La semaine économique du site
Marianne-en-ligne.fr change de titre, de lieu… et d’ambition. Il s’agira, pour les 10 prochains mois de susciter le débat sur les questions économiques et sociales, un des points durs de la campagne présidentielle, puis législatives. L’idée est de démontrer que la politique économique n’est pas l’affaire des experts, ou des « sachant », mais celle des citoyens. L’actualité servira de base à ce blog, puisque le journaliste, après tout, n’est que le spectateur des événements, pas son inventeur.
Deux exemples dans la semaine du 25 au 29 septembre :
1- L’Insee publie le 28 septembre une passionnante étude intitulée « les salaires en France », consultable sur le site
insee.fr. L’institut de la statistique a calculé le « revenu salarial moyen », nouvel instrument, qui permet de prendre en compte, enfin, la réalité de l’ensemble des salaires (public et privé) et de la structure du salariat : non seulement les temps partiels, mais aussi les ruptures (changement d’emploi). Le résultat est ravageur : le revenu salarial net moyen en France n’est que de 17000 euros (en 2004), il est tiré vers le bas par le travail à temps partiel et la précarité (intérim et CDD), en constante augmentation. Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal revendiquent la « valeur travail », peut-être serait-il plus judicieux de parler de la valeur DU travail. A l’occasion des échéances électorales. Mais l’étude est aussi un vrai poil à gratter pour Jean-Louis Borloo, qui a fait des « emplois de services » la grande ambition de son ministère : les emplois de services accentuent la déformation vers la bas des salaires moyens. Donc on aura de plus en plus de travailleurs pauvres. Beaucoup de commentateurs (dont Marianne) l’avaient déjà dit, le travail de l’Insee tend à leur donner raison.
2- L’Institut de l’entreprise, présidé par Michel Pebereau a mis en place une cellule de chiffrage des
propositions de campagne. Il ne se limite pas aux seuls programmes établis (il n’en existe qu’un, celui du PS), mais étend l’exercice à toutes les idées qui germent, ou germeront. D’ores et déjà, on sait, grâce à l’Institut de l’entreprise que les ballons d’essais de Nicolas Sarkozy pèsent 18 milliards d’euros de dépenses nouvelles. Marianne avait aussi tenté l’exercice à l’occasion du discours d’Agen du président de l’UMP. Le travail de l’IE est sérieux, et louable. Mais ne il suffit pas en lui-même à nourrir le débat citoyen. Par exemple : le coût de l’extension des 35 heures aux 6,7 millions de salariés qui n’en bénéficient pas encore est d’environ 4 milliards. C’est un chiffre qui ne dit rien de l’amélioration des conditions de vie des personnes concernées. La cohésion sociale, cela a un coût, mais cela rapporte aussi à la société.
Pour en finir , le site recommandé cette semaine, c’est
inegalites.fr, celui de l’Observatoire des inégalités. On y lira
notamment comment un sondage CSA sur la sensibilité des Français impôts a été totalement biaisé, et présenté sur France Europe Express, qui recevait ce soir-là Thierry Breton.