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Ventes à découvert: les banques sous le parapluie de l'AMF

Samedi 13 Août 2011 à 05:01 | Lu 7768 fois I 0 commentaire(s)

Emmanuel Lévy - Marianne

Les rumeurs sur la solidité financière de la France ont déstabilisé la bourse de Paris. Principales victimes, les banques ne doivent leur salut qu'à l'AMF. Comme en Italie, en Belgique ou en Espagne, le gendarme de la bourse a limité la spéculation sur les titres bancaires. En discussion à Bruxelles, l'extension aux dettes des Etats de l'interdiction des ventes à découvert n'a, pour l'heure, pas abouti.


(dessin Louison)
(dessin Louison)

Depuis quelques jours, Frédéric Oudéa doit siffloter machinalement le succès mondial « It's a cruel, cruel world » de « Gossip  », en français « la rumeur ». Car pour le patron de la Société générale, « c’est un cruel, cruel monde » que celui de la finance dans lequel il nage d’ordinaire avec bonheur et réussite. Attaqué suite à une rumeur infondée, le titre de la banque de la Défense a perdu près de 15 % durant la seule journée de mercredi 10 août. Seule la décision de suspendre les ventes à découvert sur 11 titres d’établissements financiers a endigué la forte spéculation à la baisse sur la SocGen, et avec elles l’ensemble des banques de l’hexagone. L’attaque de ces banques est concomitante à la rumeur sur la dégradation de la France de son précieux AAA qui court depuis mardi dernier. Prise par l’AMF, le gendarme des marchés financiers, en accord avec trois de ses consœurs européennes (l'Italie, l'Espagne et la Belgique), cette décision exceptionnelle vise à tempérer l’incroyable flot de rumeurs sur la qualité des dettes européennes. 

Cela fait deux fois que l’AMF protège les banques grâce à l’interdiction des ventes à découvert. Mais pas sur les dettes d’Etats comme l’avaient pourtant souhaité nombre d’économistes pour calmer la spéculation sur les dettes de la zone. On se souvient que Bercy, alors sous la direction de Christine Lagarde, avait refusé de se mettre dans les pas de l’Allemagne en mai 2010, prétextant un manque de « concertations ». Notre voisin, audacieux, avait interdit les ventes à découvert sur les titres bancaires, mais avait étendu la mesure aux dettes souveraines et à leur CDS…. Une aubaine pour les places de Paris, et surtout de Londres, qui avaient récupéré les ordres ordinairement placés à Francfort.

Peut-être l’AMF attend-t-elle une décision de Bruxelles. L'Union européenne semble en effet proche de conclure un accord en vue de mettre en place un cadre harmonisé sur les ventes à découvert : « Les négociations ont beaucoup avancé. Nous sommes tout près d'un accord et le commissaire Michel Barnier appelle à un compromis pour qu'un accord soit trouvé en septembre », a déclaré Chantal Hugues, porte-parole du commissaire aux Services financiers. L’Allemagne pousse l'attelage franco-belgo-hispano-italien (comme on disait lors des grandes coproductions cinématographique des années 70) à aller au-delà, quand le Royaume-Unis freine des quatre fers. Reste à savoir, si la proposition de l’Union s’inspirera de celle, ligth, de la France ou de la version contraignante « made in Germany. » 

En attendant, les épargnants reçoivent des messages plus que contradictoires. A en croire l'AMF, comme la Banque de France, ou le gouvernement, tout va bien. Tout est sous contrôle. Il ne s'agit là que de rumeurs. Il faut en effet, avant tout, envoyer des messages de confiance aux français. Pas question de les voir se précipiter sur leur dépôts et vider leur comptes. On arrête en effet difficilement une panique bancaire de ce type, sauf à fermer les agences et à placer un cordon policier autour. Mais évidemment rien de tout cela ne saurait advenir. Sauf que, et les banques ne s'en sont pas vanté, un mini vent de panique a soufflé en France en 2007-200 8. Un mini bank run durant lequel, les déposant avait retiré près de 30 milliards d'euros de leur comptes. Mais chut....


Ventes à découvert: les banques sous le parapluie de l'AMF







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