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Conseil national du PS : règlement de comptes sur fond de « rénovation »Rédigé par Anna Borrel le Samedi 23 Juin 2007
Le calendrier pour la « rénovation » proposé par François Hollande a été accepté à l’unanimité par le Conseil national du PS, après des débats qui ont sévèrement mis en cause Ségolène Royal.
« Elle est où ? » Cette question criée par un membre du Conseil national du Parti socialiste donne le ton. C’est en l’absence remarquée de Ségolène Royal que se déroulera la séance. Pierre Mauroy, Jean-Luc Mélenchon ou encore Laurent Fabius en profitent pour lâcher, dès l’entrée, quelques commentaires bien sentis sur la candidate. Et malgré les dénégations de François Hollande devant la presse, qui affirme que « le parti est uni » et que la candidate à l'élection présidentielle « mérite le respect », la réunion va rapidement se transformer en règlement de comptes entre partisans et opposants de Ségolène Royal. Lors de son allocution, le premier secrétaire propose un calendrier pour la « rénovation » tant attendue, qu’il soumet au vote du Conseil. Un vote qui, au fil de la matinée, prend des allures de référendum pour légitimer la direction du parti contre les velleités de l'ex-candidate à l'élection présidentielle.
La motion que propose François Hollande prévoit, dès septembre, la création de trois forums qui s’interrogeraient sur le socialisme dans la mondialisation, la solidarité et les sécurités. Une commission de la rénovation serait créée en parallèle et des « assises de la gauche » prévues pour la fin de l’année. Ensuite, ce sera le Congrès, après les élections municipales, en 2008. Exit donc, les suggestions de la candidate qui appelait de ses vœux une consultation « rapide » des militants et la désignation à court terme du candidat socialiste pour 2012. Selon Stéphane Le Foll, directeur de cabinet de François Hollande, cette désignation ne serait à l’ordre du jour qu’à l’horizon 2010, après les élections locales et les européennes. Avant le vote de la motion Hollande, les contributions qui se suivent à la tribune montrent l’image d’un parti qui règle ses comptes après la défaite. Cible privilégiée : Ségolène Royal. En témoigne les sifflet qui accueillent la déclaration de Gaëtan Gorce, fidèle de la présidente de Poitou-Charentes et démissionnaire, cette semaine, du bureau national du PS. « Il faudrait, si j’en crois notre secrétaire, que rien ne change. Continuer comme avant », lance-t-il avant de réclamer « un changement d’équipe » à la direction du parti pour mettre fin à « un système qui nous paralyse depuis 20 ans ». Les huées reprennent pendant l’intervention de François Rebsamen. Bien qu’il promette de voter pour la motion de François Hollande « dans un souci d’unité et d’apaisement », l'ex-codirecteur de campagne de la candidate estime « curieux de lancer un tel chantier sans le faire valider ou sans même consulter les adhérents sur la méthode choisie. » Les amis de Ségolène Royal entendent faire peser la légitimité des militants contre celle de la direction. Tant et si bien que François Hollande reprend la parole pour rappeler qu'il peut, lui aussi, se prévaloir du soutien des militants puisque « les responsables procèdent des adhérents ». Après une douzaine d’interventions de cadres du parti, la motion de François Hollande est finalement votée à l’unanimité moins trois voix : celles de Manuel Valls, de Gaëtan Gorce et du député Jean-Patrick Gille. Précision d’importance : les partisans de la présidente de Poitou-Charentes – Arnaud Montebourg, Vincent Peillon, David Assouline et Julien Dray - ont quitté la salle avant le vote. Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius ont, eux aussi, dû partir plus tôt… Au final, l’actuelle direction du parti sort néanmoins renforcée de ce Conseil très animé. Et les détracteurs de Ségolène Royal se réjouissent : « nous étions venus pour empêcher une tentative de putsch, lance Jean-Luc Mélenchon au sortir de la séance, le putsch n’a pas eu lieu ! » |
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