Une taxe bancaire pour redorer le blason franco-allemand?
Mardi 8 Juin 2010 à 14:01 | Lu 4460 fois I 5 commentaire(s)
Bernard Maris - France Inter
Avec France-Inter, la chronique de Bernard Maris, journaliste et écrivain. Pour relancer leur relation, la France et l'Allemagne devront trouver des règles communes pour réguler le système financier, éventuellement taxer les banques.
Après l’échec de l’euro 20, le couple franco-allemand va devoir trouver des solutions pour réformer le système financier. Car, il s'agit bien d'un échec dans la mesure où rien n’a été décidé à Busan en Corée du Sud, sinon de se revoir très bientôt le 26 juin à Toronto et d’arriver en tout état de cause à un accord fin 2010, ce qui veut dire qu’on n’attend pas grand-chose non plus du sommet de Toronto. D’autant que ce match se jouera chez les canadiens, qui sont globalement opposés à la régulation du système financier. Certes, les ministres réunis en Corée ont affirmé, avec force (avec force !) le besoin je cite « d’une grande transparence dans le secteur bancaire et d’un renforcement des bilans ». Et ces mêmes ministres ont aussi donné leur plein soutien aux travaux du comité de Bâle.
Ce qui est bien la moindre des choses.
Et ce même si le Comité de Bâle, (Bâle est le lieu où siège la banque des règlements internationaux, chargée d’élaborer ce qu’on appelle les « règles prudentielles » des banques) devrait accoucher de règles assez contraignantes, en matière de couverture des crédits notamment. Mais déjà toute la profession bancaire se mobilise pour que ces règles soient appliquées le plus tard possible. Et surtout la profession essaie d’éviter par-dessus tout une taxe bancaire…
Oui l’Allemagne et la France étaient d’accord sur ce point. Cette taxe servirait à alimenter un fonds de garantie du système bancaire, pour couvrir de futurs risques, intrinsèques, imprévisibles, ou « systémiques ». Les canadiens sont farouchement opposés à ce type de taxe, les américains aussi, les japonais aussi. Elle n’a donc pas grand avenir, à moins que les européens en décident autrement et seuls, pour eux-mêmes. Mais les français et les allemands sont opposés sur d’autres sujets. Sur la supervision européenne des budgets, voulue par les Allemands, peu souhaitée par les français. Sur l’interdiction des ventes à découvert à nu, voulue par les Allemands, et sur laquelle les français ont quelques réserves. Mais il est un fait qui devrait mettre d’accord tout le monde... pour ne pas taxer finalement les banques…
Pour éviter de taxer les banques, c'est le but. C’est que les banques européennes vont mal. Ou plutôt on ne sait pas trop si elles vont bien ou mal. Les françaises et les allemandes sont très engagées vis-à-vis de pays comme la Grèce ou l’Espagne, et les marchés s’inquiètent. Le titre de la Société Générale à dévissé par exemple. D’après la Banque centrale européenne, les établissements financiers de la zone euro devraient perdre au moins… 195 milliards d’euros d’ici 2011. Peut être plus.
Comment savoir ?
Il faudrait que les banques européennes subissent les « stress tests » qu’on subi les banques américaines, et qui ont permis de valider la nature de leur capital, bon ou mauvais. Tout du moins, il faut que les banques européennes se recapitalisent, trouvent de la « fraîche » ; mais venue d’où ? des Etats ? Ils sont ruinés. De la banque centrale européenne ? l’argent de la BCE c’est la planche à billets, c’est pas du vrai capital ça.
Et les banques françaises et allemandes auront beau de dire qu’il est déloyal de les taxer quand leurs concurrentes échappent à la taxe. Décidément, rien ne change.
Comment savoir ?
Il faudrait que les banques européennes subissent les « stress tests » qu’on subi les banques américaines, et qui ont permis de valider la nature de leur capital, bon ou mauvais. Tout du moins, il faut que les banques européennes se recapitalisent, trouvent de la « fraîche » ; mais venue d’où ? des Etats ? Ils sont ruinés. De la banque centrale européenne ? l’argent de la BCE c’est la planche à billets, c’est pas du vrai capital ça.
Et les banques françaises et allemandes auront beau de dire qu’il est déloyal de les taxer quand leurs concurrentes échappent à la taxe. Décidément, rien ne change.
Voir les 5 commentaires
La Une du moment
LES PLUS de Marianne
- Revue Web personnalisée
- Les Unes de Marianne2
- Le MAG en PDF 24h avant !
ou Se connecter
Abonnez-vous à la Newsletter de Marianne
Recevez tous les jours les meilleurs articles de Marianne2.fr
Recevez tous les jours les meilleurs articles de Marianne2.fr
Dans cette rubriqueSur Marianne vous aimez
Dans la même rubrique
|
“Le goût de la vérité n’empêche pas de prendre parti” A.Camus
|
|
© Marianne2, droits de reproduction réservés - Marianne - 32, rue René Boulanger - 75484 Paris cedex 10 - Tel : +33 (0)1 53 72 29 00 - Fax : +33 (0)1 53 72 29 72

Imprimer
Augmenter le texte
Diminuer le texte
Accueil
Envoyer
Partager

Facebook
Twitter
RSS
Newsletter