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La chronique de Nicolas Domenach sur I-Télé
Par Nicolas Domenach, directeur adjoint de la rédaction de Marianne
Une déclaration est toujours un événement même si elle est attendue. Comme pour un mariage, c’est l’engagement d’une vie qui se joue et c’est bien ce qu’a dit Sarkozy, et en ce sens il l’a bien dit, mais d’une drôle de façon, enfin « drôle… » comme s’il était impressionné par le rôle qu’il allait endosser, comme si l’acte lourd, grave l’impressionnait encore. Il n’a pas répondu directement ainsi que l’avait fait François Mitterrand en 1988 qui à la question « êtes-vous candidat à l’élection présidentielle ? » avait simplement lâché un « oui » direct et ému. Là Nicolas Sarkozy s’est cru obligé d’ajouter « ma réponse est oui… ». « Ma réponse… » Il se regarde marcher vers son destin. Encore une minute monsieur le bourreau…
Sarkozy joue effectivement sa vie et il en a conscience. J’imagine ensuite que vous n’avez pas été surpris par le fait que le candidat à la candidature, mais qui s’adressait à tous les Français, veuille donc que ceux-ci soient plus heureux, plus riches, mieux éduqués que notre démocratie soit plus démocratique et que la France soit plus France, tout cela montre qu’il a plutôt bon fond. Et il ne vous aura pas échappé non plus que ce postulant à la magistrature suprême a singulièrement recentré son propos. Il parle de la droite encore un peu, mais beaucoup du centre, alors qu’avant c’était sa fierté, c’était son credo qu’il égrenait en permanence, psalmodiant sur tous les tons « je suis de droite, je suis de droite », tandis que maintenant il commence par privilégier « les Français les plus fragiles ». Il n’oppose plus les travailleurs aux feignants, les vieux aux jeunes, les policiers aux magistrats.
Le candidat Sarkozy est devenu rassembleur. Il a pris en compte le danger que représente Ségolène Royal ainsi que les mises en garde de Chirac. Il donne des gages d’ailleurs, c’est une autre surprise, à un Président de la République qu’il ne compare plus à Louis XVI et dont il ne dit plus pis que pendre. Certes Sarkozy réclame une « Présidence responsable », ce qui sous-entend que l’actuel Président est irresponsable, mais en même temps, il se dit « fidèle à son histoire et fier de son bilan », qu’il va donc porter, assumer pendant la campagne. Et ce sera lourd. Mais voilà, Sarkozy a fini par entendre et Chirac et une partie des conseillers chiraquiens ainsi que Cécilia Sarkozy et quelques autres proches qui plaidaient pour « un inéluctable rapprochement ».
Il faudra que le ministre de l’Intérieur fasse encore bien du chemin, qu’il courbe davantage la nuque qu’il a raide, et qu’il avance des propositions sociales plus nettes, elles sont prêtes, dit-on. Nous sommes donc très loin encore d’une alliance en bonne et due forme, mais sa « rupture tranquille » signe cette volonté selon certains proches du chef de l’Etat. Le problème c’est que la « rupture » du coup est devenue un concept creux et qu’elle ne s’applique plus que dans le style. Car il refuse d’être qualifié de libéral, d’atlantiste et de communautariste.
Le candidat Sarkozy ne serait donc qu’un pragmatique volontariste mouvementiste français, ce qui reste pour le moins vague. Comme il n’aime pas le vague, ça lui donne le mal de mer, il va annoncer dans les semaines à venir des directives et des propositions à la faveur d’un débat qui aurait l’air d’être un débat. Car c’est une des autres surprises induites par sa déclaration de candidature. Puisqu’il veut s’ouvrir, le présidentiable de l’UMP va faire comme au PS, une primaire, ou tout au moins quelque chose qui en a l’apparence. Il a convaincu Michèle Alliot-Marie, affirment certains de ses proches, de se prêter au jeu. A la vérité, elle n’aurait pas le choix, car si le ministre de la Défense ne se compte pas, elle disparaît. Les sarkozystes assurent que MAM pourrait faire 30% des voix en fédérant toutes les oppositions. On peut imaginer qu’ils ont les moyens de lui garantir ce score qui éviterait à Sarkozy un peu démocratique plébiscite. Ce spectacle d’un affrontement courtois homme-femme permettrait peut-être de dissiper le sortilège Ségolène Royal. Car les médias veulent du neuf. Il suffit d’une bonne mise en scène qui pourrait occuper tout le début décembre. Mais en même temps gare aux scénarios qui dérapent. MAM n’est jamais partie à la bataille pour perdre et enfin dans cette histoire c’est encore une fois la femme qui devrait être battue. Même avec des fleurs, ce n’est pas bien vu !
Nicolas Domenach
Rédigé par Nicolas Domenach le Jeudi 30 Novembre 2006 à 11:54
Mercredi 29 Novembre 2006
La chronique de Nicolas Domenach sur I-Télé
Par Nicolas Domenach, directeur adjoint de la rédaction de Marianne
Vladimir Poutine ne sera donc pas présent à Riga pour célébrer l’anniversaire de Jacques Chirac. Sa venue inopinée aurait rendu jaloux les autres chefs d’état qui ont fait le déplacement pour le sommet de l’Otan. Et puis, par ces temps d’empoisonnement, il eut sans doute fallu surveiller d’un peu trop près les aliments ! Mais il n’empêche, c’est bien au milieu des Grands que le Président va fêter ses 74 ans. Chirac est coutumier du fait ou plutôt de la fête qu’il préfère passer comme un mauvais moment hors de chez lui, ou plutôt vraiment chez lui. Parce qu’à l’étranger, il est presque mieux qu’à la maison.
Vous savez que sa passion de toujours c’est le monde et qu’une fois élu il n’a eu de cesse de déployer ses ailes et de filer plein vent au-delà des frontières. Les Français le réclamaient sur le sol national à grands cris mais l’appel du grand large a toujours été le plus fort. Fuir là-bas, fuir comme s’il en avait plus qu’assez de tâter le cul des vaches et des électeurs, ce n’est pas le jour de son anniversaire qu’il tolère de « faire péter l’andromètre » comme il dit. Ca lui évite de rentrer à la « casa », enfin à l’Elysée, avec Bernadette qui aime organiser des anniversaires surprises avec tous les anciens amis de sa vie. Vous imaginez si elle avait invité pour les retrouvailles sur le tard tous ceux qu’il a aimés autrefois, par exemple, Balladur, Giscard, Séguin, Léotard, Pons et même Sarkozy, ou encore Jacques Chaban Delmas ou Léonid Brejnev ou Rafic Hariri. Ah non, ceux-là, ils sont morts !
C’est bien le problème, à cet âge quand on réunit les amis, on compte surtout les absents, et on se regarde en se demandant quel sera le prochain qu’il faudra convoyer au cimetière… Chirac qui est un bon vivant déteste ces rassemblements d’anciens combattants autant que la corvée des cadeaux. Et chaque année, il n’y coupe pas.
Il y a bien sûr les petits malins comme nous qui lui offriraient volontiers, pour ce qui me concerne des charentaises du Poitou-Charentes et la collection de « Lui » pour qu’il puisse la feuilleter tranquillement au lieu de faire semblant de lire de la poésie dedans. Je sais qu’à I>télé Nathalie Ianetta aimerait lui faire parvenir un album Panini des députés qui soutiennent Sarkozy, Laurent Kouchner une photo de Poutine, Laurent Bazin encore le poster dédicacé de Ursula Andress sortant de l’eau dans Dr No ou encore un sablier pour qu’il puisse remonter le temps. Certains sarkozystes anonymes voulaient lui offrir un stylo et un cahier pour écrire ses mémoires ou lui envoyer un abonnement gratuit pour Disneyland car, autrefois, Chirac était revenu enchanté d’une visite à Disneyland : il avait serré la main de Mickey. Enfin, officiellement consigne a été donnée par Sarkozy de ne pas troubler ce jour anniversaire. Le 29 novembre est sanctuarisé. Maintenant, aussi longtemps que le ministre de l’Intérieur ne proposera pas de transformer le 29 novembre en jour férié, je crois que Chirac n’aura pas confiance.
En attendant, le chef de l’Etat devra subir les présents de ses homologues. Vous savez par exemple qu’Arafat de son vivant lui avait offert douze années de suite le même tableau en marqueterie de nacre représentant la nativité. Et je ne vous parle pas de toutes les « japoniaiseries » que le Président a accumulées, estampes, assiettes anciennes, instruments de musique, etc. Car l’on sait sa passion pour l’Asie comme pour les Arts premiers et cette année dans le bureau du secrétaire général de l’Elysée, Chirac ne devrait pas une fois de plus y couper, ainsi qu’aux commentaires de circonstance « Ah, vous avez l’air en pleine forme ». Car comme pour ces voyages à l’étranger ou son hyperactivité, il s’agit de prouver que Chirac n’a pas l’âge de son âge, qu’il est pleinement aux affaires, qu’il n’abandonnera pas une miette de son pouvoir et que son règne aura été bon pour la France. D’ailleurs, ses collaborateurs travaillent d’arrache main à le présenter comme tel et c’est le plus beau cadeau que ceux-là puissent offrir à leur chef. En même temps qu’ils écrivent les prochains vœux, ils dessinent pour l’Histoire le portrait d’un Président de Paix et de bonne volonté compassionnelle. On laissera les zones d’ombres très nombreuses en ce jour anniversaire puisqu’il nous reste 364 jours pour « corriger » l’image sainte et on se permettra ce présent très personnel qui a fait rêver tous les présidents et explique peut-être pourquoi tant d’adolescents veulent devenir chef de l’Etat : c’est Marilyn Monroe chantant « Happy Birthday Mister President » pour John Kennedy ! Mon Dieu…
Nicolas Domenach
Rédigé par Nicolas Domenach le Mercredi 29 Novembre 2006 à 14:21
Mercredi 29 Novembre 2006
100% brut, par Philippe Cohen et Alain Léauthier
Le blug de Philippe Cohen et Alain Léauthier
Euro fort, campagne faible
Ce devrait être l’une des questions clefs de la campagne : la croissance européenne n’est-elle pas plombée par l’euro fort, dont la surévaluation est au moins de 30%, voir bien davantage si l’on compare l’euro à la monnaie chinoise, elle-même sous-évaluée de 30% au moins face au dollar ? Quel bilan de l’euro depuis sa création en 2001 ? Pourquoi la croissance a-t-elle été plus faible dans les pays de l’euro que dans les pays européens restés en dehors de la monnaie unique ?
Alors que même les ténors du Medef manifestent leur inquiétude, aucun « grand » candidat ne s’empare de ce thème. Normal, les uns et les autres considèrent que ce n’est plus du ressort de la France, et donc qu’il s‘agit simplement de s’adapter à cette contrainte « librement choisie ». Au mieux ils rédigeront le énième communiqué en faveur d’un « gouvernement économique », concept stupide d’ailleurs, puisqu’il s’agit bien de politique.
Quant aux euro-orthodoxes, leur contre-argument le plus entendu est le suivant : la force de l’euro n’est pas un problème puisque l’Allemagne continue de réaliser de bonnes performances à l’export. Ce qui ne résiste pas à l’analyse : exportateur de biens d’équipements, l’Allemagne est quasiment en position de monopole vis à vis des puissances émergentes pour lesquelles l’investissement en biens de production est vital.
Temple solaire communiste
A la fin d’une émission sur France Inter, un dirigeant communiste m’a fait part de sa consternation de voir le PCF s’obstiner à tenter d’imposer Marie-Georges Buffet au mouvement anti-libéral. « Une véritable nécrose, provoquée par ceux qui veulent absolument sauver leur fauteuil de maire. » Un vrai suicide car si le PCF recueille, comme c’est prévisible s’il y a multiplicité des candidatures, moins de 4% des voix, les socialistes seront en très bonne position pour leur imposer un véritable diktat électoral aux législatives et aux municipales. Alors que dans le cas inverse, si le PCF pouvait se prévaloir d’une position de force dans un bloc anti-libéral à 15%, il est probable qu’il obtiendrait bien davantage du PS. Une arithmétique électorale évidente, mais que les dirigeants communistes ignorent, eux qui viennent d’approuver la candidature de Marie-Georges à la quasi-unanimité, négligeant la grogne qui monte dans les comités anti-libéraux … et dans les rangs mêmes du Parti.
Et que dire de l’incroyable sectarisme d’Olivier Besancenot ! Le choix de Ségolène Royal par le PS offre un véritable boulevard à la gauche de la gauche si elle savait s’unir. Mais Olivier Besancenot et la LCR préfèrent s’offrir ce qu’ils appellent déjà « une revanche historique sur les staliniens du PCF » que de construire avec lui un rapport de force avantageux avec la gauche dite « réformiste ». Là encore, leur pauvre argument – le PCF refuse de s’engager à ne pas participer au gouvernement – ne trompera personne, au moins dans la mouvance militante. Rien n’empêcherait un accord laissant chacun des partenaires libres de s’engager ou pas dans un gouvernement de gauche. Mais en menant une stupide gué-guerre contre Buffet, Besancenot est persuadé que sa gueule d’amour lui permettra de devancer Mamie Buffet. De la Haute politique en somme ! Bové en raserait sa moustache, tandis que Trotsky, lui, doit faire la rotative dans sa tombe mexicaine….
Et si Sarko attendait 2012 ?
Cette semaine, chacun retient son souffle dans les rédactions : Nicolas Sarkozy va-t-il être candidat ? Où et quand va-t-il se déclarer ? Pour faire patienter leurs lecteurs, qui doivent se ronger les sangs du fait de cet intolérable suspens, Le Monde et Le Figaro nous repassent en boucle les images sepia des grandes candidatures de la Vè République ! Voilà comment des arbres meurent pour rien ! La vraie raison de ces palinodies ? Les membres du cercle rapproché de Nicolas 1er se sont épanchés sur la vraie difficulté à créer du suspens ou de la surprise là où,manifestement, il n’y en aura pas. La seule possibilité de surprendre, pour Nicolas Sarkozy serait de renoncer à sa candidature et de proclamer que la France a cessé de le mériter. Ça aurait vraiment de la gueule ! Mais ça n’arrivera que quand il aura mordu la poussière ! C’est tout le problème d’un candidat « tout com » comme Sarko : comme il a tout dit, tout fait, et son contraire depuis quatre ans, sa seule façon de surprendre serait maintenant de se prendre les pieds dans son propre tapis. Et là, croyez-moi, on sera bon public !
Philippe Cohen
Rédigé par Philippe Cohen le Mercredi 29 Novembre 2006 à 11:07
La chronique de Nicolas Domenach sur I-Télé
Par Nicolas Domenach, directeur adjoint de la rédaction de Marianne
Enfin un nouveau projet de loi sur la parité devrait être adopté en urgence par le Conseil des ministres aujourd’hui. Il aura fallu que Catherine Vautrin la ministre de la parité et surtout quelques élues UMP, telle Marie-Jo Zimmermann se livrent à un lobbying d’enfer auprès de l’Elysée et de Matignon pour obtenir cette nouvelle avancée, très limitée mais réelle, puisqu’il s’agit essentiellement d’étendre la parité aux conseils exécutifs municipaux et régionaux et d’augmenter les pénalités infligées aux partis qui ne respectent pas la loi. Inutile de dire que l’UMP a longtemps bloqué, d’abord parce que ce parti est le moins paritaire et donc le plus sanctionné : il paie en effet trois fois plus que le PS, soit chaque année une amende colossale de plus de 4 millions d’euros. Et il versera à l’Etat des sommes très importantes lors de la prochaine législature puisque les dirigeants du parti sarkozyste ont annoncé avec tambours et trompettes qu’ils présenteraient 30 % de femmes à l’Assemblée ce qu’ils ont considéré comme un énorme effort alors que le PS, lui, en a investi 50 %. Et, faut-il le préciser, les femmes ont été parachutées dans les circonscriptions les plus improbables.
Alors vous imaginez mieux le « mal », c’est le cas de le dire, qu’a eu Marie-Jo Zimmermann, la présidente de la délégation aux Droits des femmes à vendre sa loi, ce qu’elle n’a obtenu de Chirac et de Villepin et finalement de Sarkozy qu’en agitant comme une massue la menace de rendre publiques les réticences machistes auxquelles elle se heurtait. Face à Ségolène Royal et sa révolution féministe, la droite eut été ridicule. Je crains bien qu’elle ne le soit quand même beaucoup et plus encore que ces dirigeants de gauche qui ont tellement contribué au succès de la Présidente du Poitou Charente en la présentant comme une perruche jacassante, une poulette caquettante. Bref, une femme inconstante et incompétente. Pour l’instant, les dirigeants de droite ont reçu pour consigne de ne pas rééditer la même erreur machiste et de s’adresser à elle avec respect. Mais comment voudriez-vous qu’ils se retiennent. Dans ce parti bonapartiste, tout entier fondé sur le culte du chef, du mâle dominant, les femmes ont toujours été exclues sauf pour le repos du guerrier. La politique pour ces Messieurs n’est pas un dîner de gala ni un thé à 5 heures mais la poursuite de la guerre par d’autres moyens. Violents. Virils. Ce n’est pas un jeu de dames trop habitées de sentiments ou de religion. Entre hommes on se combat, on s’affronte, on se réconcilie, on boit, on mange gras comme on plaisante. C’est l’atmosphère dite virile où les femmes ne sont que tolérées pour l’ornement ou comme concession forcée à l’air du temps.
Souvenez-vous, il n’y a pas si longtemps encore de ces toasts que Chirac président du RPR portait lors des banquets de son groupe parlementaire : « A nos femmes, à nos chevaux et à ceux qui les montent… » Ça faisait partie des gauloiseries des chiraco-gaullistes qui évoquaient encore volontiers le doit de cuissage ou la promotion canapé quand la société en était aux revendications d’égalité politique et sociale. Mais pour avoir accordé le droit de vote aux femmes en 1945, les descendants du gaullisme se croyaient dispensés d’évoluer. Et par la suite, sous la pression du monde extérieur, les femmes ont toujours été les dernières embauchées et les premières virées. Souvenez-vous aussi des « jupettes », ces ministres de sexe féminin, qui ont volé hors du gouvernement aux premiers vents de contrariété, alors qu’elles n’avaient pas plus que les hommes démérité !
Certes grâce à la loi sur la parité votée par les socialistes - et combattue par une partie de la droite - de nombreuses élues de sexe féminin ont conquis des sièges mais elles ne sont encore que secondaires dans les partis et se montrent parfois pour faire leur place plus dures et viriles que ces messieurs. Il y a les machos mais il y a les « machas » qui en attaquant Ségolène Royal peuvent faire encore plus de dégâts que les pistoléros classiques, tant elles apparaissent agressives, hargneuses même, et jalouses. C’est du moins ce qui inquiète les stratèges sarkozystes qui n’ont pas trouvé la parade pour l’instant à cette question : « comment affronter une femme si féminine quand on est comme Sarkozy un Homme de chez homme qui a toujours adoré se battre « entre hommes » » ? Avec ce principe de base du combat de rue politique « pour un œil les deux yeux, pour une dent toute la gueule ». Et là, il va lui falloir parler comme on honore le dire avec des fleurs, « éveiller, ainsi le dit un conseiller, la part féminine qui dort très profondément en lui ». Il va y avoir du boulot. Mais s’il fait comme Thierry Breton qui stigmatisait « Monsieur Hollande et sa femme », niant ainsi l’existence de Ségolène Royal, ce sera perdu. De même si Sarkozy lui-même persiste à parler du « vide sidéral » de son adversaire et « de son grand méchant flou », s’il se moque de sa volonté d’aller au peuple pour discuter des problèmes des Français alors que lui se consacrera, dit-il en se dressant sur ses pieds aux problèmes internationaux, alors il est aussi mal parti que l’étaient DSK et Fabius car on ne s’oppose pas à une révolution féministe en tapant avec ses petits poings et en criant « yaouh je suis Tarzan ! Tu es Ségolène ».
Nicolas Domenach
Rédigé par Nicolas Domenach le Mardi 28 Novembre 2006 à 11:31
La chronique de Nicolas Domenach sur I-Télé
Par Nicolas Domenach, directeur adjoint de la rédaction de Marianne
Voici la semaine de tous les suspens. Où ? Quand ? Comment ? Nicolas Sarkozy et François Bayrou vont-ils se déclarer candidats à l’élection présidentielle. On pourrait sourire en faisant remarquer qu’il faudrait être sourd et aveugle pour ne pas savoir que ces deux hommes sont depuis des années, et même depuis toujours en piste pour l’élection présidentielle. Nicolas Sarkozy a fait savoir qu’il pensait à la magistrature suprême chaque matin en se rasant ce qui prouve qu’il a du poil au menton, manifestation pileuse d’une virilité qui lui permettrait de postuler à la plus haute magistrature. Quant à François Bayrou, ce démocrate chrétien n’est descendu de ses Pyrénées que pour escalader cette montagne sacrée du pouvoir suprême, fustigé par la droite, lapidé le lazzis par la gauche mais bien décidé à triompher de son chemin de croix. Pour autant, cette étape déclarative de candidature est indispensable et particulièrement délicate puisqu’elle tient tout à la fois de la déclaration de guerre, d’impôt et d’amour surtout. Il s’agit de faire sa demande dans des formes qui ne vous fassent pas rejeter.
C’est comme pour un mariage. Si le soupirant se rend chez le beau-père en débraillé avec des fleurs fanées ou s’il fait sa demande par video conférence de son bureau, ou pire encore par fax, alors là c’est planté. Pourtant, tout ça s’est déjà produit. Rappelez-vous Giscard en 1981 et Balladur en 1995, ces maladroits malotrus qui n’ont pas fait l’effort de sortir de leurs palais pour se présenter humblement devant le peuple et exprimer leur souhait d’être choisi avec l’humilité qui sied à cet exercice monarquo-républicain. Car pour recevoir les suffrages populaires qui vous placeront au-dessus du commun des mortels, il faut commencer par s’incliner très bas, jusqu’à terre devant les Françaises et les Français qui, ensuite, vous relèveront et vous élèveront s’ils vous trouvent digne d’eux-mêmes.
Et il faut choisir son moment avec soin : souvenez-vous de Jacques Chaban Delmas qui paiera très cher d’avoir voulu prendre ses concurrents de vitesse et d’avoir fait savoir par l’AFP qu’il se présentait à l’Elysée alors que le Président Georges Pompidou n’était pas encore enterré. Il est impératif de mettre les formes : souvenez-vous aussi de Lionel Jospin qui déclara sa flamme par un fax froid, dépourvu de toute humanité, de toute poésie. Tous ces décollages ratés, sans parler de celui de Michel Rocard qui était si peu assuré de ses mots et de ses pensées qu’il ne trouva pas le ton ni le regard juste, tous ces crashs, Bayrou et Sarkozy les ont parfaitement en mémoire, de même qu’à l’inverse certaines réussites comme le oui ému et télévisé de François Mitterrand en 1988 ou la déclaration d’Avignon de Chirac en 2002 par la Voix du Nord en 1995. Le futur Président prenait la capitale, les puissants par surprise en parlant au peuple, au plus près du peuple.
C’est évidemment ce que recherchent et François Bayrou et Nicolas Sarkozy. Le premier, le patron de l’UDF a ainsi renoncé à s’exprimer de Paris. Et pourtant les centristes en avaient visité des lieux, et des beaux, fleuris, arborés quasi bucoliques comme les jardins du Parc André Citroën. Le provincial avait aussi songé aux bateaux mouches voyageant sur le fleuve de la vie. C’est très romantique. Il a préféré parler de chez lui, de ses Pyrénées où plongent ses racines paysannes et celles du peuple de France. Puisqu’il s’agit de dire quand on courtise, ce que l’on aime dans cette France et comment on veut l’aimer encore davantage, puisqu’il s’agit aussi de prendre de la hauteur pour exprimer sa vision du pays, il parlera donc d’un de ses villages dont sa famille est originaire et qui ne manque pas d’élévation.
Mais tout le monde ne peut pas jouir d’un berceau familial planté entre ciel et terre. Nicolas Sarkozy a écarté aussi toute idée de s’adresser au pays du haut de la Tour Eiffel. Il hésitait encore sur le lieu, cherchant quelque chose de simple, d’humble même, eh oui, et de sexy. Ce sera sans doute jeudi prochain, le lendemain de l’anniversaire de Chirac, avec une télé taillée pour lui, le soir sur France 2. Pas question de s’exprimer du ministère de l’Intérieur, il faut éviter le côté prétentieux et chaise à porteur. « Il doit trouver, dit un de ses conseillers, une façon de confirmer sa candidature en surprenant et en s’« humanisant » », pas de meeting hurlant donc, pas de message SMS non plus. Mais il faut qu’il garde une certaine stature. Il mettra son bô costume, celui avec poutres apparentes et épaules renforcées, ainsi les Français verront enfin qu’il est taillé pour le job, qu’il est un homme de bien et qui a du bien, parce qu’il y a l’amour d’accord, et le désir très bien, mais pour l’électorat de droite en particulier, le prétendant doit aussi montrer qu’il a du coffre !
Nicolas Domenach
Rédigé par Nicolas Domenach le Lundi 27 Novembre 2006 à 13:22
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