Y a-t-il vraiment des miracles à Lourdes?
Vendredi 1 Avril 2011 à 12:01 | Lu 8136 fois I 43 commentaire(s)
Philippe Bilger a été juge d’Instruction et avocat général. Il est actuellement magistrat... En savoir plus sur cet auteur
Après la guérison « miraculeuse » d'un malade à Lourdes, Philippe Bilger s'intéresse à ces mystères que la science n'explique pas et aux réactions que suscitent ces énigmes, entre doute et scepticisme.
Il y a d'un côté les ricaneurs, les sarcastiques, tous ceux qui se moquent de la religion, de toutes les religions, les esprits forts, les gens qui ont une réponse pratique et évidente à tout, les serviteurs bornés et inconditionnels du profane.
Ces adeptes lassants de la dérision, je ne les aime pas.
De l'autre il y a les béni-oui-oui, les béats de la foi, les étrangers au doute, à l'incertitude, aux tremblements de l'être, de l'âme, les sûrs d'eux face à l'inconnu, les serviles du sacré.
Ces adorateurs monolithiques de la révérence, je n'en raffole pas.
A la suite de complications chirurgicales, un homme avait perdu partiellement l'usage de sa jambe gauche. Il se déplaçait avec d'extrêmes difficultés et sa douleur constante ne pouvait être atténuée que par l'injection sous-cutanée régulière d'un mélange à base de morphine.
Le 12 avril 2002, sa vie a changé à Lourdes, devant la grotte. Pour rendre grâce de cette « miraculeuse » guérison, il a effectué le chemin de Compostelle dans son intégralité, soit 1570 km à pied.
Ces adeptes lassants de la dérision, je ne les aime pas.
De l'autre il y a les béni-oui-oui, les béats de la foi, les étrangers au doute, à l'incertitude, aux tremblements de l'être, de l'âme, les sûrs d'eux face à l'inconnu, les serviles du sacré.
Ces adorateurs monolithiques de la révérence, je n'en raffole pas.
A la suite de complications chirurgicales, un homme avait perdu partiellement l'usage de sa jambe gauche. Il se déplaçait avec d'extrêmes difficultés et sa douleur constante ne pouvait être atténuée que par l'injection sous-cutanée régulière d'un mélange à base de morphine.
Le 12 avril 2002, sa vie a changé à Lourdes, devant la grotte. Pour rendre grâce de cette « miraculeuse » guérison, il a effectué le chemin de Compostelle dans son intégralité, soit 1570 km à pied.
Le constat médical de guérison inexpliquée avéré, l'authentification du caractère spirituel du phénomène dépendait de Mgr Delmas évêque d'Angers et médecin de formation. Celui-ci a « reconnu publiquement le caractère remarquable de la guérison » en ajoutant, avec une sorte de pudeur religieuse :« j'aurais pu employer le mot miracle. Tout est là pour le dire mais cela me paraissait un peu présomptueux » (Le Figaro).
Et maintenant, que dire, que supposer ? Je connais par avance la réponse ironique des esprits forts et l'adhésion émue des cœurs sulpiciens mais le mystère s'en trouve-t-il éclairci ? Il faut bien trouver une cause si on refuse que le miracle, avec sa charge de transcendance et d'irrationnalité, en soit une.
La science, demain, parviendra-t-elle à élucider ce qui aujourd'hui échappe au savoir humain ? Y a-t-il forcément, pour ces situations exceptionnelles où une métamorphose défie l'entendement, une rationalité secrète qui n'attend que d'être découverte ? Ou bien faut-il accepter l'irruption, dans la vie de tous les jours, par une sélection aussi imprévisible que bouleversante, d'événements qui n'auraient pour finalité que de nous laisser cois en face du mystère ou émerveillés par lui ?
En tout cas, qu'on ne traite pas par le mépris cette guérison de Lourdes. Le mépris est trop souvent le masque d'une ignorance qui a honte de s'avouer. Ceux qui croient au miracle et ceux qui n'y croient pas ne sont pas à la même enseigne. Les premiers n'ont rien à prouver. Les seconds, tout.
Ou, alors, le doute. Toujours le doute ?
Plus d'articles de Philippe Bilger sur son blog.
Et maintenant, que dire, que supposer ? Je connais par avance la réponse ironique des esprits forts et l'adhésion émue des cœurs sulpiciens mais le mystère s'en trouve-t-il éclairci ? Il faut bien trouver une cause si on refuse que le miracle, avec sa charge de transcendance et d'irrationnalité, en soit une.
La science, demain, parviendra-t-elle à élucider ce qui aujourd'hui échappe au savoir humain ? Y a-t-il forcément, pour ces situations exceptionnelles où une métamorphose défie l'entendement, une rationalité secrète qui n'attend que d'être découverte ? Ou bien faut-il accepter l'irruption, dans la vie de tous les jours, par une sélection aussi imprévisible que bouleversante, d'événements qui n'auraient pour finalité que de nous laisser cois en face du mystère ou émerveillés par lui ?
En tout cas, qu'on ne traite pas par le mépris cette guérison de Lourdes. Le mépris est trop souvent le masque d'une ignorance qui a honte de s'avouer. Ceux qui croient au miracle et ceux qui n'y croient pas ne sont pas à la même enseigne. Les premiers n'ont rien à prouver. Les seconds, tout.
Ou, alors, le doute. Toujours le doute ?
Plus d'articles de Philippe Bilger sur son blog.
Voir les 43 commentaires
La Une du moment
LES PLUS de Marianne
- Revue Web personnalisée
- Les Unes de Marianne2
- Le MAG en PDF 24h avant !
ou Se connecter
Abonnez-vous à la Newsletter de Marianne
Recevez tous les jours les meilleurs articles de Marianne2.fr
Recevez tous les jours les meilleurs articles de Marianne2.fr
Dans cette rubriqueSur Marianne vous aimez
Dans la même rubrique
|
“Le goût de la vérité n’empêche pas de prendre parti” A.Camus
|
|
© Marianne2, droits de reproduction réservés - Marianne - 32, rue René Boulanger - 75484 Paris cedex 10 - Tel : +33 (0)1 53 72 29 00 - Fax : +33 (0)1 53 72 29 72

Imprimer
Augmenter le texte
Diminuer le texte

Accueil
Envoyer
Partager

Facebook
Twitter
RSS
Newsletter