A Grigny (Essonne), dans le sud de la capitale, certains rêvent de se faire des CRS. A la Grande Borne, dans la nuit du mercredi 1er juin, ils ont accueilli une section de la CRS 26 avec des cocktails Molotov. Quatre blessés légers sont signalés dans les rangs, mais le plus grave est ailleurs. Ce sont ces mots inscrits sur un mur, visiblement pour accueillir les CRS, qui décrivent le mieux l’ambiance dans le quartier : « Bienvenue en enfer. On va fumé 1 keuf c’est bientôt l’aïd » (photo).
Nous aurions pu décider d’occulter cette image dont le contenu fait inévitablement le jeu des extrêmes. Nous la diffusons parce que l’occultation, en ce domaine, a montré ses limites. Les émeutes qui secouèrent les quartiers « sensibles » devaient déboucher sur un autre monde, où ces territoires auraient de nouveau leur place dans la République, Nicolas Sarkozy s’y était engagé. Cinq ans plus tard, la situation ne cesse au contraire de se dégrader.
« Cela démontre les difficultés auxquelles sont confrontés les collègues et le sang froid dont ils doivent faire preuve, observe Nicolas Comte, secrétaire général du syndicat Unité SGP Police (majoritaire). Cela nous rappelle aussi que tout peut basculer à tout moment ». « Ils veulent se faire un flic », ajoute un fonctionnaire sur le terrain, qui souhaite que les CRS ne se déplacent plus à moins d’une trentaine de personnes –loin de la fameuse patrouille à deux rêvée par le ministre de l’Intérieur Claude Guéant.
Renouer les fils entre cette jeunesse là et la police ne sera pas une mince affaire.