bouler ses promesses de développement durable. A Pamiers, le Monarque fustigea donc « l'aspect tatillon de certains règlements administratifs », prenant l'exemple « des règles environnementales, la question de l'eau, la protection de l'eau».
A Paris, son ministre de l'intérieur livrait le dernier bilan de la lutte contre la délinquance du Monarque. Il osa se féliciter d'une baisse de 0,34% du nombre d'actes de délinquance en 2011, soit 12.000 délits. Or l'Observatoire responsable de ces statistiques expliquait très clairement qu'il était incapable de « commenter » quelques 350.000 infractions financières car leurs règles d'enregistrement n'étaient pas fiables... Guéant cherchait des excuses. Pour les cambriolages, dont le nombre explose, ce serait la faute à des « équipes de malfaiteurs venus de l'étranger, notamment d'Europe Centrale et Orientale. ».
Pour justifier la nouvelle hausse des violences aux personnes, le ministre se réfugia derrière une fumeuse statistique par ailleurs non publiée, sur les « violences commises à l'intérieur du cercle familial » qui seraient désormais mieux comptabilisées. Depuis 2002, le nombre des violences contre les personnes a augmenté de 381.000 atteintes à 468.000 en 2011 !
Mercredi, Nicolas Sarkozy tenait son grand sommet social, annoncé lors de son second et raté discours de Toulon, le 1er décembre dernier. On attendait de grandes choses, des « mesures fortes et rapides » puisque « la crise n'attend pas ». Mais Sarkozy ne lâcha que des mesurettes d'intendance, qualifiées de « plan sans précédent » : 150 millions pour renforcer la formation des chômeurs, 100 millions pour l'extension des exonérations de charges pour l'embauche des jeunes dans les TPE, 40 millions pour recruter 1000 CDD à pôle emploi, etc. Au final, quelques 430 millions d'euros ont été débloqués « en urgence » qui seront pris sur d'autres budgets (sans qu'on sache lesquels).
Et les grandes décisions pré-vendues depuis des semaines ? Et bien, Sarkozy se contenta d'une liste à la Prévert de ce sur quoi il allait réfléchir d'ici la fin du mois: une réforme évidemment « radicale » de la formation professionnelle (confiée au sénateur Gérard Larcher, missionné pour étudier la chose), le financement de la protection sociale, la création d'une banque de l'industrie, des « mesures extrêmement puissantes » sur le logement, et le fameux projet de taxe sur les transactions financières. Au passage, il en oublia même de mentionner les fameux accord compétitivité/emploi... Même le relèvement de la TVA ne fut pas évoqué.
Etait-il fébrile ou inquiet ?
Ce sommet n'avait servi à rien. Même le Medef était déçu. Sarko-le-courageux s'était couché, effrayé par les polémiques. Au passage, il flingua d'une formule le bilan de sa ministre de l'Apprentissage: « Les chiffres ne sont pas bons. » Nadine Morano, habituellement si prompt à dégainer sa rage ou son enthousiasme sur Twitter, resta numériquement bien silencieuse.
Un peu plus tard, le conseiller Henri Guaino expliqua: «Sarkozy n'a jamais baissé les bras contre le chômage». S'il n'a jamais baissé les bras, il faut croire qu'il fut sacrément incompétent. Un million de chômeurs plus tard, le Monarque voulait nous faire croire qu'il avait de nouvelles idées. Une video buzza plus de 250.000 fois sur le Net : on y voyait le candidat Sarkozy de 2007 s'exclamer à la télévision qu'il faudrait le sanctionner si le chômage atteignait les 10% de la population active en 2012. Ce taux sera atteint le mois prochain. L'UNEDIC s'inquiète publiquement de son déficit, qui devrait se dégrader de 4 milliards d'euros en 2012. Standard and Poor's vient justement de lui retirer son Triple A. Jeudi, l'organisme d'indemnisation chômage a dégradé ses prévisions de chômage. Il anticipe quelque 3 millions de chômeurs sans aucune activité (la fameuse catégorie A).
Une véritable catastrophe.
Le jour-même, ce micro-sommet sarkozyen était entaché d'une autre polémique, plus grave: les bonnes feuilles d'un ouvrage d'enquête sur Bernard Squarcini, le directeur de la DCRI, étaient publiées par le Point. Trois journalistes accusaient le « Squale », témoignages à l'appui, d'avoir installé un espionnage politique, pour l'essentiel au bénéfice de Nicolas Sarkozy. L'homme a porté plainte pour diffamation. Une polémique n'arrive jamais seule en Sarkofrance: Philippe Courroye, ce procureur si proche et décoré d'une Légion d'honneur par Nicolas Sarkozy a été mis en examen par la juge Sylvie Zimmermann, cette semaine. Le numéro 2 de l'IGS avait révélé comment ce procureur avait commandité l'espionnage méthodique de deux journalistes du Monde en 2010. Sans rire ni gêne, Courroye expliqua que son inculpation représentait un danger pour la justice... Il a déposé une requête en annulation.
Jeudi, Sarkozy est allé à Lyon, délivrer ses voeux aux forces économiques. N'y voyez bien sûr aucune démarche politique. A chacun de ces déplacements, Nicolas Sarkozy enfile son habit de candidat, et prend un malin plaisir à critiquer l'opposition. Ses communicants ont choisi l'agence Web qui s'occupera de la campagne sur internet. Le slogan un moment choisi a été rapidement recalé. Il était déjà pris. Mais le candidat veut rester optimiste, persuadé que « tout ce que disent les socialistes est pulvérisé par la situation actuelle ! » Qu'importent les sondages, inquiétants, qui montre que sa cote déjà basse s'affaisse toujours au profit de Marine Le Pen.
A Lyon, Sarkozy ressassa de vieux arguments. On a cru qu'il avait perdu les pédales. Il s'agaça encore publiquement mais toujours sans le nommer, de la réaction de François Hollande sur la perte du Triple A. Lui, l'homme de Gandrange, fustigea les renoncements de Lionel Jospin face à la fermeture de l'usine Renault à Vilvoorde en 2001. A quelques dizaines des kilomètres de là, la dernière usine du fabricant Lejaby, vendu à un fond de pension italien, fermait ses portes. François Fillon osa louer l'action de son gouvernement contre la fermeture des usines.
Ces gens-là osent tout, c'est même à cela qu'on les reconnaît.
Vendredi, on apprenait la mort de 4 de nos soldats en Afghanistan. Le bourbier devient français. Nicolas Sarkozy a laissé entendre qu'il pourrait anticiper le retrait des troupes françaises. Contraint et forcé. C'est lui qui a décidé de renforcer le contingent français depuis 2007, une erreur historique payée au prix de la vie d'une soixantaine de soldats.
Samedi, le Monarque s'est envolé pour la Guyane, en campagne dans son Airbus présidentiel.
On s'est rappelé que cet Airbus avait coûté deux fois que l'effort « sans précédent » décidé mercredi pour la formation des chômeurs de longue durée.
Ami sarkozyste, où es-tu ?
Mes Coulisses
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Pour en finir avec Florence D.
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Jean-Michel, tais-toi parfois.
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