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Laurence Parisot a présenté ce matin les « orientations » du patronat pour la présidentielle. Le programme patronal et celui de l'UMP sont étrangement poreux.
Il fut un temps où Nicolas Sarkozy prenait un malin plaisir à malmener le patronat, et le Medef en particulier. C'était dans les années de crise, entre 2008 et 2010, lorsqu'il laissait dire par Alain Minc, visiteur assidu et conseiller officieux: « nous avons la patronat le plus bête du monde ». Où lorsqu'il exigeait la mise en place de la « règle des trois tiers » (un tiers des bénéfices pour les salariés, un pour les actionnaires, un pour les investissements) et faisait semblant de ne pas comprendre les résistances des chefs d'entreprises. On a dit que Laurence Parisot, présidente du Medef, en avait conçu quelque dépit. Eh bien, la séance de ce matin au siège de l'organisation patronale, montre que la dame n'est pas rancunière. La présidente, habillée d'une veste à la Angela Merkel en version plus classe, a repris quasi intégralement le programme économique et social du gouvernement. Pour présenter « les recommandations, les axes, les idées » du Medef, regroupés dans un livre électronique baptisé « Besoin d'aire » (sic), n'hésite ni devant l'emphase ni devant le pléonasme: « Nous voulons dessiner les contours d'un grand dessein ». « C'est toujours mieux qu'avoir à contourner le dessin du grand dessein... », m'a glissé mon voisin sarcastique...
Revenons au « programme »: sur le chômage, le Medef propose de lier « l'assurance chômage et son accès à la formation... » Pile la proposition que Sarkozy a sorti de son chapeau dans son interview au Figaro Magazine et sur laquelle il propose de consulter les Français par référendum. D'ailleurs le problème de la France, ce n'est pas la destruction des emplois à cause de la crise, c'est le défaut « d'employabilité » des salariés français... Vieille rengaine. Le patronat suggère, en plus, de moduler (à la baisse, évidemment,) les cotisations des entreprises, en fonction de leurs efforts de formation. Les TPE, qui ne forment pas leurs salariés pourraient, elles, faire valoir « la formation non formelle » comme participation à l'effort de mise à niveau de leurs employés.... C'est chic et pas cher!
Laurence Parisot, qui recevra bientôt François Hollande en tournée chez les partenaires sociaux, a choisi de se démarquer sur le sujet central du discours du candidat socialiste: « il ne faut pas s'opposer à la finance. Il faut simplement l'aider et parfois lui imposer des règles », affirme-t-elle. On croirait entendre François Baroin..
Enfin le Medef salue l'arrivée de la TVA sociale au nom de la « compétitivité équitable ». Mais avertit qu'il faudra aller plus loin. Ce n'est pas 11 milliards d'euros de cotisations patronales qu'il faudrait basculer sur l'impôt, mais 28 milliards! Et de préférence sur la CSG. (en fait le recours à la TVA divise le patronat. Celui des services y est plutôt opposé car il craint une perte de chiffre d'affaires). Sur les retraites aussi, le Medef soutient la réforme phare de Nicolas Sarkozy et souhaite que l'âge de départ (62 ans aujourd'hui) soit encore une fois repoussé dans l'intervalle du prochain quinquennat. Sur l'assurance maladie il souhaite la poursuite de l'augmentation des franchises pratiquée par l'UMP, etc...
Finalement il n'y a que sur les questions de finances publiques que le patronat se démarque un peu de Nicolas Sarkozy, pour se rapprocher de François Bayrou. Comme le candidat centriste, le Medef se prononce pour un retour à l'équilibre des comptes dès 2015 (2016 pour Sarkozy, 2017 pour Hollande), grâce à une stratégie de « désendettement compétitif », qui consiste à effectuer deux fois plus de coupes dans les dépenses que de hausses de prélèvements obligatoires.
A la veille de l'entrée en campagne, Nicolas Sarkozy a donc obtenu l'appui du monde patronal. Cela lui donnera sans doute de l'assurance pour apparaître en chef d'Etat. Pour autant cela le sert-il politiquement? Rien n'est moins sûr:
D'une part Nicolas Sarkozy a déjà fait le plein dans la catégorie « chefs d'entreprise ». Il n'aura pas une voie de plus.
De l'autre, le soutien outrancier apporté par « les patrons » au candidat UMP légitime François Hollande dans sa prétention représenter la gauche, et les intérêts des salariés.
Quelquefois, il vaut mieux que les amis se fassent discrets...
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Revenons au « programme »: sur le chômage, le Medef propose de lier « l'assurance chômage et son accès à la formation... » Pile la proposition que Sarkozy a sorti de son chapeau dans son interview au Figaro Magazine et sur laquelle il propose de consulter les Français par référendum. D'ailleurs le problème de la France, ce n'est pas la destruction des emplois à cause de la crise, c'est le défaut « d'employabilité » des salariés français... Vieille rengaine. Le patronat suggère, en plus, de moduler (à la baisse, évidemment,) les cotisations des entreprises, en fonction de leurs efforts de formation. Les TPE, qui ne forment pas leurs salariés pourraient, elles, faire valoir « la formation non formelle » comme participation à l'effort de mise à niveau de leurs employés.... C'est chic et pas cher!
Laurence Parisot, qui recevra bientôt François Hollande en tournée chez les partenaires sociaux, a choisi de se démarquer sur le sujet central du discours du candidat socialiste: « il ne faut pas s'opposer à la finance. Il faut simplement l'aider et parfois lui imposer des règles », affirme-t-elle. On croirait entendre François Baroin..
Enfin le Medef salue l'arrivée de la TVA sociale au nom de la « compétitivité équitable ». Mais avertit qu'il faudra aller plus loin. Ce n'est pas 11 milliards d'euros de cotisations patronales qu'il faudrait basculer sur l'impôt, mais 28 milliards! Et de préférence sur la CSG. (en fait le recours à la TVA divise le patronat. Celui des services y est plutôt opposé car il craint une perte de chiffre d'affaires). Sur les retraites aussi, le Medef soutient la réforme phare de Nicolas Sarkozy et souhaite que l'âge de départ (62 ans aujourd'hui) soit encore une fois repoussé dans l'intervalle du prochain quinquennat. Sur l'assurance maladie il souhaite la poursuite de l'augmentation des franchises pratiquée par l'UMP, etc...
Finalement il n'y a que sur les questions de finances publiques que le patronat se démarque un peu de Nicolas Sarkozy, pour se rapprocher de François Bayrou. Comme le candidat centriste, le Medef se prononce pour un retour à l'équilibre des comptes dès 2015 (2016 pour Sarkozy, 2017 pour Hollande), grâce à une stratégie de « désendettement compétitif », qui consiste à effectuer deux fois plus de coupes dans les dépenses que de hausses de prélèvements obligatoires.
A la veille de l'entrée en campagne, Nicolas Sarkozy a donc obtenu l'appui du monde patronal. Cela lui donnera sans doute de l'assurance pour apparaître en chef d'Etat. Pour autant cela le sert-il politiquement? Rien n'est moins sûr:
D'une part Nicolas Sarkozy a déjà fait le plein dans la catégorie « chefs d'entreprise ». Il n'aura pas une voie de plus.
De l'autre, le soutien outrancier apporté par « les patrons » au candidat UMP légitime François Hollande dans sa prétention représenter la gauche, et les intérêts des salariés.
Quelquefois, il vaut mieux que les amis se fassent discrets...
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En Italie, les médias ignorent royalement le rôle de la France et de son président dans les questions européennes. Le Premier ministre Mario Monti préfère une relation quasi exclusive avec Angela Merkel. Explications.
Il existe un pays en Europe où la presse n’a pas fait une ligne sur le show commun de Nicolas Sarkozy et d’Angela Merkel, lundi soir à la télévision française. Ce pays qui échappe à la merkozite ambiante en France, c’est l’Italie. L’ignorance absolue des médias est telle qu’il est d’ailleurs difficile de savoir ce que nos deux dirigeants ont raconté sur les ondes. Du coup le Français de passage peut se poser la question : comment se fait-il que la traversée des Alpes suffise à gommer les pouvoirs à nos yeux les plus puissants ? La réponse est simple et donnée par un député italien, spécialiste des affaires européennes : « Depuis l’arrivée au pouvoir de Romano Prodi, la figure de Nicolas Sarkozy s’est effacée. Nous sommes confrontés aux exigences des Allemands, de Mme Merkel en particulier. La France n’a plus sa place dans notre relation ». Aussi simple que cela . « Merkozy », « le couple-franco-allemand-sans-qui-l’Europe-ne-peut-avancer », sont des contes pour enfants qu’on arconte aux Français crédules, pas aux Italiens.
L’explication est à plusieurs niveaux. La perte du Triple A tricolore a beaucoup joué Outre-monts pour désacraliser la puissance française, c’est certain. Ensuite l’arrivée au pouvoir de Mario Monti qui est ressenti par les Italiens comme l’homme qui les a sortis de l’humiliation où les avait plongé Silvio Berlusconi, a changé la donne. Ancien commissaire européen, plus rigoriste encore que certains Allemands, Monti (qui parle allemand) est un interlocuteur « naturel » pour Bruxelles et Berlin, et qui n’a aucun besoin d’un médiateur, rôle que proposait de jouer Sarkozy. D’ailleurs lorsqu’il parle des relations de l’Italie avec son environnement, le président du conseil évoque soit Manuel Barroso, soit Angeal Merkel, pas Nicolas Sarkozy. Les sommets tripartites Allemagne-France-Italie prévus ont été reportés, faute de contenu… Si l’on ajoute que Mario Monti peut parler directement en italien avec Mario Draghi, président de la BCE et ex de la banque Goldman Sachs comme lui, on constate à quel point le « Premier » est indépendante… de Sarkozy !
Troisième niveau d’explication, la France, en campagne électorale est ressentie com me un danger poterntiel pour la situation de l’Italie vis-à-vis des marchés. Explication par le journaliste du Financial Times en poste à Rome : « Trois dangers externes guettent l’Italie : la crise grecque si elle ne trouve pas de solution, la crise portugaise si elle s’accentue et une crise française en cas d’élection de François Hollande avec un programme économique qui retarde le retour à l’équilibre des finances publiques. A chaque occasion, les taux d’intérêts sur la dette italienne, qui est à 120 % du PIB, risque de se tendre terriblement…. » Et les Italiens qui ont déjà été à la merci des marchés entre juillet et novembre dernier n’ont pas envie de connaître les mêmes affres.
Pas sûr néanmoins que la mise à l’écart de la France soit très durable. En Italie, dont l’économie pourrait connaître une récession pendant les années 2012 et 20013, le débat monte sur une nécessaire relance coordonnée européenne, afin de compenser les sacrifices demandés par le gouvernement de technocrates catholiques dirigé par Monti. Dans quelques mois, la « furia francese » sera sans doute bienvenue en Italie, comme au bon temps du roi Louis XII…
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L’explication est à plusieurs niveaux. La perte du Triple A tricolore a beaucoup joué Outre-monts pour désacraliser la puissance française, c’est certain. Ensuite l’arrivée au pouvoir de Mario Monti qui est ressenti par les Italiens comme l’homme qui les a sortis de l’humiliation où les avait plongé Silvio Berlusconi, a changé la donne. Ancien commissaire européen, plus rigoriste encore que certains Allemands, Monti (qui parle allemand) est un interlocuteur « naturel » pour Bruxelles et Berlin, et qui n’a aucun besoin d’un médiateur, rôle que proposait de jouer Sarkozy. D’ailleurs lorsqu’il parle des relations de l’Italie avec son environnement, le président du conseil évoque soit Manuel Barroso, soit Angeal Merkel, pas Nicolas Sarkozy. Les sommets tripartites Allemagne-France-Italie prévus ont été reportés, faute de contenu… Si l’on ajoute que Mario Monti peut parler directement en italien avec Mario Draghi, président de la BCE et ex de la banque Goldman Sachs comme lui, on constate à quel point le « Premier » est indépendante… de Sarkozy !
Troisième niveau d’explication, la France, en campagne électorale est ressentie com me un danger poterntiel pour la situation de l’Italie vis-à-vis des marchés. Explication par le journaliste du Financial Times en poste à Rome : « Trois dangers externes guettent l’Italie : la crise grecque si elle ne trouve pas de solution, la crise portugaise si elle s’accentue et une crise française en cas d’élection de François Hollande avec un programme économique qui retarde le retour à l’équilibre des finances publiques. A chaque occasion, les taux d’intérêts sur la dette italienne, qui est à 120 % du PIB, risque de se tendre terriblement…. » Et les Italiens qui ont déjà été à la merci des marchés entre juillet et novembre dernier n’ont pas envie de connaître les mêmes affres.
Pas sûr néanmoins que la mise à l’écart de la France soit très durable. En Italie, dont l’économie pourrait connaître une récession pendant les années 2012 et 20013, le débat monte sur une nécessaire relance coordonnée européenne, afin de compenser les sacrifices demandés par le gouvernement de technocrates catholiques dirigé par Monti. Dans quelques mois, la « furia francese » sera sans doute bienvenue en Italie, comme au bon temps du roi Louis XII…
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Profil
Hervé Nathan
Journaliste, 56 ans. Je suis actuellement rédacteur en chef économie et social à Marianne, après avoir appartenu successivement à La Tribune et à Libération. J’ai écrit, en commun avec mon ami Nicolas Prissette du Journal du Dimanche, un livre intitulé “Les bobards économiques”,chez Hachette Littérature.
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