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Une discrète réunion a rassemblé les banquiers de taille mondiale à Davos. Objectif : fixer ce qui serait acceptable comme régulation internationale. Le G20 est ridiculisé.


Il est des moments où la lecture du Figaro vaut celle de tous les traités consacrés au capitalisme depuis Karl Marx. Ce matin page 21 (cahier saumon)  le quotidien officiel de la droite titre : « accord sur un renforcement des réglementations financières » (hélas, l’article n’est pas disponible sur le site du journal). On se dit : « tiens, j’ignorais que le G20 se réunissait ce week-end ». Mais non : le sous-titre nous éclaire: « Réunies à Davos, les grandes banques se rallient à l’idée de règles plus rigoureuses ».


L’article (lire ici l’avant papier) est encore plus clair : les grands banquiers mondiaux se sont réunis « à huis clos » samedi matin, pour décider entre copains de ce qu’ils étaient disposés à accepter en matière de régulation.


Par exemple : « OK pour une réglementation cohérente », mais pas pour une agence centrale chargée de son application. Des règles, mais pas de gendarme. Quant à payer une taxe sur leurs activités risquées, comme proposées par les Allemands, vous n’y pensez pas ! D’ailleurs, comme le rapporte mon confrère Jean-Pierre Robin, on n’en a même pas parlé. Le prochain G20 est donc prévenu des bornes à ne pas dépasser. Pas besoin d’envoyer un courrier puisque Larry Summers, conseiller de Barack Obama, et Christine Lagarde, notre ministre des finances étaient présents. 



Une remarque s’impose : les médias, hors le Figaro et le Financial Times, ont largement rendu compte du discours, fort intéressant,  du président Sarkozy, sur la « refondation du capitalisme ». C’était nécessaire quoique le discours fut une répétition de ceux prononcés autrefois  à Toulon ou à Genève. Hélas leur recension des décisions du « vrai pouvoir » sont plus minces, voire inexistantes. Dommage, car c'est bien là que ça se passe.




Rédigé par Hervé Nathan le Lundi 1 Février 2010 à 15:57 | Commentaires (3)

Profil
Hervé Nathan
Hervé Nathan
Journaliste, 56 ans. Je suis actuellement rédacteur en chef économie et social à Marianne, après avoir appartenu successivement à La Tribune et à Libération. J’ai écrit, en commun avec mon ami Nicolas Prissette du Journal du Dimanche, un livre intitulé “Les bobards économiques”,chez Hachette Littérature.

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