Treiber: émule de Fantômas, donc coupable pour le Nouveau détective
Vendredi 25 Septembre 2009 à 17:52 | Lu 11123 fois I 25 commentaire(s)
Sylvain Lapoix - Marianne
Il s'évade avec panache, donne des ordres à la police... Le Nouveau détective a décrypté Jean-Pierre Treiber : c'est un élève de Fantômas ! Une blague aimable si le journal ne piétinait pas la présomption d'innocence en le traitant de «criminel dangereux».
«Treiber, sous le signe de Fantômas !» En une du magazine de faits divers Le Nouveau détective, le masque vert du «génie du crime» apparaît encravaté derrière le suspect dans l'affaire Girauld-Lherbier. «Comme le terrifiant personnage, Treiber se cache. Comme lui, il ose narguer la police et écrire à la presse !» L'auteur de l'article de deux pages l'assure comme une évidence : l'évadé de la Maison d'arrêt d'Auxerre est une «émule» de l'ennemi juré de l'inspecteur Juve !
Il s'échappe ? C'est Monte-Cristo ! Il écrit à la presse ? C'est Fantômas !
Malheureusement, pas de personnage truculant comme celui incarné par Louis de Funès pour s'opposer au suspect, dont les tribulations sont contées comme un roman. Quand il fuit, poursuivi dans la forêt d'Othe, au Nord d'Auxerre, il est «moderne Comte de Monte-Cristo», fin connaisseur de ces bois épais.
«Une dizaine de jours plus tard, rappelle avec gourmandise l'auteur de l'article, l'homme endosse un autre masque aussi légendaire de la littérature populaire, celui de Fantômas.» Car, contrairement à Monte-Cristo, qui «préparait en secret sa vengeance», Jean-Pierre Treiber prend l'opinion a témoin en écrivant à la presse.
«Une dizaine de jours plus tard, rappelle avec gourmandise l'auteur de l'article, l'homme endosse un autre masque aussi légendaire de la littérature populaire, celui de Fantômas.» Car, contrairement à Monte-Cristo, qui «préparait en secret sa vengeance», Jean-Pierre Treiber prend l'opinion a témoin en écrivant à la presse.
Il clame son innocence ? On le traite de «dangereux criminel !»
Le nouveau détective, n° 1410 du 23 septembre 2009. Page 8.
«Puis, comme Fantômas, l'évadé dicte à la police ce qu'elle doit faire», continue le journaliste en rappelant les demandes formulées par Treiber sur les «deux portraits robots», les photos... et la présomption d'innocence, que l'ancien garde forestier estime avoir vu bafouée à de nombreuses reprises.
Là, le journaliste se vexe : «Le Nouveau détective, comme d'autres journaux, l'a toujours présenté comme «l'assassin présumé» de Géraldine et Katia.» Le hic, c'est que trois colonnes plus haut, emporté par l'élan romanesque de Monte-Cristo, le même journaliste souffle un frisson dans le dos de ses lecteurs en annonçant que, au volant du camion qui transporte le carton où est caché Treiber, «le chauffeur est loin de se douter qu'il emporte vers la liberté un dangereux criminel.» Si ça c'est de la présomption d'innocence, Lee Harvey Oswald peut aller sabrer le champagne !
Pour démonter les arguments de Treiber, le journaliste invoque encore le criminel au masque vert : en appelant les pistes ignorées par la police, il suit les pas de Fantômas, en annonçant son apparition à son procès, il prend le contrôle de la situation... Seule différence notable : Jean-Pierre Treiber existe et, face à lui, la justice, seule, doit trancher. Suspecté des meurtres de Géraldine Girauld et Katia Lherbier, il répondra également de sa fuite face aux autorités compétentes. Pour le festival de Cannes, merci d'attendre l'adaptation au cinéma.
Là, le journaliste se vexe : «Le Nouveau détective, comme d'autres journaux, l'a toujours présenté comme «l'assassin présumé» de Géraldine et Katia.» Le hic, c'est que trois colonnes plus haut, emporté par l'élan romanesque de Monte-Cristo, le même journaliste souffle un frisson dans le dos de ses lecteurs en annonçant que, au volant du camion qui transporte le carton où est caché Treiber, «le chauffeur est loin de se douter qu'il emporte vers la liberté un dangereux criminel.» Si ça c'est de la présomption d'innocence, Lee Harvey Oswald peut aller sabrer le champagne !
Pour démonter les arguments de Treiber, le journaliste invoque encore le criminel au masque vert : en appelant les pistes ignorées par la police, il suit les pas de Fantômas, en annonçant son apparition à son procès, il prend le contrôle de la situation... Seule différence notable : Jean-Pierre Treiber existe et, face à lui, la justice, seule, doit trancher. Suspecté des meurtres de Géraldine Girauld et Katia Lherbier, il répondra également de sa fuite face aux autorités compétentes. Pour le festival de Cannes, merci d'attendre l'adaptation au cinéma.
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