Marianne2 2012

Voyages officiels: la couche d'ozone peut attendre

Mercredi 22 Juillet 2009 à 14:01 | Lu 5674 fois I 13 commentaire(s)

JC Slovar
Décryptages de l'information politique, économique et sociétale par un citoyen engagé En savoir plus sur cet auteur

C'est la crise, mais en même temps, les ministres aiment bien se déplacer vite. ET puis il faut bien relancer l'industrie automobile. Slovar a fait le tour des ministères, via une revue de presse bien organisée...


(photo: Svadilfari - Flickr - cc)
(photo: Svadilfari - Flickr - cc)
La France souffre économiquement parlant. L'industrie automobile, profitant des primes à la casse, surnage tout en ne vendant que des petits modèles ayant droit au bonus écologique et quasiment tous fabriqués à l'extérieur de l'hexagone.

Pour finir, la taxe carbone se profile et va selon toute vraisemblance ne toucher que les particuliers au niveau du prix des carburants qu'ils utilisent pour leurs véhicules.

Ce qui ne semble pas préoccuper le gouvernement puisque comme l'écrit Le Monde : « Le bilan énergétique et économique du parc automobile de l'Etat est à pointer d'un zéro tout rond avec des achats de voitures inutiles et des dépenses injustifiées, affirme le magazine Auto Plus ... / ... »

Les caisses sont vides, vive l'emprunt ! titrait Le Point fin Juin 2009

« ... / ... Certains voudront réindustrialiser le pays, d’autres soutenir la jeunesse et les chômeurs. Reconstruire les universités, les lycées et la recherche. Ou bien encore « doper » le Grand Paris... Une carte blanche, en somme, qui devrait réveiller la créativité des lobbys en tout genre. Seule restriction : que cet argent ne serve pas à combler les fins de mois de l’Etat. Dans la tête de Sarkozy, il ne s’agit en effet pas d’ajouter une couche de déficit aux autres, les mauvais, « ceux qui financent les mauvaises dépenses, les gaspillages, l’excès de bureaucratie » , en clair le déficit budgétaire, contre lequel il veut continuer à lutter. Ce nouvel emprunt devra, dit-il, servir une ambition : « penser à la croissance de demain » en mettant tous les moyens nécessaires. Les mauvaises langues de l’opposition n’ont pas mis longtemps à regarder leurs agendas. En lançant ces grands projets stratégiques fin 2009, ceux-ci verront le jour en 2011 et en... 2012, année électorale ! ... / ...  »

D'ailleurs, le Président avait été formel : il n'entendait pas « vider des caisses qui sont déjà vides ».

Néanmoins, celui-ci a été épinglé par le dernier rapport de la Cour des Comptes pour son budget transport.

... / ... « plus de 14 millions d’euros », en 2008 - sans compter les déplacements pris en charge par le budget de la présidence de l’UE. Sans juger le nombre de ces voyages ni la liste des invités - jusqu’à 300 personnes -, la Cour des comptes note que l’Etat a parfois supporté les frais de transport des chefs d’entreprises conviés. Elle propose donc une « contribution des membres de la délégation issue des affaires, sur le modèle de celle des journalistes » qui paient une quote-part.

Voyages privés. Lorsqu’il voyage à titre non professionnel, Sarkozy tient désormais à prendre des vols réguliers et à régler le prix de ses billets et de ceux de sa famille. Mais « le mieux est l’ennemi du bien », nuance Séguin. Cette option, si elle répond aux « attentes de l’opinion », est « paradoxalement plus coûteuse ». Le Président devant être accompagné de 6 ou 7 personnes assurant sa sécurité ou sa communication et dont le déplacement est pris en charge sur des fonds publics. En même temps, un avion de l’ETEC, à vide, suit le Président pour lui permettre éventuellement de « repartir en urgence, à tout moment ». Autant emprunter l’avion officiel, conclut le rapport, quitte à rembourser des « billets fictifs sur la base des tarifs commerciaux » ... / ...


Le Président en a pris bonne note, mais a dû oublier de prévenir ses ministres puisqu'on apprend ce matin par le magazine AutoPlus dans un article portant le titre suivant : « malgré la crise, l'Etat flambe encore ». Et qu'y apprend-on ?

A son arrivée au ministère de l'Intérieur, Brice Hortefeux a commandé deux Citroën C6, toutes options, pour un montant de 100.000 euros. le parc du ministère disposait déjà de deux modèles similaires. (Malus de 1 600 EUR)

A la Défense, quatre-vingt quinze Renault Vel Satis ont été commandées pour les gradés détachés au ministère. (Malus de 1 600 EUR) - Source Le Parisien -

Des chauffeurs du Sénat, de l'Assemblée nationale et des différents ministères lavent les voitures même propres pour gagner des points cadeaux dans une station Total hors de prix sous les Invalides ! Quant au maire socialiste de Nevers, Didier Boulaud, cité à titre d'exemple, il aurait commandé en pleine crise la Peugeot 607 la plus chère, d'un coût de 49.800 euros. - Source RTL

Interrogé sur le cas de Brice Hortefeux, le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, s'est gardé de juger son collègue.

« J'aimerais bien regarder de près ce dossier. C'est facile de prendre une partie de l'information et de la monter en épingle, donc je n'ai pas d'information sur cette affaire. Je me garderai bien de faire des commentaires précis », a-t-il dit sur LCI. A la question de savoir s'il avait acheté de nouveaux véhicules en arrivant au ministère de l'Education nationale, Luc Chatel a répondu : « Non, j'ai plutôt donné des instructions de ne pas engager ni travaux, ni dépenses exceptionnelles. » - Source Le Monde

Il aurait pu ajouter : « Enfin quoi, m...., ce sont exclusivement des voiture françaises, fabriquées en France !!!! Et le patriotisme économique, vous y avez pensé... »

Retrouvez les articles de Slovar sur son blog








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