UMP : centrisée, droitisée, copéisée et bientôt divisée ?
Vendredi 2 Septembre 2011 à 12:01 | Lu 12761 fois I 0 commentaire(s)
Journaliste politique à Marianne, chargée du suivi de la droite et du centre En savoir plus sur cet auteur
Trois jours pour lancer une année électorale cruciale pour Nicolas Sarkozy et pour l'UMP. Réunis à Marseille, les cadres du parti majoritaire vont tenter d'aplanir des différences qui sautent de plus en plus au visage des Français. L'UMP semble en permanence tiraillée entre son aile centriste et son aile dure, avec en chef de parti un Jean-François Copé pour qui 2017 semble un objectif bien plus important que 2012. Trois jours donc pour tenter de convaincre de l'unité d'un parti au bord de l'implosion.
La mosaïque UMP se craquelle, et ce n’est pas Jean-François Copé qui dira le contraire. Pour distraire les participants au campus UMP qui se déroule à Marseille du 2 au 4 septembre, le secrétaire général du parti majoritaire a eu l’excellente idée de prévoir une table ronde sur « les valeurs » du mouvement. Histoire, sans doute, d’ajouter un soupçon de clarté à la macédoine umpiste.
UMP centrisée..
Responsable de l'animation de la petite sauterie, Valérie Rosso-Debord, députée de Meurthe-et-Moselle et déléguée générale adjointe de l'UMP chargée du projet, risque d’avoir un peu de mal à gérer les intervenants. Pierre Méhaignerie, à qui Copé a confié la présidence des débats, compte bien faire entendre sa petite musique centriste. Et donner des gages à la frange démocrato-modérée du mouvement ainsi qu’aux anciens giscardiens, affolés aussi bien par la montée en puissance de la Droite populaire que par les accents néo-libéral d’un Jean-François Copé. Dominique Bussereau a, le premier, sonné l’olifant en accusant l’UMP, et le maire de Meaux en particulier, d’employer un langage « trop libéral et conflictuel » . Une fronde que Nicolas Sarkozy et le secrétaire général du parti espèrent étouffer dès ce week-end, notamment en confiant la présidence de cette plénière à Pierre Méhaignerie.
De son côté, le député d’Ille-et-Vilaine, soucieux de ne pas passer pour « l’otage » du patron de l’UMP, plaidera pour la « responsabilité et la solidarité des individus » avec, en tête, l’espoir à peine secret de séduire François Bayrou. Persuadé que le leader du Modem est plus proche de la majorité présidentielle que du Parti socialiste, Méhaignerie espère jouer les traits d’union entre ce dernier et Nicolas Sarkozy.
UMP droitisée...
Egalement convié à la table, « l’affreux jojo » co-fondateur de la Droite populaire, Lionnel Luca, estime déjà que « ce n’est pas suffisant ». « Je ne comprends pas qu’on utilise le terme de solidarité, s’énerve-t-il. On reste dans le matériel alors qu’on a une belle devise : fraternité. » Et le député des Alpes-Maritimes de poursuivre : « Je compte défendre le sentiment d’appartenance à la Nation. Aujourd’hui, on a l’impression que le sentiment d’appartenance ne passe que par les matchs de foot mais ça passe aussi par l’école, par la mise en place d’un nouveau service national, entre autres. » Convaincu malgré tout que « les clivages purement politiciens seront dépassés », Luca se dit « optimiste » sur l’issue des débats, « et puis ce sera intéressant de voir si on a autant de différences que ça ». Le député, pour qui les propos de Dominique Bussereau tiennent de la « perversion mentale », croit sans doute au miracle.
UMP copéisée...
Enfin, autre invité, Henri Guaino jouera sans doute les VRP du sarkozysme. Avec Copé dans les parages, l’Elysée préfère jouer la carte de la prudence et envoyer un émissaire fiable, capable de défendre bec et ongles le bilan du président. Car, Sarkozy le sait, en marge des démocrato-centristes et de la Droite populaire, une troisième droite émerge à l’UMP. Son nom ? Génération France. Son chef ? Jean-François Copé himself. Son positionnement peu « idéologique » finalement : gagner 2017, coûte que coûte. Même –surtout ?- si cela implique de prendre position contre le chef de l’Etat. « Copé sait que s’il veut l’emporter en 2017, la droite doit perdre en 2012 », analyse un ancien conseiller du président.
UMP divisée !
Décidément, ce grand parti un et indivisible créé par Jacques Chirac pour fédérer les différents courants de droite et de centre droit et, au passage, assurer sa réélection en 2002, ressemble davantage aujourd'hui à un cocktail explosif de sensibilités trop variées pour s’entendre. Mais qu’importe, Copé l’a promis, ce week-end, l’union triomphera sur la division ! La photo de fin de week-end risque d'être aussi ridicule qu celle de La Rochelle. Dès lundi en revanche…
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