Traité de Lisbonne : Fabius sort de son sommeil
Mardi 8 Janvier 2008 à 00:24 | Lu 9834 fois I 0 commentaire(s)
Sylvain Lapoix
Tandis que le PS rechigne à se prononcer, autorisant toutes les postures individuelles, Laurent Fabius est enfin sorti de sa réserve pour soutenir vivement l'adoption par référendum du traité de Lisbonne.
Laurent Fabius au cours de l'émission Ripostes, sur France 5, le 6/01/2008.
Surprise : il reste quelques hommes en colère au Parti socialiste ! Invité à se prononcer sur la politique de Nicolas Sarkozy, Laurent Fabius a affirmé clairement qu'il voterait contre la modification de la Constitution nécessaire à l'adoption du traité de Lisbonne par voix parlementaire. Le processus retenu pour ratifier le « traité simplifié » est pour lui tout bonnement « anti-démocratique ». De son intervention dans l'émission Ripostes, dimanche 6 janvier sur France 5, la plupart des médias n'ont retenu que le retour de l'un des adversaires de Royal aux primaires socialistes de 2006, à cause d'une poignée de critiques sur les querelles internes du PS. Il est vrai qu'il serait trop bête de lancer le débat sur un dossier européen que Sarkozy présente comme voté d'avance...
Silence collectif et postures individuelles
« Vous allez demander un référendum ? », interroge l'animateur, Serge Moati. « Oui et c'est normal, s'exclame le député socialistes. C'est la position du PS. » Voilà qui est un peu cavalier. Car, en fait de position du parti, il n'y en a qu'une : « oui » au texte du traité de Lisbonne. Après des semaines d'un silence gêné, devenu gênant, François Hollande avait conclu au Bureau national du 6 novembre 2007 à cette position théorique. Sur la modalité d'adoption, il en est du traité de Lisbonne comme de presque tous les sujets clés du débat gauche-droite : chaque membre du PS a sa position !
Silence collectif et postures individuelles
« Vous allez demander un référendum ? », interroge l'animateur, Serge Moati. « Oui et c'est normal, s'exclame le député socialistes. C'est la position du PS. » Voilà qui est un peu cavalier. Car, en fait de position du parti, il n'y en a qu'une : « oui » au texte du traité de Lisbonne. Après des semaines d'un silence gêné, devenu gênant, François Hollande avait conclu au Bureau national du 6 novembre 2007 à cette position théorique. Sur la modalité d'adoption, il en est du traité de Lisbonne comme de presque tous les sujets clés du débat gauche-droite : chaque membre du PS a sa position !
Jean-Luc Mélenchon s'est jeté dans la croisade du Comité national pour un référendum, pendant que les proches de Dominique Strauss-Kahn semblent acquis à l'idée de voter pour et de suivre le processus institué par le Président. Bruno Le Roux, secrétaire national aux élections, s'est prononcé lundi matin, en marge du point presse hebdomadaire de la rue de Solférino, pour la politique de la « chaise vide » au Congrès de Versailles, le 4 février. François Hollande tiendrait également cette ligne. Seul inconvénient de cette manifestation physique de leur désapprobation : la majorité des 3/5 nécessaire à l'adoption de la modification constitutionnelle ne tient compte que des suffrages exprimés. Autrement dit : chaque absentéiste renforcera la majorité favorable à l'adoption par voix parlementaire. Ainsi l'UMP pourra-t-elle remercier le PS pour ce coup de pouce européiste.
Le PS continue néanmoins d'entretenir un suspense pesant, qui reflète surtout la crainte de toute prise de position ferme qui pourrait, estiment les stratèges socialistes, jouer contre lui aux municipales. « Le Bureau national se prononcera avant le 4 février sur la question », se contente-t-on de répondre au siège. Quoiqu'il en soit, Fabius a parlé, même s'il n'a pas rejoint le Comité national pour un référendum. Peut-être, comme nous l'assurait son collaborateur Guillaume Bachelay, n'a-t-il pas besoin de se raccrocher à un tel groupe pour être entendu.
Le PS continue néanmoins d'entretenir un suspense pesant, qui reflète surtout la crainte de toute prise de position ferme qui pourrait, estiment les stratèges socialistes, jouer contre lui aux municipales. « Le Bureau national se prononcera avant le 4 février sur la question », se contente-t-on de répondre au siège. Quoiqu'il en soit, Fabius a parlé, même s'il n'a pas rejoint le Comité national pour un référendum. Peut-être, comme nous l'assurait son collaborateur Guillaume Bachelay, n'a-t-il pas besoin de se raccrocher à un tel groupe pour être entendu.
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