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VGE-Lady Di, le vrai roman de la rentréePhilippe Cohen - Marianne | Dimanche 20 Septembre 2009 à 18:11 | Lu 34299 fois
Dans un roman à clefs à paraître à la fin du mois, l'ancien président de la République s'apprête à suggérer certains éléments de sa vie privée et notamment une relation très particulière avec Diana dans les années 1980.
Le secret était assez bien gardé. Le livre est bien sûr édité sous X, comme on dit dans le jargon des maisons d'édition, c'est-à -dire que le diffuseur, en l'occurrence Hachette, livre les libraires sans bons de commande, « à la fourchette » de palettes d'ouvrages rendues anonymes, tandis que la presse est tenue à l'écart du processus de promotion du livre, sauf un journal choisi qui publiera les bonnes feuilles.
Le scoop, le voilà : dans ses mémoires à paraître à la fin du mois, co-éditées par de Fallois et Fixot, l’Ex évoque sa love affaire avec Lady Di dans les années 1980. Bien sûr, le passage sur cette croustillante affaire peut toujours être supprimé au dernier moment. Mais Fallois et Fixot misent bien sur ces révélation pour établir leur tirage à 100 000 exemplaires, un tirage tout à fait exceptionnel. A l’origine, l’auteur ne souhaitait pas être publié par Fixot, maison dirigée par son gendre, ce que l’on peut comprendre compte tenu des révélations sur sa vie privée qu’il se préparait à publier. Mais ce dernier a fait le forcing, et le livre est donc coédité par les deux maisons, de Fallois et Fixot. Bernard de Fallois est l’éditeur du livre. Un vieux monsieur du métier qui revendique l'artisanat, s'affiche comme un farouche défenseur de son indépendance, et ami de Giscard. Bref, il n’est pas le genre à s’épancher devant un journaliste. La discrétion était donc assurée de son côté, même lorsque Marianne a tenté – gentiment – de le harceler. Tout a donc été conçu pour aménager l’effet de surprise, supposé être la clef d'un bon marketing éditorial. Mais l’édition d’un livre et la publication de bonnes feuilles dans la presse, implique de mettre au parfum un nombre tel de personnes qu’elle finit bien souvent par « fuiter ». Et même si Hachette refuse évidemment de confirmer ou d'infirmer cette info, plusieurs informations montrent que le coup se prépare même si on n'en connait pas encore toutes les modalités. La gestion du scoop doit poser un problème d'une toute autre nature, redoutable, à l’auteur. Certes, en publiant une telle information, il est sûr de damer le pion aux deux autres « papy flingueurs » Balladur et Chirac qui s'apprêtent eux aussi à publier des livres de mémoires (1). Mais si la communication autour du livre se résumait à une affaire de gaudriole, le prix à payer ne risque-t-il pas d’être trop coûteux ? Que retiendra la postérité de VGE ? L’homme qui a inventé la modernité ? Le libéralisateur de l'avortement ? L'inventeur du droit de vote à 18 ans ? Le premier président à prendre des femmes ministres au gouvernement ? Le résident noble de l'Elysée, qui petit-déjeune avec des éboueurs ? Telle était en tout cas, l'image qu'il a tentée de donner de lui-même durant des années. En parlant de Diana, Giscard se donnerait plutôt comme le grand inventeur de la pipolisation élyséenne. Un président-midinette qui doit recourir aux compétences d’un psychanalyste pour affronter l’histoire. Bref, si la promotion du livre tournait autour du cas Diana, elle éviterait à l'Ex de s'expliquer sur des épisodes autrement plus considérables pour l'Histoire, du fameux scandale des diamants - qui lui a probablement coûté sa réélection en 1981 - à sa rédaction du Traité constitutionnel européen dont l'Union européenne paiera le prix politique durant des années encore. (1) Le tome 1 des mémoires de Chirac doit paraître en novembre chez NiL, une fililale de Robert Laffont. Quant à Edouard Balladur, il publie jeudi ses « Conversations avec François Mitterrand » chez Fayard. Actualisation lundi 21 septembre 7h29 : Le Figaro de ce matin, qui a pu se procurer le livre, nous apprend comment Valéry Giscard d'Estaing a tenté de contourner la difficulté d'une exploitation littéraire trop ouverte de sa vie amoureuse : l'Ex l'a fictionnée, romancée. Apparemment bien informé, Etienne de Monthéty s'interroge dans le Figaro sur la nouvelle carrière de romancier de VGE : « Et si c'était vrai ? Cette formule empruntée à Marc Levy traverse le roman, lancinante, indiscrète, tant la relation de ce coup de foudre est précise. Le brio de l'auteur, son habileté dans les descriptions qu'il fait des lieux, des propos et des toilettes sont tels que le récit paraît toucher à la vérité. On y est. Jusqu'à ce qu'il choisisse de s'éloigner du vraisemblable pour plonger dans l'imaginaire .» Une remarque qui confirme - et complète - l'information délivrée par Marianne2 hier.
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