Après les manifs…



Après les manifs…
Eh bien oui, je n’aurais jamais cru assister, un jour, en France, à une telle scène : le chef de l’Etat, confronté à une importante journée de contestation sociale, annulant des rencontres avec des ONG et des personnalités étrangères, non parce qu’il entend prendre le temps d’analyser les causes de ce malaise, mais pour recevoir d’urgence un joueur de football en compagnie de qui il a entrepris de refaire les matchs que la France a perdus. Et cela pour le grand bonheur de TF1 qui, du coup, a pu marginaliser les défilés syndicaux.
Jusqu’à présent, un président qui s’instaure lui-même « caudillo » de l’équipe nationale de foot de son pays, cela ne s’était vu que dans des républiques bananières.
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Donc, comme on le pressentait, la journée syndicale de protestation contre la réforme des retraites a mobilisé des foules sans doute trois fois plus importantes que les tristounettes démonstrations précédentes.
Habitant près de la place de la République, je suis devenu un expert de la chose. Incontestablement, la manifestation parisienne a été d’assez grande ampleur. Autour de 100 000 manifestants (les 45 000 selon la police, c’est ridicule !).
Quelques remarques : contrairement à ce que j’avais anticipé, la tonalité anti-sarkozyste de ce défilé était très forte, parfois violente, ici et là excessive (comparaison avec Pétain), mais restait sur le terrain social. Par exemple, peu de globalisation intégrant les affaires ou les scandales récents. Eric Woerth était finalement peu à l’honneur (là-dessus je me suis donc trompé), pour d’ailleurs une bonne raison c’est que le quasi-étouffement médiatique ayant jusqu’ici assez bien fonctionné (ça commence à changer), beaucoup des « protestataires » n’étaient tout simplement pas au courant ou n’y comprenaient pas grand-chose.
En revanche, l’hostilité à l’égard des médias était tangible et, en particulier, plusieurs cameramen, y compris de Canal+, m’ont fait part de fortes tensions avec la foule.
J’ai bizarrement eu deux sensations contradictoires : d’un côté un aspect bon enfant, de l’autre beaucoup de rages rentrées.
En résumé, une impression de mi-temps. Ou bien ça retombe, ou bien cela peut prendre, à la rentrée – après globalisation justement des mécontentements et des rejets –, une ampleur beaucoup plus considérable.
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De nouveau l’éditorialiste du Figaro, Yves Thréard, tacle durement le gouvernement : « malheur à celui qui ne marche pas dans la combine, écrit-il : il est immédiatement exécuté, cloué au pilori de la ringardise, catalogué réactionnaire ! ». Là encore, rusé, il fait semblant de s’en prendre, en fait, aux humoristes virés de France Inter. Mais, en réalité, ce sont bien ceux qui ont critiqué, en le jugeant injuste, le projet de réforme des retraites, qui ont été accusés par le gouvernement d’être ringards et réactionnaires.
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Amusant, également, le gros titre de une du Figaro de jeudi : « coup de frein aux privilèges des politiques ». Si ce n’est pas, comme dit l’autre, un encouragement au populisme ! Donc, ceux qui ont dénoncé les petites turpitudes qui ont récemment défrayé la chronique ont eu parfaitement raison, puisque c’est précisément cela, selon Le Figaro, qui a incité le chef de l’Etat à rappeler son ministre à l’ordre.
Cela dit, vous croyez vraiment que les privilèges les plus scandaleux sont ceux des politiques ?
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On le sait maintenant, contre l’engagement de son épouse, Eric Woerth a épinglé sur la poitrine de Patrice de Maistre la Légion d’honneur. Donnant-donnant. L’affaire devient plus claire. D’autant que des documents incontestables vont bientôt prouver, qu’en fait, l’administration était tout à fait au courant, depuis plus de deux ans, de l’importance des fraudes fiscales dans la maison Bettencourt. Et, donc, il fut décidé de laisser faire.
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On peut admettre que le patron de Radio France n’ait pas pu supporter plus longtemps les provocations auxquelles se livraient les deux humoristes vedettes de France Inter, et cela bien qu’ils dopassent les taux d’écoute de la station.
Je connais bien Jean-Luc Hees. C’est, je crois, un esprit plutôt indépendant. Et (Kerjean va m’engueuler), j’ai de la sympathie pour lui. Mais il reste que sa décision renvoie à une tache indélébile qui le marque malgré lui : il a été directement nommé par Nicolas Sarkozy et tout le monde est donc convaincu, et le restera, que c’est le président qui a imposé cette décision. Pécher originel. Quant à Philippe Val, il y a encore trois ans, il défendait le droit à blasphémer, c’est-à-dire à se moquer, sans aucune restriction, de tout y compris de Dieu, de Jésus, de Marie, de la patrie, du drapeau et surtout de Mahomet. Apparemment, en revanche, on ne touche pas Sarkozy.
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Message
Contrairement à ce que disent certains, il n’y a pas de censure sur ce forum. Tout, hélas, même le pire, peut passer, mais il y a guillotine a posteriori. Je vous expliquerai quel en est le principe et quels sont les critères. Il s’agit, tout simplement, de permettre la survie de ce forum. C’est pourquoi je vous demande d’accepter et de respecter les décisions du modérateur.
C’est vrai, j’ai protégé Elie Arié parce que je pensais, et je continue à penser, qu’il peut beaucoup nous apporter. Mais, je ne le laisserai pas non plus détruire cet espace de liberté. Je l’ai dit : il y a deux chances sur trois pour qu’on soit obligé de tout interrompre. Mais, je dois tout faire pour préserver la chance qui reste.
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Je vous invite à consulter la colonne « Réflexion », j’y ai posté la suite du travail collectif sur le concept d’alternative. Ce n’est pas terminé.

Jeudi 24 Juin 2010
Jean-François Kahn

Du plus récent au plus ancien | Du plus ancien au plus récent

232.Posté par Egal le 28/06/2010 22:19
Cher Jean-François Kahn,

"Philippe Val, il y a encore trois ans, il défendait le droit à blasphémer, c’est-à-dire à se moquer, sans aucune restriction, de tout y compris de Dieu, de Jésus, de Marie, de la patrie, du drapeau et surtout de Mahomet. Apparemment, en revanche, on ne touche pas Sarkozy."

Là vous confondez la position politique du citoyen Val, qui refuse l'interdiction de dire et s'opposerait à ce que Guillon et Porte soient mis en prison pour leurs propos, et la position économico-organisationnelle du directeur de France Inter, qui trouve que c'est mieux qu'ils aillent ailleurs lasser les auditeurs !
La preuve : dans Charlie-Hebdo, il a reproduit les dessins blasphématoires, mais il n'a pas jugé utile d'en rajouter chaque semaine.
Tout est donc logique dans son attitude.
Cordialement


231.Posté par Egal le 28/06/2010 19:34
230.Posté par Franz
S'interroger sur la nature et l'exercice du droit de grève est-il si tabou que cela ? Ou bien, cela entre-t-il dans la cadre de toute démocratie, qui doit définir et instituer les droits qui lui paraissent fondamentaux ?
Si on fait le bilan historique du droit de grève, on est vite déçu, car la plupart des grandes "avancées" sociales sont intervenues sans grèves, par choix de gouvernements : droit de grève et tolérance des syndicats sous Napoléon III, sécurité sociale en Alsace-Lorraine grâce à Bismark, étendue à tous à la Libération, augmentation de 2 à 3, puis 4 semaines de congés payés de 45 à assurance chômage sous Giscard, retraite à 60 ans et 39 heures sous Mitterrand, 35 heures sous Jospin, chômage économique partiel sous Sarkozy. Même les grèves de 36 n'ont fait qu'appuyer des choix déjà faits par par le Front Populaire.
C'est le vote et non la grève qui fait avancer le social. d'où une nécessaire relativisation de l'importance de ce droit, qui ne devrait pas plus être dans la Constitution que la continuité des Services Publics (qui n'y est pas).
Cordialement

230.Posté par Franz le 28/06/2010 19:04
229.Posté par Egal
"mais force est de constater que dans le fonctionnement normal de l'économie, il n'y a guère de place pour la grève (ni pour les syndicats d'ailleurs)."

Tu devrais ajouter pour faire bonne mesure que tu n'es pas raciste. Le tableau serait complet. Dans le genre crédible.

Cordialement
Franz

229.Posté par Egal le 28/06/2010 18:02
228.Posté par Franz
Pour ce qui est de la proportion de fonctionnaires dans les manifs, là je n'ai pas de preuves, mais il suffit de lire les banderoles pour avoir une idée de leur (sur)nombre.
Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit : je ne souhaite pas réserver l'exercice de la grève uniquement lors des fermetures d'usines, mais force est de constater que dans le fonctionnement normal de l'économie, il n'y a guère de place pour la grève (ni pour les syndicats d'ailleurs).
Sauf exception, tout employé sait désormais qu'il a des concurrents outre Méditerranée ou en Asie extrême et que, s'il veut conserver son emploi, il ne peut se permettre de mettre son entreprise en péril. D'où le fait que la grève n'existe plus que dans les "entreprises" protégées (SNCF, RATP) ou dans les services de l'Etat, les Chinois ne risquant pas de prendre le boulot des profs.
L'exemple de la réquisition de l'aide soignante montre bien qu'un vrai service public doit être continu. Si le transport urbain est un service public, alors le personnel doit être réquisitionné en cas de velléité de faire grève, ou alors ce n'est pas un service public et on peut le privatiser.

228.Posté par Franz le 28/06/2010 17:10
227.Posté par Egal

Tu indiques donc que, malgré le fait que ce soit légitime, le droit de grève doit être strictement limité au risque de perdre son emploi. De telle sorte qu’il ne s’exerce quequand tout est perdu, à la fermeture de l’usine. C’es bien observé. Et c’est ce qui peut se faire de mieux. Pour les employeurs.

Tu noteras en passant que, contrairement à ce que tu avance, les fonctionnaires sont une minorité (et c’est heureux) et que, quand ils font grève, ils perdent de l’argent. Ce que les moins riches (instits et autres aides soignantes) ne peuvent plus se permettre. Ca relativise quand même la participation.

Le jour où justement une aide soignante viendra te torcher le cul un jour de grève (car elles sont réquisitionnées) j’espère que tu lui dira un gentil merci.

Salutations
Franz

227.Posté par Egal le 28/06/2010 16:29
Toujours à Franz :
Allons-bon, j'avais statistiquement raison, mais je suis tombé sur un représentant de la minorité des non fonctionnaires !
Je suis pour le droit de manifester (en ordre comme au Royaume Uni et aux USA) mais je suis contre le droit de grève des fonctionnaires, qui n'existe pas en Allemagne par exemple. Et personne n'a jamais trouvé que l'Allemagne était moins démocratique que la France !
Justement, c'est parce que ce droit est exercé trop facilement par les fonctionnaires qu'il faut le leur interdire : la grève est en effet sans risque pour eux-mêmes (comme le garantit la loi), mais sans risque non plus pour leur entité de travail, puisque celle-ci ne risque pas de faire faillite, grâce à l'argent du contribuable toujours mobilisable à l'infini.
Un salarié du privé a un garde fou : il sait que s'il fait grève trop longtemps son emploi disparaitra. C'est pourquoi, on ne trouve plus, dans le privé, que des grèves lors de fermetures d'usines. Il s'agit alors non plus d'extorquer de l'argent à l'entreprise, en général moribonde, mais à l'Etat, sous forme d'aides exceptionnelles.

226.Posté par Franz le 28/06/2010 11:57
"Allez, avouez : n'êtes vous pas fonctionnaire vous-même ?"

Non, promis, je n'ai volé ni tué personne. Et en plus, je vous jure que je ne suis pas homo. Sérieusement, il semblerait qu'il y aurait des outing difficiles à faire avec vous. Ceci étant, non seulement je ne suis pas fonctionnaire mais j'oeuvre dans une profession libérale. En revanche, ces propos montrent bien le simplisme de votre réflexion. Si vous concédez aux citoyens le droit de grève, vous n'êtes pas en mesure de constater que ce droit est plus difficile à exercer pour les salariés du privé que pour le public.

Une proposition, puisque vous êtes convaincu de la nécessité de ces mouvements, n'hésitez pas à aller défiler.

Cordialement
Franz

225.Posté par Egal le 28/06/2010 11:37
A Franz :
J'ai employé l'expression "camp adverse" par dérision justement pour la vision partagée par l'immense majorité des commentaires sur les manifs, où il apparait subliminalement que la police serait forcément dans le "camp adverse", donc tricherait pour donner un chiffre qui fasse plaisir au gouvernement. Vous aurez sûrement remarqué que tout mon propos cherche à démontrer que le police n'est pas dans ce fameux camp adverse et qu'elle se comportait comme un service public neutre, que ce soit dans les manifs contre un gouvernement de droite (années 70) ou contre les grèves de 1995 dans les transports publics. Car j'ai compté dans les deux types de manifs.
Un monde sans manifs ? Donc un gouvernement qui satisferait tout le monde ? Cela n'existera pas, même dans mille ans !
Mais s'il y avait moins de fonctionnaires, il y aurait déjà moins de monde sur le pavé, vu qu'il n'y a qu'eux dans les défilés, plus quelques syndiqués protégés de grandes entreprises. Allez, avouez : n'êtes vous pas fonctionnaire vous-même ?

224.Posté par Franz le 27/06/2010 23:52
222.Posté par Egal
Un petit détail décridiblilise quelque peu vos propos.
"Bien sûr, le camp adverse ne compte rien ou fait semblant"

Vous indiquez par là qu'il existerait sur le terrain deux camps. Celui de la police, sérieux et toujours objectif. Et celui des manifestants, forcément contre la police, manipulateur et délinquant dont les motivations n'ont aucune légitimité.

Par là au moins, on voit dans quel camp vous vous situez.

L'histoire du portillon qui dénombre me semble venir fort à propos. Pour ma part j'ai participé à une manifestation dont le nombre de participants et l'identité était prafaitement connu. Ce nombre fut divisé par deux par la police.

Entre nous, le plus simple serait que le gouvernement se conduise de telle sorte que l'on ne soit pas amené à perdre son temps dans ce genr d'activité puérile et dispandieuse. Ce ne vous viendrait pas à l'esprit ? En toute objectivité, évidemment. Au final, de quoi voulez-vous nous persuader ?

Cordialement
Franz

223.Posté par Lor'Insoumise le 27/06/2010 23:28
Si l'on considère que la performance africaine de l'équipe de France reflète la réalité française, je trouve normal que NS essaie de s'informer des circonstances exactes pour voir s'il est possible de désamorcer la bombe... On peut rêver ?
Quand aux manifs, à la lecture de l'affaire Bettancourt, je crois qu'il faut laisser venir à maturation tranquillement... Tout vient à point à qui sait attendre...
Et pour votre forum, je comprends tout à fait que vous soyez très vigilant car il y a beaucoup trop d'abus de la part des internautes. Autant je suis pour la préservation des pseudos pour le respect de l'anonymat, je ne veux pas qu'un demeuré me poursuive jusqu'à chez moi par les pages jaunes... Autant je suis d'avis de poursuivre en justices ceux qui se réservent le droit de déverser des propos racistes ou injurieux. Cependant, je trouve que parfois la censure commet des abus. Lorsque nous respectons la règle éthique du net, il devrait être "normal" de tout pouvoir dire. Et lorsque je suis censurée sur certains sites publics pour "diffamation" parce que j'ai rapporté très poliment des faits avérés dans les forums... J'ai du mal à l'avaler !
Je crois que c'est une question de "définition" !

222.Posté par Egal le 27/06/2010 20:00
Nombre de manifestants : c'est toujours la police qui a raison. Pour le vérifier, comptez vous-mêmes.

Voici ce que j'ai écrit au Monde encore récemment :

Le Monde est incorrigible et ne tient pas compte des remarques de ses lecteurs, même quand un médiateur les reprend dans sa rubrique.

Sous le titre de La vérité des chiffres, Robert Solé, dans Le Monde du 9-10 avril 2006, reprenait un de mes courriels expliquant comment j'en étais arrivé, avec d'autres, à la conclusion suivante : "Je soupçonne la police de faire son travail… et les journalistes de ne pas le faire".

Car tous ceux qui ont compté un jour des manifestants, et que j'ai pu rencontrés, sont unanimes sur le fait qu'un seul chiffre est juste, celui de la police, pour la bonne et très simple raison qu'elle compte les manifestants, alors que les syndicats ne le font pas, quoi qu'ils en disent. Elle le fait au ras du sol et parfois sur les photos aériennes prises par hélicoptère. C'est très facile et on ne se trompe pas beaucoup comme j'ai pu le remarquer avec la seule méthode que je pouvais pratiquer, depuis un trottoir ! De plus, elle explique à qui veut l'entendre comment elle le fait et la presse rapporte épisodiquement sur ses méthodes.

Bien sûr, le camp adverse ne compte rien ou fait semblant, comme j'en ai été le témoin direct lors de petites manifs plutôt écolos. La seule fois qu'une organisation l'a fait devant les médias, c'était une manif de droite au début des années 2000 (pas gardé d'extraits du Monde !), où les organisateurs avaient obligé tout le monde à passer dans un portillon-compteur : surprise exprimée par les organisateurs devant l'antenne, le chiffre était le même que celui de la police. Pour qui veut connaitre la vérité, il n'y a donc aucune ambigüité, mais une sorte de totalitarisme du politiquement correct présente les choses de manière subliminalement biaisée : par l'emploi du terme "police" plutôt que "ministère de l'intérieur" (les soirs d'élection, personne ne vient opposer les "chiffres de l'opposition") et par la mise sur le même plan des chiffres de la "police" et des organisateurs.

Un lecteur, Georges Jérosme, dans Le Monde du 28 mars 2009, se demandait : "Ne pourrait-on pas une fois pour toutes, comme dans les grandes démocraties qui nous entourent, instituer un organisme qui ne soit ni à la botte du pouvoir en place ni à celle des organisateurs, capable d'évaluer et décompter sérieusement dans un défilé, le nombre exact de partisans qui s'y expriment ?"

La phrase est très représentative de l'opinion française qui croit en effet :

- que les démocraties qui nous entourent sont plus démocratiques que la nôtre,

- que la police est à la botte du gouvernement, corollaire de la croyance ci-dessus, puisque notre régime est douteux, voire proche de la dictature (seul pays où on a pu crier CRS = SS).



Pas étonnant que la suspicion règne. "Evidemment ces nombres ne sont jamais donnés bruts les uns les autres, selon leur utilité ils sont légèrement (ou pas) modifiés", lit-on sans la moindre preuve dans Manifestations, compter et recompter sur Agoravox. La tricherie supposée de la "police" est insinuée partout et tout le temps, parce que, je le répète, les journalistes ne font pas leur travail de vérification des chiffres.

La raison en est simple : les manifestants et ceux qui les soutiennent sont des clients, surtout les lendemains de manif, où chacun aime à lire ses exploits et leur suite politique. Jeunes et plutôt intellectuels, ils sont le vivier principal de la presse nationale. De plus, chaque journaliste ressent une forte sommation intérieure à "ne pas désespérer Billancourt" et le romantisme inné de tout Français le porte naturellement à croire le syndicaliste-défenseur des opprimés, du côté du Bien, plutôt que le sinistre et bête (dans l'imaginaire humoristique) policier "à la botte du pouvoir"



Je suggère donc d'écrire systématiquement de la manière suivante : "les manifestants décomptés par le ministère de l'intérieur étaient 800 000 (2 millions selon les syndicats)", montrant clairement qu'il n'y a qu'un seul chiffrage objectif.


221.Posté par buyck le 27/06/2010 18:03
Ne plus écouter que des experts équivaux à dénigrer tout autre types d'opinions. ON occulte de la discussion le citoyen ordinaire pour ne laisser la parole qu'a une certaine élite spécialisée ce qui coupe court à tous dialogues, à tous débats constructifs

220.Posté par buyck le 27/06/2010 17:57
Expert, adjectif
Qui a acquis des connaissances, des compétences grâce à la pratique.
Personne spécialisée dans un domaine et chargée de juger, d'apprécier.
11 synonymes.
arbitre, averti, bon, capable, compétent, connaisseur, expérimenté, savant, spécialiste, versé, virtuose.
Tout cela n'est que théorie. Certains se bombardent experts, spécialistes. Il y a des experts dans tous les domaines, sur tous les sujets, tous emprunt de subjectivité
Il est tentant de définir l'expert simplement comme celui qui sait, sur un champ délimité de savoir. Mais cette approche trouve rapidement ses limites, dès lors qu'on reconnaît la nécessité de différencier l'expert du savant ou même du spécialiste. ...

219.Posté par Lorraine le 26/06/2010 21:39
Marianne , pitié.
Je viens de supprimer 142 mails émanant de ce fil.Voyant arriver ceux-ci, je vous ai mis dans mes indésirables ( orange )
Mais que vous arrive-t-il ?

218.Posté par SERGE (06) le 26/06/2010 17:07
Pourquoi aucun journaliste, au lieu de se bloquer sur l'âge légal de départ à la retraite, 60/62, ne pose-t-il le vrai pb : ceci, comme l'augmentation de du nb de trimestres nécessaires pour partir à taux plein concoure tout simplement à faire baisser automatiquement le montant des pensions des futurs retraités (comme l'avait déjà fait Balladur) puisque personne, désormais ne pourra partir à taux plein dans les condition du marché du travail actuel et futur : tout le monde partira à taux partiel :
le but de la "réforme" est donc de BAISSER LE MONTANT DE TOUTES LES RETRAITES DE TOUS LES SALARIES
exceptés les cadres dirigeants bénéficiants de bonus, stock-options ou autre privilèges de leur niveau.
En 3 ans 10% de la richesse nationale est passée des classes sociales classiques aux 1% à 3% des français les plus riches. Comme aux USA à l'époque Reagan. Ils n'ont aucune intention d'arrêter. Et pour continuer, il leur faut piquer dans les poches de tous les autres : retraités, salariés....etc Sans parler de la diminution des services publics dont eux n'ont rien à foutre : ils ne les utilisent pas.
Le trou des caisses retraites comme celui de sécu n'est qu'accessoirement un pb de durée de vie. C'est "jusqu'à quel point les plus riches, les plus puissants peuvent dériver le fruit du travail des salariés vers leur poches en diminuant de toutes les façons le pouvoir d'achat de toutes les couches sociales à tous les lieux et stades de leur vie.
Je vous vois tous discuter de solutions savantes, voire comptables pour une vraie réforme du système des retraites qui soit juste en plus. Mais, bon sang, partez de la base : ce gouv ne veut pas réformer les retraites, IL VEUT LES DIMINUER. On est dans une démarche Reaganienne, tatchérienne : on ne réforme pas l'économie (on l'abandonne!* On s'en fout d'autant plus que les hyper-riches font de l'argent en spéculant via l'industrie financière : pas besoin de salariés, de travail pour faire du profit comme autrefois, au contraire le profit est devenu l'ennemi de l'emploi : plus on licencie, plus les actions montent) Il s'agit juste de transférer ce qui va dans les mains des salariés (en le compressant d'où les "réformes" de tout ce qui est monétaire comme les retraites et autres sans provoquer de révolution) vers les mains des HYPER-PRIVILEGIES.
Alors, pour batir une alternative, ne partez pas des schémas actuels du monde du travail, du monde économique qui est régi par l'ultra-libéralisme. Bon dieu, inventez du tout neuf. Je sais c'est pas facile. Mais puisqu'il faut une base de départ partez du libéralisme normal ou du socialisme si vous êtes de gauche. Sortez du champ de ce qui est sensé être possible : vous avez les connaissances et les moyens intellectuels pour matérialiser, concrétiser cet impossible qui deviendra possible... quand le pire(qui va arriver et dont J Attali est le seul à donner une image) (au fait, c'était la maxime préférée de Chou-en-laï qui m'avait glissé ça en Chine en1975, ce qui vous donne une idée de mon âge : "Dans toute situation, il faut prévoir le pire"). N'ayez jamais peur de sortir de ce que vous voyez: les schémas sur lesquels fonctionne la société, car ils bloquent l'éclosion de toute vision neuve.

217.Posté par Franz le 26/06/2010 11:45
214.Posté par Claire M3T

Le rôle du politique, ce devrait être un art, est de hiérarchiser les priorités. Personne n’ira prétendre que la tâche est facile. Mais le problème est que cette hiérarchie est justement définie par les experts. En fonction de critères et d’une doctrine qui a complètement perdu de vue la réalité humaine. Qui doit se plier à leur vision.

Que dit la doctrine sans cesse répétée et toujours enseignée ? Que plus l’économie est prospère plus la population en bénéficie. Cela avait un sens, à nuancer, quand cette économie dépendait à cent pour cent de la production. Industrielle ou agricole. Ce n’est plus une originalité que de prétendre qu’aujourd’hui l’économie que nous croyons plus florissante que jamais est pour une grande part le résultat d’un tripot planétaire. Depuis quand un joueur de poker a-t-il fait prospérer sa famille. Chacun sait qu’elle finit sur la paille à force de rembourser ses dettes.

Ceci est d’autant plus dramatique que la part de production ne cesse de se délocaliser.

Redéfinissons donc ces priorités. En fonction des réalités et de ce que nous souhaitons. En premier lieu, comme condition non négociable, le plein emploi. D’où cet impératif qui devrait nous servir pour déterminer notre choix politique. Quels emplois permettrez-vous lundi matin ? A défaut, mardi on vous vire.

Amicalement
Franz

216.Posté par Franz le 26/06/2010 11:32

Elie44

Si ton analyse était pertinente, ce que je ne pense pas, à quoi cela servirait-elle ? A accepter notre déchéance sociale et culturelle, à retourner dans l’arbre d’où nous venons ? Est-ce que cette manière d’envisager le partage en déshabillant Pierre pour habiller Paul est le meilleur moyen d’imaginer la politique pour le monde dans lequel nous vivons ? Certes, il s’agit d’agrandir cette vision du monde en dépassant notre hexagone et notre indécrottable colonialisme. Mais les égoïsmes qui l’affectent et que tu prétends dénoncer, concernent-ils les millions de travailleurs pauvres de plus en plus précaires ou le monde d’Eric Woerth et de Liliane Bettencourt ?

Encore une fois, notre pays vit sur sa lancée, profite de son opulence passée, de son épargne colossale, de la puissance désormais désintégrée de ses services publics. Ce qui pour un temps permet à nos pauvres de paraître avantageusement favorisés par rapports au pauvres d’ailleurs. Mais il ne suffit pas de se contenter d’instantané trompeur. Il convient de distinguer les signes forts qui nous conduisent vers le futur. De moins en moins enviable. Ce n’est pas parce que cela se fait au profit d’une classe de nouveaux riches en Chine ou ailleurs (avec les catastrophes écologiques qui s’annoncent) que nous devons nous réjouir d’un (mensonger) bonheur des peuples. Dont de toute façon la totalité du continent Africain est exclu.

Permets moi d’en conclure que tes questions, d'autant plus faussement généreuses qu'elle en te conbcernent pas ou plus, ne mènent nulle part. Rien à faire, il faudra se retrousser les manches.

Amicalement
Franz

215.Posté par Claire M3T le 26/06/2010 10:53
@ 202.Posté par Franz le 25/06/2010 22:01

Franz vous formulez là un problème fondamental. La société ne devrait pas être "pilotée" que par les experts... mais par des artistes des inventeurs des entrepreneurs... et des politiques mais qui auraient les qualités des précédents tout en sachant écouter les experts sans jamais suivre leurs conseils tels que.

Les experts (comme les conservateurs) sont nécessaires pour ré-éclairer le passé pas du tout pour se projeter vers l'avenir. Il suffit de regarder aujourd'hui la pauvreté des projets d'avenir proposés à la mesure de celle des esprits qui nous gouvernent.

Certainement que, comme dit Elie Arié : La difficulté n'est pas de parvenir à [..] conceptualiser ces propositions d'avenir car " on serait assez nombreux à se mettre d'accord sur ce qu'on voudrait, au moins dans ses grandes lignes" mais "la difficulté est de parvenir à faire passer dans les faits ce qu'on souhaite. Le problème n'est pas le "quoi?" mais le "comment?"

Tout à fait d'accord : ce ne sont pas les discours ni les promesses qui nous intéressent mais les actes et donc le "pouvoir" de les "faire" ou de les "décider". (Or incidemment qui connaît un politique qui fait ce qu'il dit ?)

C'est vrai que là le bas blesse :
"-et c'est à cela que personne n'a de réponse, même ceux qui cherchent à se convaincre qu'ils en ont une ("on va descendre dans la rue, on va faire une grève générale illimitée, et puis oualà, c'est dans la poche", y a plus qu'à fixer la date")."

Car aucune autorité légitimée (abusivement par notre système) n'en a rien à faire de l'avenir ! La seule chose qui intéresse "l'autorité au pouvoir" c'est de s'y MAINTENIR au pouvoir : toutes ses décisions tous ses actes vont dans ce sens : c'est pourquoi ils n'ont pas pour objectif l'intérêt général, ou de réaliser projet de mieux vivre ensemble, mais d'installer la pérennité du pouvoir et de celui des siens (qu'il sait qui le lui rendra) ?

Et de Elie de continuer : "Et c’est là où une situation d’urgence peut faciliter ce processus. C’est ce qui a conduit au consensus du CNR."

Sauf qu'aujourd'hui, le défi est justement de ne plus d'attendre les contextes d'urgence viennent à point nommé pour modifier les processus de la décision politique. car ils sont souvent d'une violence extrême.

C'est là que nous entrons en scène ou plutôt que les nouvelles technologies de la communication ont un rôle à jouer.



214.Posté par fred74 le 26/06/2010 08:25
mais avant de parler des retraites, il faudrais penser avant tout au travail....le problême est prie a l'envers.
Ils pouraient même la repouser jusqu'à 100 ans que cela ne changera rien, si pas de travail pas de retraite point barre.
Et comme la France se desindustrialise a tout vas.....combien reste-t-il de travail en bleu de travail en france ? que fabrique t-on aujourd'hui chez nous ? c'est pas pour rien que les pays d'asies sont des pays émmergents, ils peuvent assés. Le décolletage par ex en haute savoie, dans la vallée de larve vas devenir comme le nord , car l'industrie c'est delocalisé. Il ne vas rester que le tourisme,,,,,,nous allons devenir un Zoo à ciel ouvert !

213.Posté par alain riou le 26/06/2010 08:13
@ 144 Maïboroda Jean
De 72 a 75 j'ai voyagé et travaillé en Algérie ( entre Bougie et Sétif ) .J'ai même passé 2 jours chez les moines de Tibéridine . J'ai quitté ce beau pays après avoir provoqué une grande réunion de coopérants a Alger après avoir fait un dernier tour a travers la pays . En 3 ans j'ai vu la situation évoluer très vite . Il y avait eu 1 mort dans la vallée et un de nos collègues Français approvisionnait en fusils les gens .Les gens du pays vivaient pour beaucoup dans la misère et devenaient de plus en plus intolérants envers les étrangers alors qu'en 1972 c'était très cool .
A plus ,sur votre blog et peut être en Corse où ma compagne veut a tout prix aller . Ce sera sans doute au printemps prochain , afin d'éviter la neige qui nous avait surpris un automne alors que nous n'avions plus que short et légère chemise a cause d'un vol dans notre voiture .

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