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rue89 joue la publicité... comme les gros (2)Anna Borrel | Vendredi 14 Décembre 2007 à 00:06 | Lu 13906 fois
Quel modèle économique pour les nouveaux sites d'information en ligne ? Quand certains cherchent des abonnés, d'autres continuent à croire au tout gratuit. Mais à quel prix ?
La rédaction de Rue89 à ses débuts
Suite du premier volet de La bataille de l'info...
« Rue89 est une rue ouverte, pas une voie privée où seuls ceux qui payent peuvent rentrer », défend Pascal Richer, co-fondateur de ce site d'information « participatif », dont une partie des articles est fournie par les internautes. Son idée : historiquement et quasiment génétiquement, Internet serait programmé pour la gratuité. A l'exact opposé du business model plenelien de Mediapart, le site fondé par les anciens de Libé relève le défi. Les exemples américains semblent leur donner raison : à la rentrée 2007, les sites du New York Times et du Wall street journal sont passés au gratuit après avoir été longtemps payants, et ont augmenté leurs bénéfices. Apportant de l'eau à leur moulin, Agoravox, site purement participatif et gratuit (mais sans rédaction) vient justement d'annoncer qu'il était parvenu à l'équilibre. Pour faire vivre ses quatre fondateurs, en plus des six salariés et des pigistes, rue89 mise donc exclusivement sur la publicité. MK2 s'occupe de la régie, les tarifs sont négociés au Coût pour mille visites sur chaque page (CPM) : « On n'accepte aucune campagne de pub à moins de 5 euros le CPM, poursuit Pascal Richer, et on devrait être à l'équilibre lorsqu'on aura atteint le million de visiteurs uniques par mois. » En novembre, le site revendique quelque 450 000 visiteurs, ses créateurs se sont donnés pour date butoir décembre 2008. Et d'ici-là , ils espèrent se développer bien au-delà du site d'information. Laurent Mauriac, autre fondateur, envisage de même de créer une filiale productrice de sites Internet. Mais rien n'est joué, car après une première levée de fonds des fondateurs de 100 000 euros, suivie d'un apport de 280 000 euros d'une trentaine de particuliers « bienfaiteurs », il faut maintenant deux millions d'euros à rue89 pour poursuivre son ambitieuse croissance. « On espère les trouver avant le printemps », promet Laurent Mauriac… Marchera, marchera pas ? En attendant, tous les journalistes revoient à la baisse leurs exigences salariales et les fondateurs ne se payent pas. L'espoir sur fond de crise Difficile d'y voir clair aujourd'hui côté modèle économique des sites d'information sur le Web, l'aventure ne fait que commencer. Alors, payant ou gratuit ? « Certains misent sur l'adhésion morale à un projet, à une communauté, décrypte Emmanuel Parody, éditeur chez CNET Networks, qui regroupe cinq titres de presse en ligne, et auteur du blog ecosphère. Ceux qui s'engagent dans le «payant» ne vont, en réalité, pas tant vendre des articles qu'une marque, une identité dans laquelle se reconnaîtront leurs abonnés. Mais le financement par la publicité a également son utilité et sa rentabilité. » Tel Salomon, le spécialiste prône un mixte des deux, et met en avant les faiblesses de chacun. Faiblesse du marché publicitaire français notamment : le CPM y est 6 à 7 fois inférieur au prix de la publicité dans les pays anglo-saxons. Le marché français est également plus petit. Mais alors que la presse papier connaît une crise sans précédent, l'espoir est là : « Aujourd'hui, vous passez une à deux fois par jour devant un kiosque. Vous avec quelques secondes pour décider si vous allez acheter, ou pas, un journal. Alors qu'à leur travail, soit au moins huit heures pas jour, la plupart des gens sont devant un ordinateur et donc à un clic de n'importe quel site d'information. Faites le calcul… » A chacun son équation. On se comptera dans un an ! Dans la même rubrique :
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