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Travail jusqu’à 70 ans: la faute à Guy Roux !

Lundi 3 Novembre 2008 à 18:03 | Lu 20422 fois I 188 commentaire(s)

Gérald Andrieu
Gérald Andrieu
Gérald Andrieu
Journaliste politique à Marianne chargé du suivi des partis de gauche. En savoir plus sur cet auteur

Les députés ont voté une disposition qui permet aux salariés qui le souhaitent de travailler jusqu'à l'âge de 70 ans. Pourquoi ? À cause de l’entraîneur d’Auxerre qui, à 68 ans, avait voulu reprendre le chemin des stades... C'est Xavier Bertrand lui-même qui le dit. Et sans rire.


(capture écran)
(capture écran)
Si le gouvernement a décidé de repousser l'âge limite du travail à 70 ans, ce n’est pas qu’il veut profiter de la crise pour déréglementer davantage. Non, ce n’est pas le genre de la maison UMP. La véritable justification de cette nouvelle réforme, le ministre du Travail, Xavier Bertrand, l’a donnée ce matin au micro de Jean-Michel Aphatie sur RTL (2’05’’ sur la vidéo) : «Vous savez depuis combien de temps on en parle de ce dossier ? Depuis le départ du professeur Montagnier. Parce que le professeur Montagnier était trop âgé pour chercher et pour trouver en France, mais il ne l'était pas assez pour aller aux Etats-Unis et avoir des succès aux Etats-Unis. (…) L'an dernier, même chose, Guy Roux. Guy Roux trop âgé pour rester en activité, pour entraîner. Alors on s'était dit qu'il fallait faire bouger les choses...»

Manque de «grinta» !
Guy Roux, voilà un exemple bien senti. Petit rappel des faits. En juin 2007, l’entraîneur à l’indéboulonnable bonnet de laine annonce qu’il prend les rênes du RC Lens. Seul hic : il a 68 ans et la charte du football professionnel fixe l’âge limite pour exercer dans le milieu à 65 ans. Guy Roux fait alors appel, Nicolas Sarkozy monte au créneau et, finalement, la LFP accorde à l’historique entraîneur d’Auxerre une dérogation. Beaucoup d’agitation pour rien : un peu plus de deux mois après sa prise de fonction, Guy Roux finit par présenter sa démission. Pourquoi? L’homme ne passe pas auprès des joueurs. Ni auprès des employés du club. Ni auprès des équipementiers. Mais de l’aveu de Guy Roux lui-même, s’il a quitté le RC Lens, c’est surtout parce qu’il n’avait plus la «formidable grinta», l’énergie nécessaire, «qui (lui) a permis de remporter tant de matches.»

Xavier Bertrand, lui en tout cas, ne semble pas manquer de cette «formidable grinta» pour faire passer une nouvelle réforme à l’emporte-pièce. Une réforme qui ouvre la porte à toutes les dérives, le «volontariat» pouvant rapidement devenir la règle…







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