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Ségolène Royal en trop grand sur la photo de famille du Zénith

Rédigé par Anna Borrel le Mardi 29 Mai 2007

La soirée du PS, mardi 29 mai, au Zénith devait montrer une image historique : les ténors socialistes réunis pour la première fois sur scène, main dans la main. Mais les partisans de Ségolène Royal ont joué les trouble-fête.



Pour la première fois, à douze jours des élections législatives, les ténors du PS sont montés ensemble sur scène, au Zénith de Paris, avec une cinquantaine de candidats socialistes. Le chant révolutionnaire Bella Ciao en fond sonore et, tout en sourires, François Hollande, Ségolène Royal, Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius et Bertrand Delanoë, réunis pour la photo, se passant une rose, symbole de leur parti. Les flash crépitent. Mais très vite, le slogan « tous ensemble, socialistes ! » scandé par la salle se transforme en « Sé-go-lène ! ». Le ton est donné. Toute la soirée, l’image de la belle unité sera gâchée par les réactions très coordonnées d’un public de militants ségolistes chevronnés. Un par un, les ténors montent alors sur scène. Avec, décliné selon leur style propre, un même mot d’ordre : mobiliser les électeurs pour les élections législatives et empêcher la droite de cumuler tous les pouvoirs. Mais le message ne passe pas de la même façon selon l’interprète…

Ovation pour Ségolène Royal
Lors de son discours, Ségolène Royal n’hésite pas à reprendre presque mot pour mot certaines formules utilisées pendant la campagne et au soir du second tour. « Quelque chose s’est levé qui ne doit pas s’arrêter », lance-t-elle, avant de saluer les « candidats et candidates » aux élections législatives qui « continuent la démocratie participative », sa marque de fabrique. Ovation. Elle fustige le « rouleau compresseur » de la droite. Le public électrique crie « Ségolène, merci » pendant plus de deux longues minutes. A tel point que le Monsieur Loyal de la soirée, le député de la VIIè circonscription de Paris Patrick Bloche, est obligé d’intervenir pour que la soirée poursuive son cours après le départ de la présidente de Poitou-Charentes : « Je crois que Ségolène a bien compris que vous la remerciez… », lance-t-il plusieurs fois sans parvenir à se faire entendre.

Sifflets pour DSK et Jospin
Après les courtes allocutions de trois candidats, c’est au tour de Dominique Strauss-Kahn de prendre la parole. Mais cette fois-ci, ce sont des huées et des sifflets qui accueillent le député du Val d’Oise. Dans un silence épais, il développe ses « trois raisons » de voter socialiste aux prochaines élections. Il dénonce avec des arguments mathématiques l’inefficacité de la franchise médicale proposée par Nicolas Sarkozy. Mais lorsqu’il évoque la « refondation nécessaire » de son parti, les sifflets reprennent de plus belle. Et quand son discours prend fin, certains militants n’hésitent pas à quitter la salle, ostensiblement. « Ce sont vraiment les pires méthodes, se désole un adhérent, amer. Rester pour huer puis partir après que l’adversaire ait parlé. C’est moche. » Tous, pourtant, ne sont pas encore partis : quand Patrick Bloche annonce qu’il va lire un message de soutien de Lionel Jospin, il doit couvrir des cris plus véhéments encore.

Fabius et Hollande : « unis » et « rassemblés »
La soirée se clôt par les discours énergiques de Laurent Fabius et de François Hollande, encouragés tous les deux par le public. Le député de Seine-maritime s’emporte contre la « présidence absolue » de Nicolas Sarkozy et la formule « travailler plus pour gagner plus », « un leurre », selon lui. « J’entends partout les gens me dire : socialistes ! Ne vous divisez pas, soyez unis ! », conclut-il. Un message proche de celui que lance le premier secrétaire : « Nous sommes rassemblés, affirme-t-il, et quand les socialistes sont rassemblés, rien ne peut les arrêter ! » Tout le monde applaudit. A l’exception des ségolistes, qui sont déjà partis.


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