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Val à France Inter, premiers round d'observation

Régis Soubrouillard - Marianne | Vendredi 19 Juin 2009 à 07:01 | Lu 10531 fois

Son premier discours prononcé devant les salariés de France-Inter, Philippe Val doit faire face à un premier assaut du SNJ-FO qui étudie la possibilité pour les journalistes de faire jouer leur clause de conscience. Pendant ce temps, les premières rumeurs du mercato circulent.



Val à France Inter, premiers round d'observation
Pour la première fois ce midi, le nouveau directeur de France Inter, Philippe Val s’est exprimé devant les salariés de la station. Un laïus sur la longue histoire qui le lie à France-Inter : « il a parlé de sa première émission avec José Arthur, dit combien il était attaché à la liberté de ton de la station mais il avait l’air un peu tendu quand même… » confie un journaliste. Interrogé, Nicolas Demorand  parle d’une « écoute attentive. Un discours qui faisait le point sur sa propre histoire avec la station ».

Certaines personnes présentes ont jugé l’accueil un peu frais : « Il a bien tenté de faire une blague suite au papier de Libération où Mermet disait qu’entre eux, c’était un vrai bonheur : tous les jours un bouquet de fleurs, un croissant, un petit bisou dans le cou. Il a dit qu’une fois par semaine ça irait pour les fleurs, mais à part ça… ».

C’est qu'en interne, la procédure de désignation du patron a toujours du mal à passer : « Malgré toutes les dénégations, les récits farfelus que l’on peut lire ça et là, personne n’est dupe on sait que c’est Val qui a suggéré le nom de Hees à Carla Bruni et qu’ensuite tout s’est passé à l’Elysée ». Nicolas Demorand ne s’attarde pas sur la question : « c’est vrai que beaucoup de gens trouvent la procédure baroque mais ce n’est pas un sujet le matin. On continue à travailler ».

Le SNJ-FO travaille sur l'application de la clause de conscience

De leur coté, les syndicats grondent. Selon le SNJ,  « l'image de France Inter pourrait pâtir rapidement de l'arrivée de Philippe Val si l'éditorialiste ne s'efface pas derrière le manager et l'épisode du référendum sur la Constitution européenne se répéter, pour le plus grand malheur de la chaîne. Â»Â« Nous ne connaissons pas le projet de Philippe Val pour France Inter. Mais les premiers bruits sont préoccupants. Attention: France Inter est une équipe, les oukases y sont malvenus, Â» prévient le SNJ, sans plus de précisions.

La tonalité est autrement plus radicale du côté du syndicat SNJ-FO qui  a estimé, jeudi, que les journalistes de France Inter devaient pouvoir faire valoir leur « clause de conscience » après la nomination de Philippe Val, à la tête de la station. « Face à la nomination de Philippe Val, qui interpelle et crée une situation inédite, tout journaliste de France Inter doit pouvoir faire valoir la clause de conscience », a déclaré FO dans un communiqué, tout en récusant un quelconque « procès d'intention » à l'encontre de l'ancien directeur de la publication de Charlie Hebdo.

« Certains journalistes ne partagent pas les doctrines ou les opinions que Philippe Val a véhiculées dans son passé professionnel. La ligne éditoriale de France Inter ne peut que s'en trouver radicalement modifiée », explique le SNJ-FO qui travaille avec ses avocats sur cette nouvelle notion « entièrement nouvelle pour le service public ».

Les rumeurs du mercato

La démarche ne fait pas l’unanimité : « c’est complètement à côté de la plaque, cela n’a aucune chance d’aboutir ça provient de l’aile droite de F.O. qui n’a toujours pas compris que Val n’était plus depuis longtemps un homme de gauche » s’amuse un journaliste.

Le SNJ-FO a par ailleurs accusé le nouveau directeur, ami proche de Jean-Luc Hees, d'avoir « déjà pris des décisions, avant même sa nomination officielle, pour modifier des rendez-vous d'antenne ».
Pas d’annonces officielles mais beaucoup de rumeurs circulent : Nicolas Demorand continue, Thomas Legrand aussi mais pas de certitudes pour ce qui concerne Colombe Schneck et Yves Calvi. Le cas Guillon, notamment son heure de passage dans la matinale, ne serait pas complètement réglé non plus, ce qui étonne compte tenu de ce qu'il a donné rendez ous aux auditeurs le 31 août prochain lors de sa dernière chronique. Quant à Daniel Mermet, qui ne sait pas non plus s'il sera toujours à l'antenne à la rentrée, dans une lettre, il s'avoue, à la façon des «fatals flatteurs» d'Acrimed, ivre de bonheur et «trépigne d'impatience» rien qu'à l'idée de travailler avec un chef d'entreprise aussi avisé. Mais quelle que soit l'inimitié entre les deux hommes - qui a succèdé à une longue période de grande proximité - on n'imagine mal Val entamer quoique ce soit contre lui. 




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