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L’UMP face à la montée de Bayrou : changement de stratégie ?

Rédigé par François Vignal le Lundi 5 Février 2007

Devedjian qui juge la percée de Bayrou «extrêmement utile». Fillon qui pense que la coalition droite/gauche chère au candidat UDF «n’a pas de sens». L’UMP cherche la meilleure stratégie pour contrer la montée de François Bayrou. Premiers signes d’inquiétude ?



« On ne change pas de position par rapport à François Bayrou», assure Valérie Pécresse, porte-parole de l’UMP. Il faut dire que le leader et candidat de l’UDF est aujourd’hui à 13%, voire à 14% dans certains sondages. Le moment pour l’UMP, qui jusqu’à présent préférait l’ignorer, de prendre en compte le danger Bayrou ?

François Fillon, invité du grand jury RTL/Le Figaro/LCI, a conclu que l’idée, chère à François Bayrou, selon laquelle « on pourrait créer une grande coalition avec la gauche et la droite dans notre pays, à l’Allemande, (…) est une solution qui n’a pas de sens dans l’état qui est celui de la France sur le plan politique ». Le lendemain, Patrick Devedjian, autre conseiller politique de Nicolas Sarkozy, se voulait moins dur pour le candidat UDF, mais plus sarcastique : François Bayrou « fait notre campagne (…). Il affaiblit Ségolène Royal et il renforce Nicolas Sarkozy ».

« Sas de décompression »
L’équipe du candidat Sarkozy amorce-t-elle la contre-attaque envers un François Bayrou troisième homme qui menace de monter d’une marche ? « Pas du tout , assure à Marianne2007.info Valérie Pécresse. Le vote Bayrou se nourrit des déceptions des électeurs de gauche. Bayrou est un sas de décompression des électeurs de gauche vers Sarkozy », croit savoir la porte-parole de l’UMP, qui précise les propos de François Fillon : « le positionnement de Bayrou ne peut pas marcher aujourd’hui compte tenu du caractère extrêmement archaïque de la gauche française qui n’a rien à voir avec la gauche sociale-démocrate espagnole ou allemande ».

Valérie Pécresse assure pourtant que l’UMP « ne change pas de stratégie par rapport à François Bayrou. Tout ce que nous disons aujourd’hui, nous l’avons dit avant. C’est la qualité de l’écoute des journalistes qui change. Nous sommes zens, calmes et respectueux » dit-elle en souriant…avant de rire jaune, la prochaine fois ?

Même si, à la moindre occasion, François Bayrou attaque Nicolas Sarkozy de front, Valérie Pécresse préfère ne pas insulter l’avenir : « François Bayrou est un allié de second tour. C’est ce que nous espérons et croyons ». Et s’il se retrouvait à 20% d’intentions de vote ? « Ce serait pareil. Enfin, on verra le jour venu ».


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