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La récente étude de la Food Standard Agency (agence alimentaire britannique, équivalent de l’Afsaa française) mettant en doute les vertus nutritives du bio ne prétendait pas autre chose que jeter le discrédit sur les aliments produits naturellement. Il est vrai que les rapports officiels commandés par le gouvernement de sa Gracieuse Majesté, sont, surtout depuis celui prouvant l’existence d’armes de destructions massives dans les arsenaux iraquiens, d’une fiabilité à toute épreuve. La plupart des médias occidentaux se sont pourtant jetés dessus pour relancer l’éternelle polémique : « Faut-il croire au bio ? » ou « Le bio est-il meilleur ? » Et les spécialistes de tous bords de s’en donner à cœur joie pour s’invectiver en public. Que dit le fameux rapport ? Tout simplement que les aliments bio ne présentent aucun avantage nutritionnel par rapport aux aliments issus de l’agriculture « conventionnelle ». Exact, même si l’argument est aussi stupide que de dire, par exemple, que les voitures équipées de freins ne sont pas plus solides que celles sans freins. Argument imparable, si ce n’est que les unes tuent et pas les autres. Même chose pour les aliments bio. Leur double avantage est de ne pas aggraver la pollution de la planète et de ne pas empoisonner nos organismes. Il n’a jamais été question qu’ils prolongent la vie, mais au moins ne l’écourtent-ils pas. Détail insignifiant qui a échappé aux jeteurs d’anathème sur le « tout bio, tout bon », dont certains ayatollahs ont parfois, avouons le, tendance à nous gonfler. Le bio n’est donc pas meilleur, il est normal, ce sont les autres procédés de culture, ceux qui utilisent les engrais chimiques, les fongicides et les pesticides, qui sont dangereux. Aspect de la question que l’étude anglaise s’est bien gardée d’aborder.
Merci tout de même au gouvernement britannique d’avoir permis aux défenseurs du bio de pouvoir remettre une fois de plus les pendules à l’heure et à ceux qui ne veulent pas assaisonner leur salade de tomate au Roundup de prendre conscience qu’une alternative existe. La tactique consistant à inverser l’ordre des problèmes pour discréditer l’autre résulte souvent d’un aveu d’impuissance. En cours de philo, on appelle ça un sophisme : Comme si demain une enquête sociologique commandée par le gouvernement chinois, concluait, après avoir interrogé des chômeurs en fin de droit français, des épargnants ruinés belges et des accidentés du travail italiens, que la démocratie ne rend pas les peuples européens plus heureux. Et les Chinois auraient raison. Mais si ! Il suffirait juste de leur répondre : Ce n’est pas la démocratie qui est le paradis, c’est votre dictature qui est l’enfer. Rappelons la formule définitive de Winston Churchill à propos du suffrage universel : « C’est le pire des systèmes, à l’exception de tous les autres ». Idem pour le bio.
Merci tout de même au gouvernement britannique d’avoir permis aux défenseurs du bio de pouvoir remettre une fois de plus les pendules à l’heure et à ceux qui ne veulent pas assaisonner leur salade de tomate au Roundup de prendre conscience qu’une alternative existe. La tactique consistant à inverser l’ordre des problèmes pour discréditer l’autre résulte souvent d’un aveu d’impuissance. En cours de philo, on appelle ça un sophisme : Comme si demain une enquête sociologique commandée par le gouvernement chinois, concluait, après avoir interrogé des chômeurs en fin de droit français, des épargnants ruinés belges et des accidentés du travail italiens, que la démocratie ne rend pas les peuples européens plus heureux. Et les Chinois auraient raison. Mais si ! Il suffirait juste de leur répondre : Ce n’est pas la démocratie qui est le paradis, c’est votre dictature qui est l’enfer. Rappelons la formule définitive de Winston Churchill à propos du suffrage universel : « C’est le pire des systèmes, à l’exception de tous les autres ». Idem pour le bio.
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Fruits fades et cotonneux
Le bio n’a pas toujours bon goût
Ce n’est pas parce qu’un produit est bon, dans le sens de sain, qu’il est forcément bon, dans le sens de goûteux. Tous les amateurs de fruits bio ont été, un jour ou l’autre, confrontés au problème. Les clients des réseaux Naturalia, Biocoop ou Bio Génération, principales enseignes françaises de commerce bio, sont souvent déçus par la qualité de certains fruits dont on peut attendre qu’une culture naturelle préserve au moins leur saveur originelle. Il n’en est rien. Nous avons récemment testé des pêches blanches bio d’origine française, à 4,45€ le kilo, dans un magasin Naturalia du Xe arrondissement de Paris. Elles étaient fades, cotonneuses, sans aucun arôme, toutes sèches, et se sont fanées au bout de deux jours. Hormis leur absence de chimie, pas mieux que des fruits provenant de l’agriculture intensive. A ce prix là, la filière bio doit montrer plus d’exigence et de rigueur si elles veut garder sa clientèle, convaincre les réticents et contrer ses détracteurs.
Vins bio abîmés ou oxydés
Ras le goulot de boire de la piquette
Un peu comme Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir, tout bon amateur de vin est, qu’il le taise ou l’exprime, un inconditionnel du bio. Disons, de l’idée que l’on s’en fait. Tout le monde convient, en effet, de l’urgence à préserver l’environnement, à respecter l’intégrité des sols, à laisser la plante s’épanouir par ses propres moyens, à renouer avec des méthodes de culture et de vinification plus proches des réalités naturelles de la vigne. Quel fou oserait aller à l’encontre de ces principes ? Il y aura toujours un saine aspiration à boire toujours plus juste, toujours plus vrai, toujours plus pur, au sens noble du terme, parce que l’esprit du vin s’inscrit, au moins dans l’éthique viticole française, dans cette approche de l’origine sans cesse recherchée, sans cesse affirmée, sans cesse affinée, cette fameuse « gueule de l’endroit où est né le vin » précisée « avec les tripes de celui ou celle qui l’a fait ». Le bio se veut une relecture écologiste de l’AOC, et l’on s’en félicite. Tout irait donc assez bien dans le meilleur des mondes si l’histoire ne s’écrivait qu’à l’encre du réalisme objectif. Hélas, aussi sûr que l’on fait encore passer des idées aux forceps, d’aucuns nous font goûter le vin avec un chausse-pied. C’est forcément bon, puisque c’est bio ! Quelques idéalistes expliquent encore que, si les Staliniens ne s’étaient pas emparés du marxisme, le paradis socialiste serait une réalité. Ah, si seulement le dogmatisme ne s’était pas emparé du « bioïsme », nous boirions tous dans l’Eden bachique. Hélas, trois fois hélas, le taux de piquette aujourd’hui servie dans certains établissements dépasse l’acceptable. Des professionnels vendent ou servent, aujourd’hui, des produits avariés dont ils vantent les vertus. Nous parlons de ces boissons qui, à un moment, certes, furent du vin, mais qui, une fois exposées à l’air ambiant, n’en sont plus lorsqu’elles arrivent dans le verre. Que dire, en effet, de ces vins troubles, piqués, oxydés, dont le patron, le caviste ou le sommelier vous soutiennent, parfois en toute bonne foi, qu’ils sont excellents ? Que faire, sinon dénoncer une main mise idéologique d’une minorité d’excités ayant détourné la cause du vin bio pour satisfaire on ne sait quelle chimère doctrinaire. Si certains crurent en l’homme nouveau, des intégristes du tout naturel militent pour le vin « purifié » et se pâment en avalant des mixtures relevant davantage du pré vinaigre que du sang de la vigne. Loin de nous l’intention de dénoncer tel producteur ou tel marchand, mais nous incitons fermement le dégustateur, dès lors que le vin présente une robe pas nette, un nez ou une bouche marqués par une aigreur suspecte, à signaler l’anomalie. Soit il s’agit d’un accident, et la bouteille est remplacée sans histoire, soit il s’agit d’un vin bio abîmé, et là, aucune concession ne doit être faite. Bio ou pas, quand un vin est bon, il faut le défendre, et, quand il ne l’est pas, il faut dire la vérité.
Les adeptes du terroir mental
Parmi les intégristes du vin bio, certains revendiquent le droit au « terroir mental ». Sans rire. C’est-à-dire le droit de considérer qu’un vin abîmé est bon, sous prétexte que sa supposée dégradation (ils ne le concèdent pas d’emblée) prouve qu’aucune manipulation chimique n’est venue altérer la virginité du raisin. De tels raisonnements peuvent aller assez loin dans l’absurde, voire dans l’horreur. Une question, toutefois, à ces croisés du vin pur : Pourquoi de plus en plus de viticulteurs dits « bios » pratiquent-ils du négoce en complément de leur activité au domaine (les lettres NM figurent sur la capsule congé), sinon qu’ils ont besoin d’acheter du raisin pour compenser leur gâchis, ou du vin, pour maquiller leur échec ? Curieux, non ? A croire que, de la friche à la triche, le terroir mental n’est pas loin du terroir menteur.
Le bio n’a pas toujours bon goût
Ce n’est pas parce qu’un produit est bon, dans le sens de sain, qu’il est forcément bon, dans le sens de goûteux. Tous les amateurs de fruits bio ont été, un jour ou l’autre, confrontés au problème. Les clients des réseaux Naturalia, Biocoop ou Bio Génération, principales enseignes françaises de commerce bio, sont souvent déçus par la qualité de certains fruits dont on peut attendre qu’une culture naturelle préserve au moins leur saveur originelle. Il n’en est rien. Nous avons récemment testé des pêches blanches bio d’origine française, à 4,45€ le kilo, dans un magasin Naturalia du Xe arrondissement de Paris. Elles étaient fades, cotonneuses, sans aucun arôme, toutes sèches, et se sont fanées au bout de deux jours. Hormis leur absence de chimie, pas mieux que des fruits provenant de l’agriculture intensive. A ce prix là, la filière bio doit montrer plus d’exigence et de rigueur si elles veut garder sa clientèle, convaincre les réticents et contrer ses détracteurs.
Vins bio abîmés ou oxydés
Ras le goulot de boire de la piquette
Un peu comme Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir, tout bon amateur de vin est, qu’il le taise ou l’exprime, un inconditionnel du bio. Disons, de l’idée que l’on s’en fait. Tout le monde convient, en effet, de l’urgence à préserver l’environnement, à respecter l’intégrité des sols, à laisser la plante s’épanouir par ses propres moyens, à renouer avec des méthodes de culture et de vinification plus proches des réalités naturelles de la vigne. Quel fou oserait aller à l’encontre de ces principes ? Il y aura toujours un saine aspiration à boire toujours plus juste, toujours plus vrai, toujours plus pur, au sens noble du terme, parce que l’esprit du vin s’inscrit, au moins dans l’éthique viticole française, dans cette approche de l’origine sans cesse recherchée, sans cesse affirmée, sans cesse affinée, cette fameuse « gueule de l’endroit où est né le vin » précisée « avec les tripes de celui ou celle qui l’a fait ». Le bio se veut une relecture écologiste de l’AOC, et l’on s’en félicite. Tout irait donc assez bien dans le meilleur des mondes si l’histoire ne s’écrivait qu’à l’encre du réalisme objectif. Hélas, aussi sûr que l’on fait encore passer des idées aux forceps, d’aucuns nous font goûter le vin avec un chausse-pied. C’est forcément bon, puisque c’est bio ! Quelques idéalistes expliquent encore que, si les Staliniens ne s’étaient pas emparés du marxisme, le paradis socialiste serait une réalité. Ah, si seulement le dogmatisme ne s’était pas emparé du « bioïsme », nous boirions tous dans l’Eden bachique. Hélas, trois fois hélas, le taux de piquette aujourd’hui servie dans certains établissements dépasse l’acceptable. Des professionnels vendent ou servent, aujourd’hui, des produits avariés dont ils vantent les vertus. Nous parlons de ces boissons qui, à un moment, certes, furent du vin, mais qui, une fois exposées à l’air ambiant, n’en sont plus lorsqu’elles arrivent dans le verre. Que dire, en effet, de ces vins troubles, piqués, oxydés, dont le patron, le caviste ou le sommelier vous soutiennent, parfois en toute bonne foi, qu’ils sont excellents ? Que faire, sinon dénoncer une main mise idéologique d’une minorité d’excités ayant détourné la cause du vin bio pour satisfaire on ne sait quelle chimère doctrinaire. Si certains crurent en l’homme nouveau, des intégristes du tout naturel militent pour le vin « purifié » et se pâment en avalant des mixtures relevant davantage du pré vinaigre que du sang de la vigne. Loin de nous l’intention de dénoncer tel producteur ou tel marchand, mais nous incitons fermement le dégustateur, dès lors que le vin présente une robe pas nette, un nez ou une bouche marqués par une aigreur suspecte, à signaler l’anomalie. Soit il s’agit d’un accident, et la bouteille est remplacée sans histoire, soit il s’agit d’un vin bio abîmé, et là, aucune concession ne doit être faite. Bio ou pas, quand un vin est bon, il faut le défendre, et, quand il ne l’est pas, il faut dire la vérité.
Les adeptes du terroir mental
Parmi les intégristes du vin bio, certains revendiquent le droit au « terroir mental ». Sans rire. C’est-à-dire le droit de considérer qu’un vin abîmé est bon, sous prétexte que sa supposée dégradation (ils ne le concèdent pas d’emblée) prouve qu’aucune manipulation chimique n’est venue altérer la virginité du raisin. De tels raisonnements peuvent aller assez loin dans l’absurde, voire dans l’horreur. Une question, toutefois, à ces croisés du vin pur : Pourquoi de plus en plus de viticulteurs dits « bios » pratiquent-ils du négoce en complément de leur activité au domaine (les lettres NM figurent sur la capsule congé), sinon qu’ils ont besoin d’acheter du raisin pour compenser leur gâchis, ou du vin, pour maquiller leur échec ? Curieux, non ? A croire que, de la friche à la triche, le terroir mental n’est pas loin du terroir menteur.
Profil
Périco Légasse
BIENVENUE A MA TABLE
Ce blog prétend défendre une certaine idée du goût de la France. Notre patrimoine gastronomique, qu'il soit agricole, maritime, viticole ou culinaire, n'est en aucun cas la propriété exclusive des Français, mais celui de l'humanité toute entière. Encore faut-il pour cela que l'ensemble des producteurs et, surtout, des consommateurs, admette ce principe.
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Ce blog prétend défendre une certaine idée du goût de la France. Notre patrimoine gastronomique, qu'il soit agricole, maritime, viticole ou culinaire, n'est en aucun cas la propriété exclusive des Français, mais celui de l'humanité toute entière. Encore faut-il pour cela que l'ensemble des producteurs et, surtout, des consommateurs, admette ce principe.
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