Marianne2 2012

«Vive la crise» de retour à la télé !

Mardi 8 Juillet 2008 à 14:02 | Lu 23506 fois I 97 commentaire(s)

Régis Soubrouillard
Régis Soubrouillard
Régis Soubrouillard
Journaliste à Marianne, plus particulièrement chargé des questions internationales En savoir plus sur cet auteur

25 ans après Yves Montand et son émission «Vive la crise», Nicolas Beytout, le directeur des Echos, présentera à la rentrée sur France 5 «La France en faillite». L'objectif est toujours le même : faire avaler la pilule libérale aux Français.


25 ans après «Vive la crise», la célèbre émission d’Antenne 2, présentée par Yves Montand, France 5 prépare pour septembre «Vive la crise, le retour !».
Plus pessimiste que son ancêtre des années 80, cette nouvelle émission s'intitulera «La France en faillite», sera diffusée en prime time et présentée par le directeur du journal Les Echos, Nicolas Beytout. Selon Téléstar, l’émission fera à la fois un constat de l’état de la France (en faillite, donc) et «permettra de réunir des experts qui tenteront de trouver des solutions afin d'éviter que le pire n'arrive en 2030». On redoute déjà les éternels Alain Minc, Jacques Attali ou Robert Rochefort et les sempiternels discours sur les réformes indispensables, l'alignement sur nos voisins européens etc.

Montand : «Français ! Relevez-vous les manches !»
C'est en cela que «La France en faillite» s'annonce comme une resucée de la mythique «Vive la crise», qui s'ouvrait sur un faux journal catastrophe signé Christine Ockrent et se concluait par une exhortation d’Yves Montand à se relever les manches. A l’époque, les solutions présentées étaient claires et sans alternative : diminution des salaires, retour sur certains acquis sociaux… le début du discours sur l'inévitable réforme économique.

Une émission de propagande pour le médicament libéral
Historien des idées et auteur du livre La décennie : le grand cauchemar des années 80, François Cusset explique que si «l’émission se voulait audacieuse sur la forme — une sorte de docu-fiction — sur le fond, c'était une vaste opération de propagande pour le médicament libéral. Le message était clair : la crise est une aubaine, c’est une chance historique, il faut en profiter pour faire bouger le cheval de trait français. Le tout parrainé par la gauche moderne. Libération était partenaire de l’émission et le show est venu cautionner le tournant de la rigueur de la gauche».

Une pédagogie de la soumission
«Vive la crise» fut d'ailleurs saluée par la presse, qui y voyait une pédagogie de la crise. «Pédagogie de la soumission» plutôt, selon l’expression du journaliste Pierre Rimbert.

Le service public déjà repris en main
Pas sûr que Nicolas Beytout ose aller aussi loin dans l’exercice d’intoxication médiatique… Il n’en reste pas moins que François Cusset s’étonne de la programmation d’une telle émission sur le service public : «L’opération de suppression de la publicité n’a trompé personne. Est-ce que la production de ce type de programmes annonce déjà une forme de reprise en main ?» s’interroge-t-il.
Effectivement, si le service public sans pub fait quand même le boulot de TF1, on s'y perd...







LES PLUS de Marianne
  • Revue Web personnalisée
  • Les Unes de Marianne2
  • Le MAG en PDF 24h avant !

Abonnez-vous à la Newsletter de Marianne
Recevez tous les jours les meilleurs articles de Marianne2.fr


Dans cette rubriqueSur Marianne vous aimez