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Votation : Chatel et Lefebvre hurlent à la fraudeSylvain Lapoix - Marianne | Mardi 6 Octobre 2009 à 11:01 | Lu 11948 fois
Vote multiple, électeurs fictifs... Aucun argument n'est trop bas pour Luc Chatel ou Frédéric Lefebvre pour décrédibiliser le référendum sur La Poste. Une déclinaison des attaques contre le PS qui risque de leur revenir en pleine figure !
Après le référendum sur l'avenir de La Poste, la confusion règne à l'UMP : plus personne ne sait combien de fois les participants ont voté ! Lundi 5 octobre, Frédéric Lefebvre a fait son Tintin. Le porte-parole du mouvement présidentiel a en effet prétendu que des « témoignages » lui étaient parvenus selon lesquels certains avaient votés 22 ou 23 fois. Luc Chatel, invité de RTL mardi 6, avait une autre hypothèse : « si vous faites voter 20 fois la même personne, ça veut pas dire grand chose. » 20 ? 22 ? 23 ? En tout cas, le discours est clair : le référendum est une « tartufferie », une « pantalonnade » et il y a eu fraude.
Les critiques n'osent cependant pas s'avancer plus loin : combien ? Où ? Comment ? Ca, ils ne le savent guère. Mais des « témoignages » l'attestent, les sources sont floues... L'important est que le message passe : le référendum sur La Poste, c'est un « Congrès de Reims bis », un vote truqué, sans signification, que ce soit sur le fond ou la forme. Parce que, les gens de gauche, c'est bien connu, ça bourre les urnes, surtout le week-end au lieu d'aller bosser ou faire leurs course à l'hyper.
« Le vote n'a pas été complètement transparent », résumait Luc Chatel. Pour maintenir le cap des réformes, la majorité se doit de défendre coûte que coûte sa crédibilité à elle et donc entamer celle de toutes les tentatives de lever les électeurs contre ses projets. Or, un sondage le montrait ce dimanche : 59% des Français sont favorables à un vote populaire sur l'avenir de La Poste. Une idée qui va contre l'un des fondements du sarkozysme : le vote de 2007 est un blanc-seing, les autres ne sont que de sporadiques mouvements d'opinion.
Seul problème, depuis le référendum sur le traité constitutionnel de 2005, le sentiment de « trahison » du vote par les élites est plus fort que jamais et la droite tente de se racheter un peu de légitimité, de ci, de là , en organisant des petits votes circonscrits. Typiquement, en organisant une primaire en Île-de-France entre Valérie Pécresse et Roger Karoutchi : où étaient les observateurs de l'ONU pour vérifier la validité du vote ? Les analystes politiques ont eu beau observer que la désignation de Pécresse était plus issue de la sortie de l'Elysée et que de la sortie des urnes, tout le monde s'est comporté comme si la démocratie interne était à l'oeuvre. La différence entre les bons et les mauvais référendum
Les Jeunes populaires eux-mêmes font campagne ces dernières semaines en faveur du vote électronique dans les élections universitaires, gangrénées par les militants gauchistes qui (une fois de plus) manipuleraient les votes. Sous couvert de « modernité », ils défendent ce mode de scrutin, où la fraude serait moindre. Hormis les expériences américaines de disparition ou de susbstitution de vote, aucun risque, en effet !
Mais il y a pour l'UMP deux types de scrutin. D'une part, les mauvais scrutins : ceux organisés par la gauche (où l'on fraude, bien entendu, et où « la question est fausse » ) et ceux où on ne répond pas comme l'espérait la droite, « parce que l'ont n'a pas compris la question » Exemple : le premier vote irlandais sur le traité de Lisbonne. Et, d'autre part, il y a les bons scrutins : ceux où l'on répond à la question exactement comme l'espérait la droite. Exemple : le second vote irlandais sur le traité de Lisbonne.
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