Mensonge quand il annonce qu’il est là en tant que président et non pas en tant que candidat, tout en permettant au candidat d’imposer sa présence sur 8 chaînes de télévision.
Mensonge quand il affirme que l’Europe n’est plus au bord du gouffre alors que l’insolvabilité de la Grèce et du Portugal, fortifiée par les plans de rigueur à répétition qui leur ont été infligés, s’apprête à contaminer l’Italie et l’Espagne.
Mensonge quand il affirme qu’il n’est pour rien dans la crise actuelle alors que cette crise est le produit direct de l’austérité imposée aux pays européens par les dirigeants européens dont il est, avec Angela Merkel, l’un des deux chefs de file. Comment vendre les produits fabriqués en France en Espagne, en Italie, en Grèce, au Royaume-Uni, en Irlande, alors que dans tous ces pays, les plans d’austérité à répétition se traduisent par des baisses de salaires et l’envolée du chômage de masse ?
Mensonge quand il affirme que le salut est dans la compétitivité et que le modèle c’est l’Allemagne. La récession qui gagne toute l’Europe frappe également l’Allemagne dont l’excédent commercial provient à près de 85 % de ses échanges avec l’Union européenne.
Mensonge quand il affirme que l’augmentation de 1,6 point du taux de TVA qui passera de 19,6 % à 21,2 % permettra, en baissant de 13,6 milliards les cotisations familiales payées par les employeurs d’accroître la compétitivité des entreprises françaises à l’exportation.
Pourquoi ? Tout simplement parce que les employeurs augmenteront d’autant leurs prix même si Sarkozy ne « croit pas que les prix augmenteront ». Il n’aurait pourtant qu’à se référer à une expérience pas si lointaine : la baisse de la TVA des restaurateurs qu’il a lui-même mise en place. À quelques rares exceptions près, les restaurateurs n’ont pas changé leurs prix, n’ont pas embauché et ont empoché la différence. Lui-même, en 2007 ne repoussait-il pas l’idée d’augmenter la TVA en affirmant qu’« elle aurait pour effet de réduire le pouvoir d’achat des Français » ?
Mensonge quand il affirme que la compétitivité de l’Allemagne vient d’un coût du travail inférieur au coût français. Pour l’INSEE, le prix du travail est un peu plus élevé en Allemagne qu’en France. Ce qui change, c'est la qualité des produits, due en grande partie aux sommes dépensées par le secteur privé pour la recherche et le développement qui sont, en Allemagne, le double de ce qu’elles sont en France.
Mensonge quand il essaie de nous faire croire que le « capital » sera lui aussi mis à contribution par son 3e plan de rigueur. Les 2 points d’augmentation de la CSG sur le patrimoine laisseront intacts les profits spéculatifs des sociétés, mais frapperont les économies des salariés. Quant à la taxe financière, elle est dérisoire. Elle rapportera au mieux 1 milliard d’euros en année pleine, très loin de la taxe présentée le 14 septembre 2011, par le ministre français chargé de la Coopération au G20 Finances de Washington, qui devait rapporter entre 25 et 45 milliards d’euros.
Mensonge quand il présente l’apprentissage comme solution au chômage. Il s’agira avant tout d’offrir une main-d’œuvre bon marché au patronat et de changer la place de quelques milliers de jeunes dans la file d’attente pour l’emploi.
Mensonge quand il affirme que construire 30 % de plus de logements pour un bien foncier permettra de baisser le prix des loyers. En quoi la possibilité d’ajouter un garage ou un étage à une maison particulière pourrait-elle bien faire baisser les loyers ? En quoi la possibilité de construire deux étages de plus à un immeuble influera-t-il sur le prix des loyers s’il ne s’agit pas de logements sociaux aux loyers encadrés ? Cela ne fera qu’augmenter le prix des terrains et les profits des promoteurs immobiliers. Il suffit de se référer à l’Espagne pour comprendre que construire des logements qui ne sont pas des logements sociaux conduit tout droit à l’impasse. Il y a aujourd’hui plus d’un million de logements inoccupés en Espagne alors que des millions d’Espagnols sans logement ou mal-logés n’ont pas la possibilité de payer les loyers demandés par les promoteurs.
Mensonge, enfin, lorsqu’il affirme « J’ai le sens du ridicule ».
Le courage, en fait, c’est celui qu’il nous a fallu pour supporter, pendant 5 ans, son arrogance, ses coups contre nos salaires, nos emplois, nos retraites, notre environnement, nos conditions de travail et de vie.