Marianne2 2012

Valls: «Ma proposition sur la règle d'or permet aux socialistes de reprendre la main»

Mercredi 10 Août 2011 à 05:01 | Lu 14319 fois I -1 commentaire(s)

Propos recueillis par Gérald Andrieu - Marianne

Une nouvelle fois, Manuel Valls joue les électrons libres. Il est le seul, parmi les candidats à la primaire socialiste, à admettre l’idée d’une règle d’or tout en reconnaissant, paradoxalement, que derrière la proposition de Nicolas Sarkozy se cache un « piège assez grossier ». Sur Marianne2, le député-maire d’Evry tente de s’en expliquer.


(Capture écran : BFM TV)
(Capture écran : BFM TV)


 

Marianne : Comme vos camarades socialistes, vous dîtes identifier un « piège » derrière la proposition de Nicolas Sarkozy d’inscrire dans la Constitution la fameuse règle d’or ?

Manuel Valls : La position des socialistes, je la partage. Sarkozy a fait de très nombreux cadeaux fiscaux et proposer une règle d’or, comme il le fait, à six mois de la présidentielle n’est pas sérieux et apparaît comme une opération purement politique. C’est un piège finalement assez grossier : soit les socialistes votent pour et nous apparaissons à la remorque de Sarkozy, soit nous votons contre et nous apparaissons comme de dangereux irresponsables.

 

Pourquoi alors en appeler à un « compromis » avec la droite sur le sujet. Déjà, au moment de la réforme gouvernementale des retraites vous aviez appelé à un « pacte national » entre gouvernement et opposition, un pacte qui n’a jamais vu le jour et qui, au final, avait plutôt fragilisé votre propre parti…

Je ne saurais l’expliquer, mais j’ai le sentiment que les choses ont peut-être un peu changé et que l’on pourrait sortir de ce qui apparaît pour l’heure comme une opération purement politique. Après tout, si le Président de la République considère que la règle d’or n’est pas une opération simplement politique alors il doit prendre des initiatives pour qu’opposition et majorité trouvent un terrain d’entente et envoient un signal aux marchés. C’est aujourd’hui au Président, au Premier ministre, à la majorité de faire un premier pas. Le chef de l’Etat pourrait très bien recevoir les responsables politiques de ce pays. Harlem Désir pourrait conduire une délégation à l'Elysée.

Par ailleurs, il faut bien le dire, les socialistes manquent un peu de parole en ce moment. Ma proposition permet au moins aux socialistes de reprendre la main, de reprendre l’initiative et nous permettrait, aussi, d’arrêter de nous faire traiter par la droite d’irresponsables. Nous avons vis-à-vis des Français un devoir de vérité. C'est ma thèse : nous socialistes, nous devons aujourd'hui nous comporter comme nous le ferions si nous étions au pouvoir. Je n’en appelle pas à du sang et des larmes, mais une période comme celle que nous traversons devrait au moins nous pousser à être plus créatifs.








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