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Traité de Lisbonne : Hollande, Royal et Delanoë désavoués par leurs troupes

Mardi 15 Janvier 2008 à 13:08 | Lu 13304 fois I 0 commentaire(s)

Sylvain Lapoix (avec AB)

La proposition communiste pour soumettre à référendum le Traité de Lisbonne a été refusée à l'Assemblée par 176 voix contre 140. Cette courte majorité contre s'explique par la division du groupe socialiste sur le sujet.


Contre toute attente, la proposition communiste pour un référendum sur le traité de Lisbonne n’a été rejetée que d’une courte tête par l’Assemblée : 176 voix contre, 140 voix pour. 316 députés étaient présents pour ce vote, une fréquentation « considérable » selon les députés interrogés, et aucun des présents ne s’est abstenu. Au final, on est très loin du duel David contre Goliath que tous prévoyaient, une grande partie des socialistes présents ayant donné leur approbation à la proposition communiste. Pourtant, aussi bien Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialistes à la Chambre, que François Hollande, ont exprimé leur souhait de voir le PS s’abstenir lors du vote du Congrès, qui aura lieu le 4 février prochain, à Versailles, pour modifier la Constitution afin de faire adopter le nouveau traité européen sans référendum. Ségolène Royal et Bertrand Delanoë se sont, eux aussi, résignés à l’adoption parlementaire du Traité. Apparemment, cette ligne favorable au Traité n'a pas empêché les députés - et même Jean-Marc Ayrault lui-même - de voter avec les communistes ! Au nom d'une cohérence impossible à déchiffrer : ainsi les socialistes votent contre la modification de la Constitution - donc contre l'adoption du traité - quand ils n'ont aucune chance de peser. Mais sitôt que leur vote peut compter pour de bon, ils ne prennent pas pas au vote puisque c'est en effet la consigne de la direction du PS!

A l'aube d'un débat national ?
A l’issu de ce vote, Jean-Claude Sandrier, président du groupe Gauche démocratique et républicain (communistes, écologistes et radicaux) se veut donc optimiste : « Il y a un gros travail de pédagogie à faire mais la discussion n’est pas terminée d'ici au 4 février. » La conférence de presse du Comité national pour un référendum, qui réunissait notamment le sénateur socialiste Jean-Luc Mélenchon, Marie-George Buffet, Yves Salesse et Paul Quiles, se terminait tout juste lorsque les résultats du vote ont été annoncés, soulevant l’enthousiasme. Les parlementaires présents ont annoncé une série de grands débats dans les principales villes de France, qui culminera le 2 fevrier lors d’un rassemblement de toutes les organisations franciliennes à la Halle Carpentier, à Paris. A un journaliste qui lui demandait si les Français avaient encore de l’intérêt pour la question européenne, Paul Quilès, co-fondateur du collectif, a répliqué : « faites un effort, bougez-vous, parlez-en, et les Français s’y intéresseront. »






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