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Vélib’ peut-être, mais précaire

Pauline Delassus | Jeudi 24 Avril 2008 à 18:30 | Lu 6871 fois

Un ancien employé de J.C Decaux et de sa filière Cyclocity lance une fronde contre la direction. Ses reproches: un manque de sécurité et des salaires trop bas.



Marre des petits patrons. Thibault Prenez décide alors, à l’été 2007, de postuler dans une grosse entreprise, gage selon lui de sérieux. J.C Decaux, le grand spécialiste du mobilier urbain - 1,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires, présent dans quarante-huit pays- vient de créer une filiale chargée de l’installation et de l’entretien des Vélib’ à Paris : Cyclocity. Thibault Prenez devient alors agent de régulation. Au volant d’un camion à remorque décoré aux armes de la mairie de Paris, il sillonne la capitale afin de remplir les stations Vélib’ vides.

Thibault Prenez déchante peu à peu, jusqu’au mois de novembre où il est licencié à cause de jours de repos mal interprétés : «Un prétexte, ce qui les a gênés c’est que je conteste leur autorité et leur organisation». Dès le mois de juillet, il a créé un syndicat Solidaire (SUD) au sein de l’entreprise, un tiers y aurait adhéré sur les 380 salariés. Il porte également plainte aux Prud’hommes et demande à réintégrer Cyclocity. «Les camions sont extrêmement dangereux et confiés à des jeunes qui n’ont le permis que depuis quelques mois. On nous demande constamment de téléphoner au volant pour communiquer avec les centres de régulation, les amendes sont fréquentes. Les agents à vélo n’ont pas de protections, nous sommes tous très mal équipés, les risques d’accidents sont fréquents. Un agent est même tombé dans la Seine et a dû être repêché par les pompiers» raconte-il, ajoutant, «les payes ne dépassent pas mille euros net par mois, nous sommes tous précaires».

Thibault Prenez. (© Véronique Bury)
Thibault Prenez. (© Véronique Bury)
Faux culs
L’ex-employé est en colère et dénonce la «méthode Decaux» : «agressivité et mépris». Qu’en est-il du soutien des élus socialistes de la ville de Paris ? «Ce sont des faux culs. Avant les élections, ils nous ont reçu, tout comme la directrice du service de la voirie, aujourd’hui ils sont muets». Chez Decaux, tout est démenti, «nous sommes par contre étonnés que ce monsieur demande à réintégrer l’entreprise» explique-t-on au service de presse. Pour eux, «la mairie de Paris n’a aucune responsabilité dans l’affaire, nous sommes leur prestataire, c’est à nous de gérer». Aucune responsabilité, sauf quant il s’agit des élections municipales. «Des élus nous avaient reçu avant le scrutin, nous promettant des améliorations : Jacques Boutault, le maire du IIème arrondissement, la députée socialiste de Paris Annick Lepetit et le Vert Denis Baupin» précise Thibault Prenez, ajoutant, «depuis ils ont disparu». Cela fait six mois que le syndicaliste tracte à la sortie des bureaux Decaux et cherche à mobiliser l’opinion, la presse et les employés du groupe. «Chez Decaux, ils ne savent pas gérer une équipe, ils fonctionnent comme un Mac Donald's à la française et ne respectent pas leurs salariés».


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