A partir de 5,99 € abonnez-vous à Marianne Numérique
Valls: «Mélenchon n’avait pas à verser du sel sur les plaies»Gérald Andrieu - Marianne | Vendredi 4 Décembre 2009 à 11:16 | Lu 10724 fois
Le patron du Parti de gauche, ancien sénateur socialiste de l’Essonne, accuse Manuel Valls d’être «l’auteur de l’élimination de Dray». L’intéressé nie et renvoie la faute à la justice qui tarde à se prononcer et à la direction du parti qui aurait dû régler cette question, selon lui, «dès le mois de septembre», «depuis que l’on a le sentiment que l’affaire se dégonfle...»
Marianne : Jean-Luc Mélenchon, sur son blog, vous accuse d’être « l’auteur de l’élimination de Dray » ?
Manuel Valls : « J’ai hésité longtemps avant de lui répondre. En ce moment nous avons autre chose à faire qu’à polémiquer. Mais Mélenchon dit, écrit, des contrevérités. Il connaît parfaitement le fonctionnement du Parti socialiste. Il connaît les acteurs de la Fédération de l’Essonne. Je ne sais pas pourquoi il m’accuse, c’est à lui qu’il faudrait poser la question. Mais il a apparemment certains comptes à régler. Il entretient une relation passionnelle avec Julien Dray avec qui il a souvent bataillé. On se connaît aussi. On a eu des désaccords, mais l’on se respectait. J’attendais de lui un débat de bonne foi. » Il explique que vous êtes « aujourd’hui l’homme fort de l’Essonne », que « rien ne se fait sans [votre] avis » ? « La Fédération de l’Essonne, l’ensemble des sensibilités — qui font notre richesse et nos malheurs — qui la composent, il faut le savoir, soutiennent Julien Dray. Mais la motion L’Espoir à gauche est la seule à avoir proposé qu’il prenne la tête de liste. Pour moi, il devait la prendre et si la Justice avait finalement quelque chose à lui reprocher, il devait la céder. Les autres motions, pour des raisons départementales ou nationales, ont préféré la solution inverse qui consiste à dire : “Si la justice l’absout, il peut reprendre la tête de liste”. Julien Dray, lui, a été d’une grande sagesse. Il aurait pu présenter une liste alternative. Il ne l’a pas souhaité. Ça aurait été comme jeter son nom en pâture aux militants. » La solution finalement retenue souffre d’un problème de timing. La direction du parti, entre temps, via la Convention nationale de ratification des listes du PS qui se réunit le 12 décembre, aura entériné les candidatures ?
« François Lamy a pris l’engagement que Julien Dray retrouverait sa tête de liste dès qu’il y aurait des clarifications de la part de la justice, même au-delà du 12 décembre. Après, c’est certain, ça ne sera pas pareil si ces clarifications interviennent le 15 janvier ou le 15 février. À vrai dire, il n’y avait pas de bonnes solutions et Jean-Luc Mélenchon n’avait pas à venir verser du sel sur les plaies. Ces questions auraient dû être réglées par la justice. Ça fait tout de même un an que ça traîne, que Julien Dray est sous le coup d’une enquête préliminaire. Mais la direction, aussi, aurait dû prendre les devants. Nous l’avons alertée. Nous avons alerté Jean-Paul Huchon. Ils auraient dû régler ces questions avant que ne commence la campagne, dès le mois de septembre. Surtout depuis que l’on a le sentiment que l’affaire se dégonfle... »
Va, lis et reviens :
Voir les 69 commentaires
Dans la même rubrique :
|
|
||

Imprimer
Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Accueil
Envoyer
Partager

