Alain Minc lui-même l’affirme. «
On n’a plus affaire à des pompiers pyromanes, mais à des pervers graves ». Les pompiers pyromanes ne seraient donc pas des « pervers graves » selon Minc. C’est bizarre, mais ce n’est pas le plus important. Le plus important, c’est de savoir pourquoi ces « pompiers pyromanes » ont toute liberté de pouvoir mettre le feu à l’Union européenne.
Il suffit d’un rapport de deux individus, n’ayant pas la moindre relation avec le suffrage universel, pour qu’un comité « schmolldu » de sept membres décide de dégrader la note de la France avec toutes ses conséquences. Car, selon les Echos du 13/01/2012 (
Les sept questions que soulève la dégradation ) , « Chez Standard & Poor’s, c’est une équipe de … deux analystes qui suivent et gèrent la note souveraine de la France, un Slovène, Marko Mrsnik, qui réside à Madrid et un Allemand, Moritz Krämer, qui vit à Francfort ».
D’où vient l’étrange pouvoir de ces individus ? Comment peuvent-ils dicter leur loi à des gouvernements élus, à la république, aux citoyens ?
Ils ne tirent leur audience que des pouvoirs qui ont été accordés aux marchés financiers par les traités Européens et notamment par trois articles.
– L’article 123 §1 du traité de l’Union européenne qui interdit à la BCE d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux administrations centrales des Etats-membres. Il interdit également l’acquisition directe par la BCE de titres de la dette publique de ces Etats.
– L’article 125 §1 du même traité qui interdit à l’Union européenne de prêter à un Etat-membre ou à un Etat-membre de prêter à un autre Etat-membre.
– L’article 63 qui instaure la libre circulation des capitaux, non seulement à l’intérieur de l’Union européenne, mais entre l’Union européenne et le reste du monde.
Sans ces trois articles qui ont consciemment construit la dictature des marchés sur les Etats européens, les obscures officines de notation n’auraient plus aucun pouvoir. Pour abolir le pouvoir de ces officines de notation, il faut abolir le pouvoir des marchés sur les Etats européens en abrogeant ces trois articles.
Gérard Filoche et Jean-Jacques Chavigné, co auteurs de DETTE INDIGNE
Ed. JC Gawsewitch 240 p, 14,9 euros