Eh bien oui, je n’aurais jamais cru assister, un jour, en France, à une telle scène : le chef de l’Etat, confronté à une importante journée de contestation sociale, annulant des rencontres avec des ONG et des personnalités étrangères, non parce qu’il entend prendre le temps d’analyser les causes de ce malaise, mais pour recevoir d’urgence un joueur de football en compagnie de qui il a entrepris de refaire les matchs que la France a perdus. Et cela pour le grand bonheur de TF1 qui, du coup, a pu marginaliser les défilés syndicaux.
Jusqu’à présent, un président qui s’instaure lui-même « caudillo » de l’équipe nationale de foot de son pays, cela ne s’était vu que dans des républiques bananières.
Habitant près de la place de la République, je suis devenu un expert de la chose. Incontestablement, la manifestation parisienne a été d’assez grande ampleur. Autour de 100 000 manifestants (les 45 000 selon la police, c’est ridicule !).
Quelques remarques : contrairement à ce que j’avais anticipé, la tonalité anti-sarkozyste de ce défilé était très forte, parfois violente, ici et là excessive (comparaison avec Pétain), mais restait sur le terrain social. Par exemple, peu de globalisation intégrant les affaires ou les scandales récents. Eric Woerth était finalement peu à l’honneur (là-dessus je me suis donc trompé), pour d’ailleurs une bonne raison c’est que le quasi-étouffement médiatique ayant jusqu’ici assez bien fonctionné (ça commence à changer), beaucoup des « protestataires » n’étaient tout simplement pas au courant ou n’y comprenaient pas grand-chose.
En revanche, l’hostilité à l’égard des médias était tangible et, en particulier, plusieurs cameramen, y compris de Canal+, m’ont fait part de fortes tensions avec la foule.
J’ai bizarrement eu deux sensations contradictoires : d’un côté un aspect bon enfant, de l’autre beaucoup de rages rentrées.
En résumé, une impression de mi-temps. Ou bien ça retombe, ou bien cela peut prendre, à la rentrée – après globalisation justement des mécontentements et des rejets –, une ampleur beaucoup plus considérable.
Cela dit, vous croyez vraiment que les privilèges les plus scandaleux sont ceux des politiques ?
Je connais bien Jean-Luc Hees. C’est, je crois, un esprit plutôt indépendant. Et (Kerjean va m’engueuler), j’ai de la sympathie pour lui. Mais il reste que sa décision renvoie à une tache indélébile qui le marque malgré lui : il a été directement nommé par Nicolas Sarkozy et tout le monde est donc convaincu, et le restera, que c’est le président qui a imposé cette décision. Pécher originel. Quant à Philippe Val, il y a encore trois ans, il défendait le droit à blasphémer, c’est-à-dire à se moquer, sans aucune restriction, de tout y compris de Dieu, de Jésus, de Marie, de la patrie, du drapeau et surtout de Mahomet. Apparemment, en revanche, on ne touche pas Sarkozy.
Contrairement à ce que disent certains, il n’y a pas de censure sur ce forum. Tout, hélas, même le pire, peut passer, mais il y a guillotine a posteriori. Je vous expliquerai quel en est le principe et quels sont les critères. Il s’agit, tout simplement, de permettre la survie de ce forum. C’est pourquoi je vous demande d’accepter et de respecter les décisions du modérateur.
C’est vrai, j’ai protégé Elie Arié parce que je pensais, et je continue à penser, qu’il peut beaucoup nous apporter. Mais, je ne le laisserai pas non plus détruire cet espace de liberté. Je l’ai dit : il y a deux chances sur trois pour qu’on soit obligé de tout interrompre. Mais, je dois tout faire pour préserver la chance qui reste.
Jusqu’à présent, un président qui s’instaure lui-même « caudillo » de l’équipe nationale de foot de son pays, cela ne s’était vu que dans des républiques bananières.
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Donc, comme on le pressentait, la journée syndicale de protestation contre la réforme des retraites a mobilisé des foules sans doute trois fois plus importantes que les tristounettes démonstrations précédentes. Habitant près de la place de la République, je suis devenu un expert de la chose. Incontestablement, la manifestation parisienne a été d’assez grande ampleur. Autour de 100 000 manifestants (les 45 000 selon la police, c’est ridicule !).
Quelques remarques : contrairement à ce que j’avais anticipé, la tonalité anti-sarkozyste de ce défilé était très forte, parfois violente, ici et là excessive (comparaison avec Pétain), mais restait sur le terrain social. Par exemple, peu de globalisation intégrant les affaires ou les scandales récents. Eric Woerth était finalement peu à l’honneur (là-dessus je me suis donc trompé), pour d’ailleurs une bonne raison c’est que le quasi-étouffement médiatique ayant jusqu’ici assez bien fonctionné (ça commence à changer), beaucoup des « protestataires » n’étaient tout simplement pas au courant ou n’y comprenaient pas grand-chose.
En revanche, l’hostilité à l’égard des médias était tangible et, en particulier, plusieurs cameramen, y compris de Canal+, m’ont fait part de fortes tensions avec la foule.
J’ai bizarrement eu deux sensations contradictoires : d’un côté un aspect bon enfant, de l’autre beaucoup de rages rentrées.
En résumé, une impression de mi-temps. Ou bien ça retombe, ou bien cela peut prendre, à la rentrée – après globalisation justement des mécontentements et des rejets –, une ampleur beaucoup plus considérable.
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De nouveau l’éditorialiste du Figaro, Yves Thréard, tacle durement le gouvernement : « malheur à celui qui ne marche pas dans la combine, écrit-il : il est immédiatement exécuté, cloué au pilori de la ringardise, catalogué réactionnaire ! ». Là encore, rusé, il fait semblant de s’en prendre, en fait, aux humoristes virés de France Inter. Mais, en réalité, ce sont bien ceux qui ont critiqué, en le jugeant injuste, le projet de réforme des retraites, qui ont été accusés par le gouvernement d’être ringards et réactionnaires.***
Amusant, également, le gros titre de une du Figaro de jeudi : « coup de frein aux privilèges des politiques ». Si ce n’est pas, comme dit l’autre, un encouragement au populisme ! Donc, ceux qui ont dénoncé les petites turpitudes qui ont récemment défrayé la chronique ont eu parfaitement raison, puisque c’est précisément cela, selon Le Figaro, qui a incité le chef de l’Etat à rappeler son ministre à l’ordre.Cela dit, vous croyez vraiment que les privilèges les plus scandaleux sont ceux des politiques ?
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On le sait maintenant, contre l’engagement de son épouse, Eric Woerth a épinglé sur la poitrine de Patrice de Maistre la Légion d’honneur. Donnant-donnant. L’affaire devient plus claire. D’autant que des documents incontestables vont bientôt prouver, qu’en fait, l’administration était tout à fait au courant, depuis plus de deux ans, de l’importance des fraudes fiscales dans la maison Bettencourt. Et, donc, il fut décidé de laisser faire. ***
On peut admettre que le patron de Radio France n’ait pas pu supporter plus longtemps les provocations auxquelles se livraient les deux humoristes vedettes de France Inter, et cela bien qu’ils dopassent les taux d’écoute de la station.Je connais bien Jean-Luc Hees. C’est, je crois, un esprit plutôt indépendant. Et (Kerjean va m’engueuler), j’ai de la sympathie pour lui. Mais il reste que sa décision renvoie à une tache indélébile qui le marque malgré lui : il a été directement nommé par Nicolas Sarkozy et tout le monde est donc convaincu, et le restera, que c’est le président qui a imposé cette décision. Pécher originel. Quant à Philippe Val, il y a encore trois ans, il défendait le droit à blasphémer, c’est-à-dire à se moquer, sans aucune restriction, de tout y compris de Dieu, de Jésus, de Marie, de la patrie, du drapeau et surtout de Mahomet. Apparemment, en revanche, on ne touche pas Sarkozy.
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MessageContrairement à ce que disent certains, il n’y a pas de censure sur ce forum. Tout, hélas, même le pire, peut passer, mais il y a guillotine a posteriori. Je vous expliquerai quel en est le principe et quels sont les critères. Il s’agit, tout simplement, de permettre la survie de ce forum. C’est pourquoi je vous demande d’accepter et de respecter les décisions du modérateur.
C’est vrai, j’ai protégé Elie Arié parce que je pensais, et je continue à penser, qu’il peut beaucoup nous apporter. Mais, je ne le laisserai pas non plus détruire cet espace de liberté. Je l’ai dit : il y a deux chances sur trois pour qu’on soit obligé de tout interrompre. Mais, je dois tout faire pour préserver la chance qui reste.
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Je vous invite à consulter la colonne « Réflexion », j’y ai posté la suite du travail collectif sur le concept d’alternative. Ce n’est pas terminé.