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Un G20 mort néBernard Maris | Jeudi 2 Avril 2009 à 07:00 | Lu 14816 fois
Avec France Inter, la chronique de Bernard Maris, journaliste et écrivain. Qui n'est pas très optimiste sur l'issue du Sommet de Londres, et nous explique pourquoi.Espérons que l’on se trompe, mais on a le sentiment que ce G20 est mort-né. De quoi s’agit-il ? d’éviter que se reproduise une catastrophe financière comme celle que l’on vient de vivre, et de redonner un peu de confiance aux producteurs et aux consommateurs, afin que les producteurs embauchent les consommateurs pour leur faire consommer ce qu’ils produisent : c’est la vie capitaliste. Pour cela il faut réformer le système financier international c’est-à-dire : 1) interdire à la bourse de définir au jour le jour la valeur des entreprises. Une entreprise est quelque chose de durable, parfois sur plusieurs générations, et n’a pas à voir sa valeur modifiée à tout moment selon l’humeur des spéculateurs. C’est un peu comme si vous disiez à un paysan : tiens, ta ferme ne vaut plus rien, tu vas te reconvertir demain dans l’informatique. Pour cela il faut réformer les normes comptables internationales fixées par les Américains, et les Américains ne veulent pas. 2) Réformer les agences de notation, qui fixent la valeur des entreprises, et faire en sorte qu’elles ne soient pas juges et parties, n’évaluent pas leurs client qui les payent. 3) En finir, avec les paradis fiscaux. Il n’y a pas que les mafias qui bénéficent des paradis fiscaux, mais aussi les grandes entreprises, notamment américaines, qui échappent légalement à l’impôt pour leurs exportations. Voilà pourquoi les responsables de grandes banques et de grandes entreprises ne veulent pas de cette réforme. 4) En finir avec les hedge funds. Les hedge funds sont des fonds spéculatifs qui travaillent sur emprunt, qui prennent des participations dans des entreprises qu’elles dégraissent ou délocalisent, et qui ont une manière très particulière de frauder l’impôt. Explication : lorsqu’un fond rachète une entreprise, il emprunte, crée une société mère déficitaire qui acquiert la société cible exédentaire. On fait un petit trafic comptable et on ne paye pas d’impôt. Et le tour est joué ! Non seulement on a acheté quelque chose pour rien, mais on a échappé à l’impôt. Les banques, acoquinées avec les hedge funds, les grandes fortunes privées ne veulent pas qu’on y touche. Reste la question du dollar... Faut-il en finir avec le dollar monnaie supérieure ? Si l’on dit oui, ça veut dire que le reste du monde cesse de financer le déficit américain, et ça, les Etats-Unis n’en veulent pas... Bref, le G20 est mort né. La phrase : « Le commerce est naturel, donc il est infâme » Charles Baudelaire. Dans « Mon cœur mis à nu »
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