Sarkozy n’est pas président de la Vème République depuis 4 ans, la droite n’est pas au pouvoir depuis 2002, Sarkozy n’a jamais été ministre de l’Intérieur ou de l’Economie, des Finances et de l’Industrie de Chirac. Il ne porte aucune responsabilité dans la crise financière, économique, sociale et politique actuelle.
La crise est, d’ailleurs, pour lui une figure à éclipse avec laquelle il a joué constamment lors de son intervention télévisée.
La crise disparaissait quand son existence l’aurait amené à reconnaître que l’augmentation de la dette publique française entre 2008 et 2011 n’avait pas d’autre origine que le transfert des dettes privées (celles des banques en particulier) vers la dette publique. Un transfert qui n’avait pour but que de tenter de sauver les banques et les actionnaires en faisant payer la facture de la crise au salariat.
Il préférait répéter inlassablement la même antienne : si la dette publique augmente, c’est augmente c’est parce que l’Etat vit « au dessus de ses moyens ». Ce qui n’expliquait en rien comment la dette publique avait pu faire un bond de 35 % en 4 ans. Il préférait oublier au passage que c’était justement l’Etat qui fixait le montant de ses propres moyens et qu’en baissant les impôts des riches et des sociétés, c’est la droite qui avait vidé les caisses publiques. Il préférait oublier qu’alors qu’il venait de proclamer que les « caisses étaient vides », la droite avait quand même réussi à trouver quelques centaines de milliards d’euros pour sauver les banques de la faillite, sans exiger d’elles la moindre contrepartie, préserver les profits grâce à la « prime à la casse » et autres plans d’aide à un patronat qui ne se gênait pas pour licencier à tour de bras.
La crise réapparaissait quand cela arrangeait Sarkozy et qu’il cherchait à l’utiliser pour tenter de se dédouaner de toute responsabilité dans le naufrage actuel : « Ce n’est pas moi, c’est la crise ! ».
Comme si cette crise n’était pas celle de son monde, de son système, de ses amis du Fouquet’s, d’une économie bâtie sur un océan de dettes qu’il a encouragée, d’une bulle immobilière qu’il a largement contribuer à gonfler, d’une finance déréglementée qu’il n’a jamais essayé de réglementer même après la crise de 2007-2008 et ses promesses creuses de « moralisation du capitalisme ».
Comme si cette crise n’était pas celle de la « rupture » vers un néolibéralisme encore plus dur dont se réclamait le candidat Sarkozy en 2007.
Comme si cette crise n’était pas celle du Parti populaire européen (dont l’UMP est l’un des fleurons) qui dirige aujourd’hui deux gouvernements sur trois de l’Union européenne.
Si l’Union européenne est en crise, c’est la faute de Chirac qui a fait entrer la Grèce dans l’Union européenne en 2001. Si la France est en crise, c’est la faute de Mitterrand et de sa retraite à 60 ans, de Lionel Jospin et de ses 35 heures. Sarkozy lui n’y est pour rien : depuis 30 ans, il est dans l’opposition.