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Zola, notre blogueur chinois, arrêté !

Maude Milekovic | Jeudi 14 Août 2008 à 19:55 | Lu 10482 fois

Hier, Zola, notre blogueur chinois, a «gentiment» été «raccompagné» à son domicile… par des officiels. Équipé d’un téléphone qui lui permet de publier en temps réel des informations sur Internet, il a raconté toute l’histoire en direct.



Zola, notre blogueur chinois, arrêté !
Le mois dernier, Zola, le blogueur chinois qui agace Pékin, avait déjà été l’objet d’une «enquête» de police. Début août, des officiels chinois lui ont également expliqué que, pour sa sécurité, il valait mieux qu’il oublie ses projets de voyage à Pékin (du moins pendant la durée des JO).
Hier matin, Zola a reçu la visite de «personnes du gouvernement» : deux représentants du bureau de la planification familiale, suite à la réception d’un message qui indiquait qu’il avait violé la politique de l’enfant unique - Zola n’a pas d’enfant - et deux autres qui voulaient prendre le «thé» avec ses parents et discuter avec eux. Histoire de montrer que le jeune homme est l’objet de toutes les attentions. Aussi, lorsqu’un peu plus tard dans la journée, Zola a décidé de partir en vadrouille, il a été arrêté et ramené de force chez lui. Bref, notre blogueur est assigné à résidence.
Voici le récit, presque minute par minute, qu’il a donné de cette mésaventure, en direct sur Twitter, le réseau de microblogging, repris par le site Global Voices Online.

15h52
Liu, le directeur de la sécurité du groupe minier Changsha de Meitanba ainsi que trois autres m’emmènent à Meitanba Village, ils ont effrayé mes parents.

16h02
Ils m’ont forcé à entrer dans la voiture. Je veux que mes parents confirment ce qui est arrivé aujourd’hui, à quelle heure et à quel endroit et par qui, qu’ils indiquent le numéro de la plaque d’immatriculation de la voiture qui m’a emmené. Je vais bien, dans leur voiture, mais je me sens un peu comme s’ils m’avaient arrêté.

16h08
Les deux personnes qui sont venues ce matin en prétendant que j’avais violé la politique de l’enfant unique sont ici, avec le directeur de la sécurité Liu. Il se trouve qu’ils m’ont forcé à venir avec eux.

16h28
(En réponse aux internautes, lui ayant sans doute envoyé des messages de soutien :) Merci à tous de vos attentions. Je suis toujours dans le véhicule.

17h16
Le directeur de la sécurité du groupe minier Changsha de Meitanba me ramène de Fengmuqiao jusqu’à Meitanba. Ils m’ont demandé de rester à Meitanba, et si je coopère, ils me laisseront tranquille. Si je pars, ils me ramèneront de force. Je leur ai dit que je n’étais pas un employé du groupe minier Changsha, même si mon père l’était avant sa retraite, qu’il a pris il y a treize ans.

17h20
Je suis dans le véhicule immatriculé 湖A 94369, en direction de Meitanba, nous sommes pour l’instant quatre dans la voiture.

17h23
Il semble que l’escouade du Ningxia Guobao, le groupe minier Changsha, la police de gouvernement de Fengmuqiao se sont alliés, réalisant un travail plutôt efficace. Tout d’abord ils ont contrôlé mon téléphone portable pour voir s’il avait quitté la zone de Meitanba, ensuite ils ont envoyé des hommes du gouvernement de Fengmuqiao pour me surveiller, et en avertissant plus tard la division du groupe minier de Changsha qu’ils pourraient me dépasser, m’attraper, et me ramener à Meitanba, et voilà.

17h25
Je suppose que, mis à part le fait que j’ai été forcé à rentrer à Meitanba dans leur voiture, maintenant je suis libre. Malgré ça, j’espère qu’un journaliste pourra m’accompagner à Pékin, comme ça ils ne sauront pas quoi faire et je me doute que cela fera une histoire très vive.

17h31
Liu, le directeur de la sécurité du groupe minier Changsha m’a ramené de Fengmuqiao jusqu’à Meitanba. Lui et les autres m’ont demandé de rester à Meitanba, et si je le fais ils me laisseront tranquille. Si je pars, il me ramèneront. Je ne travaille pas pour le groupe minier Changsha.


Zola a écrit à la rédaction de Marianne2.fr, jeudi après-midi, pour nous préciser que tout allait bien. Il nous racontera sa mésaventure plus en détail dans sa prochaine chronique.

Pour retrouver l'ensemble de ses chroniques, cliquez ici.


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