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Vaclav Klaus, le président tchèque est noniste et le fait savoir !

Sylvain Lapoix | Lundi 8 Décembre 2008 à 07:00 | Lu 11078 fois

Le président tchèque Vaclav Klaus s'est écarté ce week-end du parti au pouvoir. Un geste qui présage mal de la tenue de la présidence du Conseil de l'Europe et de la ratification du traité de Lisbonne, contre lequel Klaus souhaiterait se liguer avec Declan Ganley, organisateur d'une forte campagne du «non» en Irlande.



Le président tchèque Vaclav Klaus. (photo : Bertelsmann Stiftung - flickr - cc)
Le président tchèque Vaclav Klaus. (photo : Bertelsmann Stiftung - flickr - cc)

On ne se débarrasse pas de Vaclav comme ça ! Alors que se tenait ce week-end le congrès national du parti libéral en République tchèque, l'ODS (Parti démocratique civique), le président de la République Vaclav Klaus a décidé de quitter la présidence d'honneur du parti qu'il avait fondé en 1993. En cause, la réélection du Premier ministre Mirek Topolanek, à la tête de la formation, avec lequel le chef de l'Etat est en guerre ouverte depuis plusieurs mois au sujet… de la ratification du traité de Lisbonne.


Manque de chance pour la coalition au pouvoir, une fois le texte européen passé (et probablement validé) par le Parlement, la paraphe présidentielle est obligatoire pour voir adopter le document. A quelques semaines du début de la présidence tchèque du Conseil de l'Europe, un retard serait très mal perçu par les autorités européennes.


Euroscepticime avoué contre pragmatisme politique

Au Parlement européen, les fédéralistes s'arrachent les cheveux en lisant la constitution du dernier pays à ne pas avoir ratifié le traité de Lisbonne : selon la loi tchèque, le président de la République se doit de suivre l'avis du Parlement sur les questions diplomatiques (actes, traités, conventions, etc.). Mais… il semblerait qu'aucune date ne lui soit imposé pour le faire. Autrement dit, Vaclav Klaus pourrait bien attendre un peu pour apposer sa signature après que le Parlement se sera prononcé mardi 9 décembre. Dans les institutions européennes, où on tablait sur une ratification finale avant le 31 décembre 2008 pour préparer le terrain pour les européennes , on ronge son frein.

Le contretemps augurerait mal du début de la présidence tchèque. A la tête du Conseil européen pendant six mois, Mirek Topolanek n'est lui-même pas un europhile convaincu, comme le montraient les propos échangés avec les eurodéputés en visite à Prague . Mais pour ce petit pays très dépendant des exportations, notamment dans la zone euro, subventions européennes et marché commun sont loin d'être un luxe.

Vaclav Klaus et l'ami irlandais...

De son côté, le président de la République ne compte pas en rester là. Vieille épée de la politique, entrée dans l'arène après la révolution de velours, il s'est récemment rapproché de l'homme d'affaire irlandais Declan Ganley . Enrichi par des contrats de télécommunications militaires avec les Etats-Unis et la Russie, cet entrepreneur a mené une vive campagne pour le « Non » au traité de Lisbonne lors du référendum irlandais du printemps 2008 , à travers Libertas, son think tank politique .


La République tchèque, tâche indécise sur la carte du traité de Lisbonne. Capture europa.eu/lisbon_treaty
La République tchèque, tâche indécise sur la carte du traité de Lisbonne. Capture europa.eu/lisbon_treaty

Le 11 novembre dernier, en visite officielle à Dublin, Vaclav Klaus était invité à dîner par le magnat irlandais qui lui exposait son dernier projet : transformer les élections européennes en référendum bis au traité de Lisbonne, en présentant dans toute l'Europe des « listes du non » frappées du sceau de Libertas. Une idée qui a fortement plu au président tchèque qui aurait confié à des souverainistes son intention d'adhérer à Libertas au travers un de ses fils.

Un caillou de plus dans la chaussure du premier ministre qui devra faire face durant sa présidence à des débats particulièrement houleux : l'installation des bases de missiles américaines en territoire tchèque, le paquet climat-énergie (sur lequel Prague s'est fait tancer pour son retard) dont l'adoption conditionne les résultats du sommet de Poznan sur le réchauffement climatique... Tout ça dans l'attente des élections européennes de juin 2009. De quoi réchauffer l'hiver à Prague !






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