Certes, les taux proposés par l’Agence allemande de la dette étaient très bas mais la raison principale est ailleurs : les « marchés financiers » ont entériné le fait que la crise de la dette européenne n’épargnera pas l’Allemagne. Après avoir critiqué, vilipendé les pays du « Club Med », Merkel et la CDU commencent à se rendre compte que les marchés commencent à mettre l’Allemagne dans le même sac.
Les marchés financiers avaient découpé les pays de la zone euro en quatre groupes : ceux qui ont dû faire appel aux prêts du FMI et de l’UE (Grèce, Irlande, Portugal) et dont les taux vont de 8 à 32 %. Ceux qui sont tout près d’avoir à faire appel aux prêts de la Troïka comme les pays précédents : l’Espagne et l’Italie. Ceux qui sont déjà dans les collimateurs des marchés : la Belgique, la France et l’Autriche. Les pays AAA : Allemagne, Pays-Bas, Finlande, Danemark, Luxembourg. Mais même dans ce dernier groupe, l’Allemagne tendait à faire cavalier seul et bénéficiait de taux d’intérêts nettement plus bas pour ses obligations d’État.