Campagne people : à l’extrême gauche aussi…
Dans quelques semaines, la gauche de la gauche désignera son candidat. C’est ce moment que choisit Madame Clémentine Autain, l’un des candidats en lice, pour raconter dans le magazine Elle le viol dont elle a été victime voici dix ans. Bien entendu, elle explique ce choix par la volonté de porter le débat sur ce tabou dans la campagne présidentielle. Et pas du tout, cela va de soi, pour marquer sa différence avec Marie-Georges Buffet ou Yves Salesse, ses concurrents, qui n’ont pas le même profil victimaire. Comme au PS, on vote sur des people et pas sur des idées. Décidément Ségolène fait des émules : MAM à droite et Madame Clémentine Autain à l’extrême gauche. (1)
Sé-Sé-Sé, Ségolène…
Les ségolistes développent deux arguments-massue dans les sections socialistes. Un, il faut voter Royal pour éviter un deuxième tour qui affaiblirait le parti. Ce pauvre argument fut celui des partis de droite en 1965, qui tenaient absolument éviter un second tour à De Gaulle. C’est, aujourd’hui encore, celui de Marie-Georges Buffet au PCF, qui vient d’être plébiscitée à 96%.
Deux, il faut voter Ségolène car elle est une femme. Etre une femme devient ainsi une preuve de vertu. Pourquoi ? Parce que c’est le tour des femmes ? Parce que les Français le souhaitent ? Parce que les femmes ont une meilleure capacité de gouverner ? Tous ces arguments ont un point commun : nier les qualités intrinsèques de la candidate.
Le diable est dans les détails
Tout les monde s’est focalisé sur la diffusion de la fameuse vidéo de Ségolène Royal sur les enseignants. Mais à qui profite le crime ? Qui l’a diffusé ? etc. Mais si l’on s’arrêtait au contenu de l’argument, pas du tout débile, de Ségolène Royal, les enseignants seraient tout à fait en droit de dire : « Ok, on vient 35 heures, mais on exige un bureau pour travailler et recevoir les élèves en particulier ». Revendication, pour le coup, plus que légitime. Or, même les professeurs d’université ne disposent pas de bureaux. L’idée de Ségolène Royal est sans doute intéressante. Mais elle mériterait d’être chiffrée.
Le socialiste est un Français moyen
« Qui sont les sympathisants socialistes, les stars de la campagne interne au PS ? », se demande le Journal du Dimanche. Enorme découverte : le sympathisant du PS tel que le définissent la Sofres, l’Ifop ou le CSA, ne se distingue guère du Français moyen. Donc, tous les sondages publiés depuis un mois annonçant la course en tête de Ségolène ou la montée de DSK, reflètent ce que les sondeurs appellent « l’opinion » et non le point de vue des adhérents. Il suffit d’ailleurs de s’engouffrer dans une section du PS en sortant du métro pour saisir la différence : il y a plus de fonctionnaires, plus de gens âgés, etc. Peu importe, ces sondages bidons, qui n’interrogent pas les personnes concernées, n’ont qu’un seul objectif : faire peser sur les adhérents le poids de ce que les « sondocrates » appellent l’opinion et qui n’est que leur construction manipulatrice.
(1) : Bien entendu, les auteurs de ces lignes réalisent à quel point leur analyse est contingente à leur appartenance sexuelle.