Transports en commun: à bas les bétaillères à banlieusards!
Lundi 15 Mars 2010 à 14:01 | Lu 7714 fois I 23 commentaire(s)
Bernard Maris - Economiste
Avec France Inter, la chronique de Bernard Maris. L'économiste revient sur un des principaux thèmes de la campagne des Régionales : les transports publics. Il prône une amélioration de la qualité de service pour que prendre le métro devienne plus agréable.
Après le premier tour des Régionales, il est temps de parler des temps de trajet entre le domicile et le travail. Notamment des trajets en Ile-de-France qui, tout de même, est la région la plus riche du pays.
Selon une enquête réalisée par l’Observatoire régional de la santé au travail de l’Ile de France, les Franciliens effectuent un peu plus de deux heures de trajet domicile-travail par jour, trajet stricto sensu, sans compter les minutes d’attente du bus ou du métro. Les Parisiens de Paris, « intra muros » comme on dit, en sont pour une heure et demi, ce qui me paraît beaucoup. Et les Franciliens de la grande couronne, eux, en sont pour deux heures et demi.
Selon une enquête réalisée par l’Observatoire régional de la santé au travail de l’Ile de France, les Franciliens effectuent un peu plus de deux heures de trajet domicile-travail par jour, trajet stricto sensu, sans compter les minutes d’attente du bus ou du métro. Les Parisiens de Paris, « intra muros » comme on dit, en sont pour une heure et demi, ce qui me paraît beaucoup. Et les Franciliens de la grande couronne, eux, en sont pour deux heures et demi.
20 ans de sa vie dans le métro ou devant la télé
Dont une bonne partie debout. 40% exactement, ce qui est fatigant. Outre la fatigue, c’est généralement l’entassement des voyageurs que les travailleurs déplorent le plus. Faisant un calcul grossier, on constate que ces braves Franciliens passent 6 ou sept ans de leur vie, de leur vie éveillée, dans le métro.
Sachant qu’ils regardent la télé de trois heures à trois heures demi par jour, ça leur fait quelques 20 ans de vie éveillée passée soit dans le métro, soit devant la télé. Heureusement qu’il y a le reste, c'est-à-dire le boulot. Mais il n’est pas sûr que le boulot lui-même soit toujours très épanouissant.
Encore faut-il que l’on ait un travail. Parce quand on n’a pas de travail, le trajet en métro peut paraître un vrai bonheur si au bout du trajet il y a un travail. Or l’économie française détruit massivement des emplois, comme jamais. En 2009 c’est 378 000 emplois qui ont été supprimés, en majorité dans l’industrie, mais aussi dans l’intérim et les services.
Et malheureusement la population active, la population désireuse de trouver un emploi, augmente. D’abord parce que la féminisation du marché du travail n’étant pas achevée, le nombre de femmes cherchant un emploi est en croissance, ensuite parce que le taux d’activité des seniors, entre 55-60 ans, augmente un petit peu. Mieux : le nombre de départs à la retraite a diminué en 2009 par rapport à 2008.
Sachant qu’ils regardent la télé de trois heures à trois heures demi par jour, ça leur fait quelques 20 ans de vie éveillée passée soit dans le métro, soit devant la télé. Heureusement qu’il y a le reste, c'est-à-dire le boulot. Mais il n’est pas sûr que le boulot lui-même soit toujours très épanouissant.
Encore faut-il que l’on ait un travail. Parce quand on n’a pas de travail, le trajet en métro peut paraître un vrai bonheur si au bout du trajet il y a un travail. Or l’économie française détruit massivement des emplois, comme jamais. En 2009 c’est 378 000 emplois qui ont été supprimés, en majorité dans l’industrie, mais aussi dans l’intérim et les services.
Et malheureusement la population active, la population désireuse de trouver un emploi, augmente. D’abord parce que la féminisation du marché du travail n’étant pas achevée, le nombre de femmes cherchant un emploi est en croissance, ensuite parce que le taux d’activité des seniors, entre 55-60 ans, augmente un petit peu. Mieux : le nombre de départs à la retraite a diminué en 2009 par rapport à 2008.
Dodo dans le métro
Alors que faire ? Oublions les vieilles recettes, qui peuvent être perverses parfois. Par exemple les dégrèvements fiscaux d’heures sup ; ils coûtent très cher à l’Etat, quelques 4 milliards d’euros, et ne favorisent pas l’emploi. N’oublions pas en revanche que quelques centaines de millions d’Indiens de Brésiliens et de Chinois pèseront sur la production et sur les salaires pendant les trente ou quarante ans qui viennent.
Et arrivons au fait : il faut que le temps de transport devienne un moment de formation, de repos et de plaisir. Imaginons, des gens bien assis, lisant Stendhal ou consultant Internet depuis leur place ; ou regardant un DVD, ou se formant à une langue étrangère, ou rêvant tout simplement.
Est-ce une utopie ? Pas du tout ! C’est ce qui se passe déjà sur certains trains ! Pourquoi être chouchouté quand on va à Marseille en deux heures, et traité comme du bétail quand on va à Paris depuis Cergy ? Mystère.
Retrouvez « L'autre économie », la chronique de Bernard Maris, sur France Inter du lundi au jeudi à 6h50
Et arrivons au fait : il faut que le temps de transport devienne un moment de formation, de repos et de plaisir. Imaginons, des gens bien assis, lisant Stendhal ou consultant Internet depuis leur place ; ou regardant un DVD, ou se formant à une langue étrangère, ou rêvant tout simplement.
Est-ce une utopie ? Pas du tout ! C’est ce qui se passe déjà sur certains trains ! Pourquoi être chouchouté quand on va à Marseille en deux heures, et traité comme du bétail quand on va à Paris depuis Cergy ? Mystère.
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