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Top modèle + nudité + religion... la SPA américaine se prend pour Playboy

Mercredi 2 Décembre 2009 à 17:01 | Lu 14141 fois I 30 commentaire(s)

Sylvain Lapoix - Marianne

Contrairement à ce qu'on pourrait croire, le point commun entre l'association Peta et le magazine Playboy n'est pas la défense des petits lapins blancs mais l'utilisation immodérée de belles filles à poil pour faire vendre. Quitte à brouiller le message qu'elle entend délivrer.


Un top modèle nu, paré d'ailes d'ange et d'une auréole, serre contre ses seins un crucifix lui servant de cache sexe avec à ses pieds... une meute de chiens de compagnie ! Le message : «soyez un ange avec les animaux adopter toujours, n'achetez jamais !»

Habituée aux campagnes trash, l'association Peta (People for the Ethical Treatment of Animals, Militant pour un traitement éthique des animaux) crée une fois de plus la polémique aux Etats-Unis en ajoutant à son habituelle célébrité nue (le top modèle cccc succède ainsi, entre autres, aux actrices Eva Mendes et Alicia Silverstone) une référence religieuse. Les âmes prudes seront juste choquées, les militants, eux, pourraient bien saturer.

Une manipulation publicitaire au summum du Charity business !

Avec 2 millions de membres revendiqués, Peta est la plus grande organisation de défense des droits des animaux au monde. Depuis plusieurs années, sous l'impulsion de son vice-président Dan Matthews, elle organise (en plus de ses happening) des campagnes d'affiche «choc» mettant en scène des célébrités venues se payer un verni «écolo», généralement en se mettant nus avec des slogans du type «plutôt à poil qu'avec de la fourrure». Merci Peta ! On est bien loin de l'époque où Matthews prétendait que ses campagnes étaient «invariablement à destination des enfants et le [seraient] toujours».

Outre le fait que les préoccupations de Peta relèvent de considérations quelques peu secondaires par rapport aux enjeux écologiques globaux, son utilisation de l'arsenal de communication publicitaire donne lieu à une complète confusion des genres. Que le photographe Oliviero Toscani mette en scène pour Benetton la nudité, le racisme, la mort... c'est une manipulation publicitaire à laquelle nous sommes désormais habitués. Qu'une organisation qui milite pour le respect des animaux joue au même jeu, c'est sensiblement plus contestable !

En mettant Nicolas Sarkozy face à ses déclarations sur le Grenelle de l'environnement ou en imaginant les risques de la passivité écologique des gouvernements, Greenpeace appuie là où ça fait mal... mais dans son registre !

Au mieux, les pubs de Peta attirent les amateurs de jolies filles ou de scandales... Un slogan minimum, sans message politique, un vide proche de cette vision simpliste d'une écologie «gentillette» consistant à plus s'inquiéter des larmes des pauvres petits lapins nains trop mignons plutôt que des mesures politiques à prendre pour éviter que certains pays — et donc leurs habitants et leur faune — ne soient rayés de la carte par la montée des océans. Profitant du buzz, l'association fait sa pub, plongeant dans le «caritatif spectacle» total. C'est quand même plus sexy pour passer à la télé non ?


Tags : ecologie, peta, pub






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